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Attaque meurtrière de missiles russes sur Kiev, Trump s'en prend à Zelensky
Des missiles russes ont frappé la capitale ukrainienne faisant au moins deux morts et 54 blessés dans la nuit de mercredi à jeudi, au moment où Donald Trump accuse Volodymyr Zelensky de saboter un potentiel accord avec la Russie en refusant de reconnaître l'annexion de la Crimée par Moscou.
Le bilan de ces frappes n'a cessé de s'alourdir pendant la nuit.
Dans son dernier message sur Telegram, Vitali Klitschko, le maire de Kiev, a fait état de "deux personnes tuées dans la capitale" et de 54 autres blessées, dont six enfants.
A Kiev, une journaliste de l'AFP a vu une dizaine d'habitants réfugiés dans un abri en sous-sol d'un immeuble résidentiel dès que l'alerte anti-aérienne a retenti.
La dernière attaque de missiles contre la capitale ukrainienne remontait à début avril.
Dans la ville de Kharkiv, son maire Igor Terekhov a, lui aussi, annoncé des "frappes répétées de missiles" sur sa cité, sans faire état de victimes dans l'immédiat. Il a averti sur Telegram que "l'attaque massive de drones" se poursuivait à Kharkiv.
- "Désir de tuer" -
La présidence ukrainienne a accusé sur Telegram le président russe d'avoir "uniquement le désir de tuer".
Ces attaques de missiles et drones russes sur l'Ukraine surviennent après que Donald Trump s'en est pris violemment à Volodymyr Zelensky mercredi, en l'accusant de tenir des propos "incendiaires" sur la Crimée annexée, alors qu'un accord avec la Russie serait "très proche", selon lui.
Mais la discussion est en revanche "plus difficile" avec le chef de l'Etat ukrainien, a dit celui qui s'est rapproché du président russe.
Le refus de Kiev d'accepter les termes américains pour mettre fin à la guerre déclenchée par la Russie en février 2022 "ne fera que prolonger les tueries", a averti le milliardaire républicain.
Au cœur de ce regain de tension: la question de la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014.
Le territoire est, selon Donald Trump, "perdu" pour l'Ukraine, a-t-il écrit dans un long message sur son réseau Truth Social, dont le ton menaçant rappelle sa très difficile entrevue avec le président ukrainien fin février, dans le Bureau ovale.
"Il peut avoir la paix ou il peut se battre encore trois ans avant de perdre tout le pays", a déclaré le président américain à propos de son homologue ukrainien.
Le républicain reproche à Volodymyr Zelensky d'avoir déclaré mardi, au sujet de la Crimée: "Il n'y a rien à discuter. (...) C'est notre territoire". Selon Donald Trump, qui n'a jamais reconnu la responsabilité russe dans le déclenchement du conflit, ces propos "incendiaires" ont pour effet de "prolonger les tueries".
"Le président est très mécontent. Sa patience atteint ses limites", a ensuite insisté sa porte-parole Karoline Leavitt, laissant entendre à nouveau que les Etats-Unis, premier soutien militaire de Kiev jusqu'au retour de Donald Trump au pouvoir, étaient tentés d'abandonner l'Ukraine à son sort.
Alors qu'il a prévu de se rendre en mai en Arabie Saoudite, Donald Trump a jugé "possible" d'y rencontrer son homologue russe, comme il l'avait déjà évoqué en février, bien que cette perspective soit "peu probable".
Plus tôt mercredi, son vice-président JD Vance avait suggéré de "geler les lignes territoriales à un niveau proche de ce qu'elles sont aujourd'hui", et de procéder à des "échanges territoriaux" entre l'Ukraine et la Russie.
- "Intégrité territoriale" -
"Les Etats-Unis poursuivent leurs efforts de médiation, et nous nous (en) félicitons", a réagi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
Volodymyr Zelensky réclame lui un cessez-le-feu "immédiat, complet et inconditionnel" en amont de négociations de paix.
Alors que des discussions viennent de s'achever à Londres entre responsables américains, ukrainiens et européens, le Royaume-Uni a redit qu'il appartenait "à l'Ukraine de décider de son avenir".
La présidence française a elle affirmé que l'"intégrité territoriale" de l'Ukraine était une "exigence très forte" des Européens.
A Londres, les discussions se sont tenues au niveau de conseillers, et non des ministres des Affaires étrangères, comme c'était initialement prévu.
L'émissaire spécial Steve Witkoff, considéré comme le négociateur de confiance de Donald Trump, doit lui faire pour la quatrième fois le voyage jusqu'à Moscou cette semaine.
Selon le Financial Times, Vladimir Poutine avait proposé début avril à cet ancien homme d'affaires d'arrêter son invasion et de geler la ligne de front actuelle si les Etats-Unis accédaient à ses revendications majeures, comme la reconnaissance de la souveraineté de la Russie sur la Crimée et la non-adhésion de l'Ukraine à l'Otan.
"De nombreuses fausses informations sont publiées en ce moment", a réagi le Kremlin.
burs-rr/nr
T.Egger--VB