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Gaza: l'armée israélienne étend son offensive, le Hamas publie la video d'un otage
Israël a annoncé samedi la prise par ses troupes d'un axe clé dans le sud de la bande de Gaza et l'extension de son offensive à la plus grande partie du territoire palestinien ravagé par la guerre, où le Hamas a diffusé la vidéo d'un otage israélien.
La séquence, diffusée par la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam et dont l'AFP n'a pu vérifier ni l'authenticité ni la date d'enregistrement montre l'homme assis dans un local exigu. S'adressant à la caméra, il critique le gouvernement israélien pour ne pas avoir encore obtenu sa libération.
Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres à Gaza, le Premier ministre Benjamin Netanyahu mettant en avant qu'une pression militaire accrue est le seul moyen de forcer le mouvement islamiste palestinien à rendre les otages.
"Bientôt, les opérations des forces israéliennes s'intensifieront et s'étendront à d'autres zones dans la plus grande partie de Gaza, et vous devrez évacuer les zones de combat", a averti samedi le ministre de la Défense Israël Katz, s'adressant à la population palestinienne.
"Le moment est venu de se soulever, d'éliminer le Hamas et de libérer tous les otages israéliens. C'est le seul moyen de mettre fin à la guerre", a-t-il affirmé.
Il a annoncé que l'armée avait pris le contrôle de l'axe clé de Morag, qui sépare les villes de Rafah près de la frontière égyptienne et de Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien dévasté et assiégé.
L'armée a ensuite appelé les dizaines de milliers d'habitants de Khan Younès à évacuer la ville, en prévision d'une opération de représailles à des tirs de roquettes du sud de Gaza vers Israël.
Sur X, elle a indiqué que ses troupes opéraient "avec une force significative dans la zone et frapper(aient) avec intensité tout endroit d'où des roquettes sont lancées".
La guerre à Gaza a été déclenchée par l'attaque d'une ampleur sans précédent menée le 7 octobre 2023 par le Hamas depuis la bande de Gaza voisine dans le sud d'Israël.
L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes alors enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 sont mortes, selon l'armée.
- Une délégation du Hamas au Caire -
Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé qu'au moins 1.563 Palestiniens avaient été tués depuis le 18 mars, portant selon lui à 50.933 le nombre de morts à Gaza depuis le début de l'offensive israélienne de représailles.
Plus tôt, un responsable du Hamas a annoncé des discussions samedi au Caire entre une délégation du Hamas conduite par le négociateur en chef Khalil al-Hayya et les médiateurs égyptiens.
"Nous espérons que la rencontre permettra de réaliser de réels progrès en vue d'un accord mettant fin à la guerre et à l'agression, et garantissant le retrait complet des forces d'occupation (israéliennes, ndlr) de Gaza", a-t-il indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
Selon lui, le Hamas n'a reçu aucune nouvelle offre de trêve, malgré des informations de médias israéliens rapportant que l'Egypte et Israël avaient échangé des projets de documents portant sur un accord de cessez-le-feu et de libération d'otages.
"Mais les discussions avec les médiateurs sont en cours", a-t-il affirmé.
Selon le Times of Israel, la proposition égyptienne prévoirait le retour en Israël de 16 otages, huit vivants et huit morts, en échange d'une trêve de 40 à 70 jours ainsi que de la libération d'un grand nombre de prisonniers palestiniens.
L'émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, cité par la presse israélienne, a indiqué qu'"un accord très sérieux prend forme, c'est une question de jours".
- Nouvelles frappes meurtrières -
Une trêve conclue sous l'égide des Etats-Unis, de l'Egypte et du Qatar, entre le 19 janvier et le 17 mars, a permis le retour de 33 otages, incluant huit morts, en échange de la libération par Israël de quelque 1.800 prisonniers palestiniens.
"Chaque jour de retard (dans la conclusion d'un accord) signifie davantage de morts parmi les civils palestiniens sans défense et un sort inconnu" pour les otages, a indiqué le Hamas dans un communiqué.
Samedi, la Défense civile locale a fait état d'un mort et de plusieurs blessés dans une frappe aérienne israélienne à l'ouest de Khan Younès.
Quatre autres Palestiniens ont été enterrés le même jour après une frappe israélienne sur leur maison dans l'est de la ville de Gaza (nord), selon des images de l'AFP, qui montrent des Palestiniens se recueillant devant quatre corps enveloppés dans des linceuls blancs, posés sur des brancards.
Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, "entre le 18 mars et le 9 avril 2025, il y a eu environ 224 frappes israéliennes sur des immeubles résidentiels et des tentes de déplacés" à Gaza. Pour "36 frappes répertoriées et corroborées", les victimes "étaient uniquement des femmes et des enfants".
T.Egger--VB