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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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L'archevêque de Rabat ne veut pas d'un pape "imitateur de François"
Le cardinal espagnol Cristobal Lopez Romero, archevêque de Rabat, confie être "curieux" et "inquiet" à l'approche de son premier conclave, mais plaide pour que le prochain pape ne soit pas un "imitateur de François".
Né en Andalousie, Mgr Lopez, bientôt 73 ans, a également obtenu la nationalité paraguayenne. Depuis 2017, il est archevêque de la capitale marocaine, où il assure avoir vécu "une conversion" dans la façon d'assumer son ministère.
"Je confesse à peine une personne tous les six mois", dans un pays où l'islam est la religion majoritaire, explique-t-il en souriant à l'AFP, en marge des réunions préparatoires du conclave à Rome.
"Cela m'a aidé à découvrir que je n'étais pas là pour servir l'Eglise, mais qu'en étant l'Eglise, je devais me mettre au service du monde, dans ce cas du monde musulman", observe-t-il.
Il est l'un des 133 cardinaux électeurs qui participeront, à partir du 7 mai, au conclave qui élira le successeur de François. C'est d'ailleurs le jésuite argentin qui l'avait créé cardinal, en 2019.
Il n'a pas encore décidé pour qui il allait voter. Mais le prochain pape "ne doit pas nécessairement être un François bis, un imitateur de François", assure ce fin connaisseur du Vatican et des cardinaux.
Il doit être "un bon imitateur du Christ, un bon chrétien, une bonne personne et attentif à ce qui se passe dans le monde", assure le cardinal, qui figure lui-même sur certaines listes de "papabili" (favoris) dressées par la presse.
- "Joie et curiosité" -
Ces derniers jours, il participe avec les autres cardinaux aux congrégations générales (réunions préparatoires) à huis clos pour échanger sur le profil du futur pape et sur les défis auxquels l'Eglise est confrontée.
Mardi, une vingtaine d'entre eux ont pris la parole. "Nous écoutons des personnes que nous n'avions peut-être jamais entendu parler auparavant (...) et cela nous oriente", explique Mgr Lopez.
"Quand une personne parle, elle se dévoile; disons qu'elle se montre, elle ne peut pas dissimuler", estime le cardinal, qui a obtenu la nationalité paraguayenne après avoir vécu près de 20 ans dans ce pays.
A l'approche du conclave, il affirme ne pas être nerveux mais "curieux".
"Un peu inquiet parce que je connais la responsabilité que cela implique, mais serein parce que je crois à l'Esprit Saint", reconnaît-il. "Je l'aborde avec une certaine joie et une certaine curiosité de voir comment les choses vont se passer."
Comme d'autres cardinaux, il estime que le conclave "pourrait durer deux ou trois jours", mais "pas plus". "Cela fait déjà plusieurs jours que je suis loin du Maroc, et j'ai envie et besoin de rentrer", confesse-t-il.
Les deux derniers conclaves, qui avaient élu Benoît XVI en 2005 et François en 2013, avaient duré deux jours.
- "Tout est possible" -
Le cardinal, qui a également oeuvré en Bolivie, soutient la vision d'une Eglise missionnaire, une ligne promue par François pendant ses 12 ans de pontificat, au cours duquel il a aussi créé des cardinaux dans des régions historiquement marginalisées par l'Église catholique.
"Grâce au pape François, il est devenu beaucoup plus clair que l'Église est universelle, catholique, qu'il n'y a pas de frontières géographiques qui nous limitent", souligne-t-il.
"Après 50 ans d'un pape polonais, d'un pape allemand et d'un pape argentin, pourquoi ne pas envisager un pape venant de Birmanie, du Timor ou d'Australie, ou d'Amérique du Nord, ou d'Afrique. Tout est possible", indique-t-il.
Lui-même pourrait être élu, même s'il ne le souhaite pas : "C'est comme si on me disait que Messi allait prendre sa retraite et que je suis son remplaçant".
P.Keller--VB