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Gaza: cent morts dans un intense pilonnage israélien selon les secours
Cent Palestiniens ont été tués vendredi dans un intense bombardement israélien à Gaza, ont indiqué les secours, le chef des droits de l'homme de l'ONU mettant en garde contre un "nettoyage ethnique" dans le territoire dévasté par la guerre.
Au terme de sa tournée dans le Golfe, le président américain Donald Trump, un allié d'Israël, a déclaré: "nous nous intéressons à Gaza. Et nous allons faire en sorte que cela soit réglé. Beaucoup de gens sont affamés."
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l'attaque sans précédent contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre, a ensuite appelé les Etats-Unis à faire pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu pour laisser entrer l'aide humanitaire à Gaza, bloquée depuis le 2 mars.
Taher al-Nounou, haut responsable du mouvement islamiste, a déclaré que le groupe "attendait et espérait que l'administration américaine exerce une pression supplémentaire" sur Israël "pour qu'il ouvre les points de passage et permette l'entrée immédiate de l'aide humanitaire".
Sur le terrain, l'agence de défense civile de Gaza a déclaré que les frappes israéliennes avaient tué au moins 100 personnes vendredi.
Oum Mohammed al-Tatari, 57 ans, a déclaré à l'AFP qu'elle avait été réveillée par une attaque avant l'aube. "Nous dormions quand soudain tout a explosé autour de nous", a-t-elle raconté. "Tout le monde s'est mis à courir. Nous avons vu la destruction de nos propres yeux. Il y avait du sang partout, des morceaux de corps et des cadavres".
Dans un hôpital de Beit Lahia (nord), des images de l'AFP montrent des habitants, dont des enfants ayant perdu leur mère, se lamenter sur le corps de leurs proches, et des blessés soignés à même le sol au milieu des cris et des pleurs.
- "Faim, soif, peur" -
A Beit Lahia, Saïd Hamouda affirme que les bombardements "ont ciblé des habitations où des civils dormaient. Les enfants hurlaient, les portes ont été soufflées. Une scène indescriptible, comme si c’était la fin du monde".
"Ceux qui ne meurent pas dans les bombardements mourront de faim", se lamente Khalil al-Tatar, un autre habitant.
L'armée israélienne a affirmé poursuivre ses opérations à Gaza, sans plus de détails.
Pour le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk, "cette dernière vague de bombes obligeant les gens à se déplacer sous la menace d'attaques encore plus intenses, la destruction méthodique de quartiers entiers et le refus de l'aide humanitaire soulignent qu'il semble y avoir une poussée pour un changement démographique permanent à Gaza qui (...) équivaut à un nettoyage ethnique".
M. Netanyahu, pour qui seule une pression militaire accrue poussera le Hamas à libérer les otages, a annoncé lundi une intensification de l'offensive à Gaza pour "vaincre" le Hamas, qui a pris le pouvoir dans le territoire palestinien en 2007.
- "Catastrophe humanitaire" -
Israël affirme qu'il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza et accuse le Hamas de voler les aides internationales.
Sept pays européens, dont cinq ont reconnu un état palestinien - l'Irlande, l'Islande, la Slovénie, l'Espagne et la Norvège - ont publié une déclaration commune condamnant ce qu'ils appellent "la catastrophe humanitaire provoquée par l'homme" et appelant Israël à mettre fin aux opérations militaires et à lever le blocus.
Le Hamas a déclaré "apprécier hautement la position humanitaire et courageuse" adoptée par ces sept pays.
La Fondation humanitaire de Gaza, une ONG soutenue par les Etats-Unis, a déclaré qu'elle commencerait à distribuer de l'aide humanitaire à Gaza ce mois-ci, après s'être entretenue avec des responsables israéliens.
Toutefois, les Nations unies ont exclu jeudi toute participation à cette initiative, invoquant des problèmes d'"impartialité, de neutralité (et) d'indépendance".
Après une trêve de deux mois, l'armée israélienne a repris son offensive le 18 mars à Gaza et s'est emparée de larges pans du territoire. Le gouvernement Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la "conquête" de Gaza, qu'Israël avait occupée de 1967 à 2005.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée.
Les représailles israéliennes ont fait au moins 53.119 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les dernières données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
N.Schaad--VB