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Conflit en Ukraine: Washington met la pression sur Kiev et Moscou
Le vice-président américain JD Vance a sommé mercredi Moscou et Kiev de parvenir à un accord pour trouver une issue au conflit en Ukraine, au moment où des discussions se tiennent à Londres dans un format réduit par rapport à ce qui était initialement prévu.
Les attaques aériennes russes ont repris à la suite d'une brève trêve de Pâques.
Neuf personnes ont été tuées et 32 blessées dans une attaque de drone russe contre un bus à Marganets, dans le sud-est de l'Ukraine, a annoncé mercredi le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk. Dans la nuit, des incendies se sont déclarés dans plusieurs régions ukrainiennes à la suite d'attaques russes.
En visite en Inde, JD Vance a averti mercredi que la Russie et l'Ukraine devaient s'entendre sur un accord. Sinon les Etats-Unis "se retireront", a-t-il prévenu.
La Russie et l'Ukraine vont devoir faire des "échanges territoriaux" pour parvenir à un accord, a affirmé JD Vance. Il a évoqué la possibilité de "geler les lignes territoriales à un niveau proche de ce qu'elles sont aujourd'hui".
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé qu'il ne s'agissait cependant pas d'un ultimatum. "Les Etats-Unis poursuivent leurs efforts de médiation, et nous nous (en) félicitons", a-t-il déclaré.
- "Pas facile" -
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait déjà la semaine dernière brandi la menace de la sortie de Washington des pourparlers si les Etats-Unis venaient à établir que la paix n'était "pas possible" entre les belligérants.
Les déclarations de JD Vance interviennent alors que des discussions ont lieu à Londres entre Américains, Ukrainiens et Européens.
Elles devaient s'inscrire dans la foulée de celles qui se sont tenues à Paris la semaine dernière mais le Foreign Office a annoncé mercredi matin que les pourparlers au niveau des ministres des Affaires étrangères étaient "reportés".
"Les discussions au niveau officiel se poursuivent mais sont fermées aux médias", a-t-il ajouté.
Le déplacement de Marco Rubio n'avait jamais été officiellement annoncé, mais celui-ci ayant dit la semaine dernière à Paris qu'il irait à Londres s'il le jugeait utile, son absence laisse penser qu'il y a renoncé faute de progrès.
Côté américain, l'émissaire spécial pour l'Ukraine, le général Keith Kellogg, est présent. La France est représentée par Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique du président Emmanuel Macron.
Côté ukrainien, le chef de l'administration présidentielle Andriï Iermak, le chef de la diplomatie Andriï Sybiga et le ministre de la Défense Roustem Oumerov sont à Londres.
Une délégation ukrainienne doit rencontrer Keith Kellogg, a indiqué une source au sein de la présidence à Kiev.
Andriï Sybiga a indiqué sur X que lui et Roustem Oumerov s'entretiendraient avec leurs homologues britanniques David Lammy et John Healey.
"La voie vers la paix n'est pas facile mais l'Ukraine a été et reste engagée dans les efforts de paix", a déclaré Andriï Iermak.
- "Irréaliste" -
Mardi, le Kremlin a mis en garde contre toute précipitation dans les discussions visant à obtenir un cessez-le-feu après plus de trois ans d'invasion russe.
Le président américain Donald Trump, qui veut mettre un terme au plus vite à cette guerre "terrible et insensée", avait dit dimanche espérer un accord "dans la semaine" entre Moscou et Kiev, sans dévoiler les contours d'un éventuel accord.
Entretemps, l'émissaire américain Steve Witkoff prévoit un voyage cette semaine à Moscou, ont indiqué la Maison Blanche et le Kremlin, sans préciser la date.
Selon le Financial Times, le président russe Vladimir Poutine a proposé à M. Witkoff début avril d'arrêter son invasion et de geler la ligne de front actuelle si les Etats-Unis accèdent à ses revendications majeures, comme la reconnaissance de la souveraineté de la Russie sur la péninsule de Crimée, annexée en 2014, et la non-adhésion de l'Ukraine à l'Otan.
"De nombreuses fausses informations sont publiées en ce moment", a réagi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse Ria Novosti.
Kiev et ses alliés européens réclament pour leur part un retour complet de l'Ukraine dans ses frontières d'avant 2014, une position que le ministre américain de la Défense Pete Hegseth avait qualifiée en février d'"irréaliste".
Par ailleurs, Pékin a dénoncé mercredi des "accusations sans fondement" après que l'Ukraine eut affirmé que des soldats chinois combattaient au sein de l'armée russe et que des entreprises chinoises aidaient Moscou à fabriquer du matériel militaire.
"La Chine s'oppose avec force à des accusations sans fondement et à de la manipulation politique", a tonné le porte-parole de la diplomatie chinoise Guo Jiakun.
L.Wyss--VB