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Emotion aux obsèques d'un otage franco-israélien dans le kibboutz martyr de Nir Oz
"Nous avons perdu quelqu'un de formidable", pleure Yaël Lotem, en marge des funérailles du Franco-Israélien Ohad Yahalomi, enlevé lors de l'attaque du 7 octobre contre le kibboutz Nir Oz et dont le corps a été rendu fin février par le Hamas.
Mercredi, une foule nombreuse lui a rendu un dernier hommage, portant des drapeaux israéliens ou jaunes, en signe de solidarité avec les otages, au passage du convoi funéraire vers le kibboutz agricole martyr situé en lisère de la bande de Gaza.
Le soir du 7 octobre 2023, un quart de ses habitants avaient disparu, soit morts soit enlevés.
"Je suis très, très triste, c'est très difficile, nous avons perdu quelqu'un de formidable", explique à l'AFP Yaël Lotem, 65 ans, une amie proche de M. Yahalomi qui est venue avec son mari Moshé.
"Il faisait partie de notre famille depuis de nombreuses années, il faisait partie de notre vie", ajoute cette habitante du kibboutz voisin de Gvulot en attendant le passage du convoi vers le cimetière.
Ohad Yahalomi, qui avait 49 ans le jour de son enlèvement, était le dernier otage franco-israélien encore aux mains du mouvement islamiste palestinien à Gaza.
Sa dépouille a été rendue le 27 février dans le cadre d'un échange de corps d'otages contre la libération de Palestiniens détenus par Israël, en application de l'accord de trêve entré en vigueur le 19 janvier.
- Blessé en résistant -
Lors de l'attaque du Hamas sur le sud d'Israël ayant déclenché la guerre, la famille Yahalomi avait essayé de se réfugier dans le mamad, la pièce sécurisée de leur maison, selon le récit de Bat-Sheva Yahalomi, veuve d'Ohad.
Mais la porte ne fermant pas, il s'était posté devant avec un pistolet. Blessé dans un échange de tirs, il avait été enlevé.
Emmenés séparément, sa femme et leurs trois enfants ont tenté d'échapper à leurs ravisseurs, mais seules la mère et les deux filles y sont parvenues, laissant le garçon, Eitan, 12 ans, derrière elles.
Celui-ci sera finalement libéré lors de la première et courte trêve entre Israël et le Hamas fin novembre 2023.
La maison familiale porte encore les stigmates de l'attaque avec de nombreux impacts de balles.
Ohad Yahalomi avait été annoncé mort en janvier 2024 dans une vidéo diffusée par un groupe allié du Hamas, mais l'armée israélienne n'a jamais confirmé cette information avant le retour de sa dépouille.
Amoureux des grands espaces, Ohad Yahalomi était employé de l'Autorité des parcs et de la nature. Il était spécialiste des scorpions sur lesquels il avait écrit un guide.
"Je trouve très difficile que le pays n'ait pas encore réussi à ramener tous les otages. C'était possible de les ramener tous vivants mais ça n'est pas arrivé", dit Mme Lotem. Sa fille et ses petits-enfants, qui avaient aussi été enlevés le 7 octobre 2023, ont été libérés après 51 jours de captivité lors de la première trêve.
- "Personnalité magique" -
Moshé Lotem, 69 ans, ne peut retenir ses larmes en évoquant celui qu'il considérait "comme un fils".
"Ohad était quelqu'un de très spécial. Il ne faisait pas de différence entre les gens, il aidait tous ceux qu'il pouvait aider", assure-t-il.
"Quand j'ai appris son enlèvement, j'étais heureux, parce que je me disais qu'il pourrait veiller sur ma fille et ses enfants", affirme M. Lotem.
"J'étais sûr qu'avec sa personnalité magique, il pourrait faire plier un peu le Hamas et leur montrer de la gentillesse humaine", ajoute-t-il. "Je ne pouvais pas croire qu'il ne reviendrait pas".
Yaël Mitzafon, 51 ans, une autre amie de la famille Yahalomi, assure également qu'elle avait "le sentiment qu'il pourrait revenir vivant, ça n'est pas arrivé et j'ai été très choquée".
"Tout ce qu'on peut faire, c'est venir ici, avec des drapeaux pour montrer notre force et notre solidarité" avec la famille, souligne Mme Mitzafon, qui habite le kibboutz Sde Abraham.
"C'est important qu'elle voie ses amis (...) être présents ici et à d'autres carrefours", dit-elle.
Elle pense à son propre fils, qui est du même âge qu'Eitan Yahalomi. "Et si ça avait été l'inverse? C'est vraiment difficile".
S.Leonhard--VB