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L'émissaire de Trump prévoit une nouvelle visite en Russie, selon le Kremlin
L'émissaire américain Steve Witkoff prévoit un voyage cette semaine à Moscou, a annoncé mardi le Kremlin, en mettant en garde contre toute précipitation dans les discussions pour le règlement du conflit en Ukraine, qui se prolongent depuis plus de deux mois.
Cette annonce intervient à la veille d'une nouvelle rencontre entre Américains, Ukrainiens et Européens à Londres, visant à obtenir un cessez-le-feu, après plus de trois ans de combats dévastateurs depuis l'offensive russe de 2022.
Avant ce nouveau ballet diplomatique, Iouri Ouchakov, le conseiller de Vladimir Poutine pour les Affaires internationales, a indiqué à l'agence de presse TASS que Steve Witkoff, le négociateur du président américain Donald Trump, prévoyait une visite dans la capitale russe cette semaine.
Si elle se confirme, il s'agirait de la quatrième de M. Witkoff en Russie depuis la relance des relations russo-américaines initiée, mi-février, par Donald Trump.
Le président américain, qui veut mettre un terme au plus vite au conflit, avait dit dimanche espérer un accord "dans la semaine" entre Moscou et Kiev, sans dévoiler les contours de cet engagement hypothétique.
M. Trump semble s'impatienter et son secrétaire d’État, Marco Rubio, a mis la pression sur les deux belligérants la semaine dernière, assurant que Washington pourrait "passer à autre chose" et se retirer des négociations faute de résultat.
- Le Kremlin temporise -
En attendant, Vladimir Poutine considère avoir de bonnes cartes entre les mains: malgré de lourdes pertes, son armée avance lentement dans l'Est et contrôle près de 20% du territoire ukrainien, les forces de Kiev ont été quasiment entièrement repoussées de la région russe de Koursk, et Donald Trump a impulsé un rapprochement inattendu avec lui.
Ses demandes restent donc maximalistes: le président russe appelle à la reddition de l'Ukraine, à son renoncement à rejoindre l'Otan et demande à ce que Moscou garde les cinq régions ukrainiennes que la Russie a annexées. Des conditions inacceptables pour Kiev et ses alliés.
Plus largement, Vladimir Poutine aimerait parvenir à un accord sur une refonte de l'architecture sécuritaire en Europe, lui qui dénonce l'expansion de l'Otan aux frontières russes depuis la dislocation de l'URSS en 1991.
En l'état, donc, le dirigeant russe ne veut pas se précipiter, comme l'a fait savoir son porte-parole Dmitri Peskov mardi: le règlement du conflit est "un sujet tellement complexe" qu'"il ne vaut probablement mieux pas fixer de délai serré".
Comprendre: Moscou ne veut pas "essayer de faire rentrer un règlement viable (du conflit) dans un court laps de temps".
- "Opération marketing" -
C'est dans ce contexte incertain qu'Américains, Ukrainiens, Britanniques et Français se retrouveront mercredi à Londres pour une deuxième série de réunions, selon un haut responsable ukrainien à l'AFP sous couvert d'anonymat, après de premières discussions dans ce format inédit jeudi dernier à Paris.
Cette réunion dans la capitale française n'avait pas permis d'avancée majeure, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit lundi vouloir promouvoir mercredi "un cessez-le-feu sans conditions" -- une proposition que Vladimir Poutine a pourtant ignorée une première fois en mars.
Lundi, il avait aussi dit attendre "une réponse claire" de Moscou à sa proposition sur une nouvelle trêve concernant les attaques contre les infrastructures civiles, après que Vladimir Poutine eut indiqué simplement vouloir "analyser" cette offre.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mardi que Moscou voulait "clairement différencier les situations dans lesquelles ces infrastructures (civiles) peuvent être utilisées à des fins militaires et celles dans lesquelles elles ne peuvent pas l'être" avant d'accepter une telle trêve.
Pendant le week-end, Moscou et Kiev se sont accusés mutuellement d'avoir violé un cessez-le-feu de Pâques annoncé par Vladimir Poutine, et que les alliés de l'Ukraine, comme la France, ont dénoncé comme une "opération marketing", de "séduction", vis-à-vis de l'imprévisible Donald Trump.
Depuis, l'armée russe a repris ses frappes et revendiqué mardi la prise d'une petite localité, Soukhaïa Balka, dans la région de Donetsk (est), où des bombardements russes ont tué mardi trois personnes dans la ville de Mirnograd, selon le parquet ukrainien.
Une attaque aérienne russe a également tué une personne et blessé 26 autres dans un quartier résidentiel de la ville de Zaporijjia (sud), selon les secours ukrainiens.
Six autres ont par ailleurs été blessées à Kherson (sud), neuf à Kharkiv et quatre à Koupiansk (nord-est), d'après les autorités ukrainiennes.
T.Ziegler--VB