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Trump, à bout de "patience", accuse Zelensky de saboter un potentiel accord avec la Russie
Donald Trump s'en est pris violemment au président ukrainien Volodymyr Zelensky mercredi, en l'accusant de tenir des propos "incendiaires" sur la Crimée annexée au moment où un accord avec la Russie serait "très proche", selon lui.
"Le président est très mécontent. Sa patience atteint ses limites", a ensuite insisté sa porte-parole Karoline Leavitt, laissant entendre à nouveau que les Etats-Unis, premier soutien militaire de Kiev jusqu'au retour de Donald Trump au pouvoir, étaient tentés d'abandonner l'Ukraine à son sort.
Le président américain "veut la paix. (...) Mais il faut que les deux belligérants soient volontaires. Malheureusement le président Zelensky semble prendre la mauvaise direction", a-t-elle ajouté, en reprochant aussi au chef d'Etat ukrainien de "négocier par médias interposés", ce qui est "inacceptable".
Au coeur de ce regain de tension entre Washington et Kiev, la question de la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014.
Le territoire est, selon Donald Trump, "perdu" pour l'Ukraine, a-t-il écrit dans un long message sur son réseau Truth Social, dont le ton menaçant rappelle sa très difficile entrevue avec le président ukrainien fin février, dans le Bureau ovale.
- "Perdre tout le pays" -
"Il peut avoir la paix ou il peut se battre encore trois ans avant de perdre tout le pays", a déclaré le président américain à propos de son homologue ukrainien. "Nous sommes très proches d'un accord mais cet homme qui n'a pas les cartes en main doit maintenant conclure".
Le républicain reproche en particulier à Volodymyr Zelensky d'avoir déclaré mardi, à propos de la Crimée: "Il n'y a rien à discuter. (...) C'est notre territoire". Selon Donald Trump, qui n'a jamais reconnu la responsabilité russe dans le déclenchement du conflit, ces propos "incendiaires" ont pour effet de "prolonger les tueries."
C'est donc bien sur l'Ukraine que Washington a décidé d'imposer le maximum de pression alors que des discussions viennent de s'achever à Londres entre responsables américains, ukrainiens et européens.
S'il a montré récemment quelques signes de légère impatience face au président russe Vladimir Poutine, Donald Trump ne l'a jamais critiqué avec la même virulence que le président ukrainien.
- "Intégrité territoriale" -
"Les Etats-Unis poursuivent leurs efforts de médiation, et nous nous (en) félicitons", a réagi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
Volodymyr Zelensky réclame lui un cessez-le-feu "immédiat, complet et inconditionnel" en amont de négociations de paix.
Londres a redit qu'il appartenait "à l'Ukraine de décider de son avenir". La présidence française a elle affirmé que l'"intégrité territoriale" de l'Ukraine était une "exigence très forte" des Européens.
Sur le terrain, les attaques aériennes russes ont repris en Ukraine à la suite d'une brève trêve de Pâques. Neuf personnes ont été tuées et 32 blessées dans une attaque de drone russe contre un bus à Marganets, dans le sud-est de l'Ukraine.
A Londres, les discussions se sont tenues au niveau de conseillers, et non des ministres des Affaires étrangères, comme c'était initialement prévu.
Selon le Financial Times, Vladimir Poutine avait proposé début avril à cet ancien homme d'affaires d'arrêter son invasion et de geler la ligne de front actuelle si les Etats-Unis accédaient à ses revendications majeures, comme la reconnaissance de la souveraineté de la Russie sur la Crimée et la non-adhésion de l'Ukraine à l'Otan.
"De nombreuses fausses informations sont publiées en ce moment", a réagi le Kremlin.
Par ailleurs, Pékin a dénoncé mercredi des "accusations sans fondement" après que l'Ukraine a affirmé que des soldats chinois combattaient au sein de l'armée russe et que des entreprises chinoises aidaient Moscou à fabriquer du matériel militaire.
burs-aue/ev
H.Kuenzler--VB