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L'administration Trump promet un contrôle aérien "de pointe" d'ici fin 2028
L'administration Trump a présenté jeudi la cure de jouvence inédite que le système de contrôle aérien des Etats-Unis, dont certains équipements datent des années 1960, va suivre pendant les trois prochaines années pour assurer "la sécurité et l'efficacité" de l'espace aérien américain.
"C'est une modernisation complète qui va bientôt se dérouler", a annoncé le président Donald Trump, s'adressant par téléphone portable sur haut-parleur à l'auditoire assistant à la présentation à Washington de ce plan par le ministre des Transports Sean Duffy.
Outre la "reconstruction de certaines tours de contrôle", le projet - dont aucun détail financier n'a été précisé - prévoit que "tout ce qui contrôle l'espace aérien sera flambant neuf", a assuré M. Duffy, promettant un système "de pointe".
Il a notamment mentionné le déploiement de la fibre optique pour les télécommunications en remplacement de câbles en cuivre ainsi que des nouveaux radars et capteurs dans les tours et sur les tarmacs.
"Nous allons faire tout cela en trois ou quatre ans (...) et, pour se faire, nous allons avoir besoin du Congrès", qui tient les cordons de la bourse, "car nous allons avoir besoin de l'argent immédiatement", a poursuivi le ministre, accompagné sur scène par des dirigeants des régulateurs aériens, de compagnies aériennes ou encore de parlementaires.
Cette refonte du système de contrôle aérien (ATC) devrait coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars, selon les estimations de spécialistes, alors que la Maison Blanche fait des coupes budgétaires drastiques pour réduire les dépenses fédérales.
Les problèmes du trafic aérien aux Etats-Unis ne sont pas nouveaux tant au niveau de l'infrastructure - qui fonctionne parfois encore avec des disquettes des années 1980 - que du manque de main-d'oeuvre, amplifié par la pandémie de Covid-19.
Le régulateur de l'aviation FAA mène depuis plusieurs années des actions pour accélérer le recrutement de contrôleurs aériens.
En septembre 2023, l'organisation du trafic aérien et le syndicat national des contrôleurs aériens (NATCA) évaluaient la pénurie à plus de 3.000 postes.
- Collision mortelle -
"Cela fait au moins dix ans qu'il manque 3.000 contrôleurs aériens", a relevé M. Duffy, attribuant en particulier aux équipements obsolètes le manque de vocations chez les jeunes générations.
Face à ce déficit, le régulateur a demandé à l'été 2023 aux compagnies aériennes de réduire de 20% le nombre de vols aux trois aéroports de New York (JFK, LaGuardia et Newark) et à celui de Ronald-Reagan, qui dessert la capitale Washington. Cette requête a été reconduite au moins jusqu'en octobre 2025.
Une collision le 29 janvier entre un avion de ligne en approche finale à l'aéroport Ronald-Reagan et un hélicoptère militaire Sikorsky Black Hawk, qui a fait 67 morts au total, a propulsé le sujet sur le devant de la scène.
"Les problèmes du contrôle aérien sont la faute de l'incompétente administration Biden, sous la direction, dans le cas présent, du complet novice et arnaque politique Pete B. Je vais les résoudre", a publié Donald Trump jeudi matin sur Truth Social, faisant référence à l'ex-ministre des Transports Pete Buttigieg.
Les critiques envers l'ancienne administration démocrate ont été ravivées après un incident le 28 avril à l'aéroport de Newark Liberty International, l'un des plus fréquentés des Etats-Unis: le système de contrôle aérien a été coupé pendant 90 secondes.
D'après des médias américains, les contrôleurs aériens — stationnés à l'aéroport de Philadelphie et gérant les vols en approche à Newark, situé 160 km au nord-est — n'ont pu communiquer avec les avions du fait d'une interruption de la détection radar et des communications radio.
Aucun détail n'a été fourni par les autorités, la FAA faisant simplement référence mercredi à des "problèmes d'effectifs et technologiques" au centre de contrôle TRACON de Philadelphie.
"La FAA prend des mesures immédiates pour améliorer la fiabilité des opérations" à Newark, notamment "l'accélération des améliorations technologiques et logistiques et l'accroissement du personnel de contrôle aérien", a-t-elle indiqué.
Le régulateur est actuellement dirigé par un administrateur par intérim, Chris Rocheleau, après la démission de Mike Whitaker le jour de l'investiture de Donald Trump.
Bryan Bedford, patron de la compagnie aérienne régionale Republic Airways, a été désigné le 17 mars par Donald Trump pour diriger la FAA, mais la date de son audition de confirmation par le Sénat n'est toujours pas fixée.
T.Suter--VB