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L'Ukraine "déterminée" à coopérer avec les Etats-Unis malgré le gel de leur aide militaire
L'Ukraine assure mardi être "déterminée" à continuer à coopérer avec les Etats-Unis, souhaitant toujours obtenir de leur part des garanties de sécurité d'"une importance existentielle" pour elle, malgré le gel de l'aide militaire américaine.
Son gouvernement a notamment souligné qu'il était prêt à signer "à tout moment" l'accord-cadre cher à Donald Trump sur l'exploitation des abondantes ressources naturelles présentes dans le sous-sol ukrainien.
"L'Ukraine est absolument déterminée à poursuivre sa coopération avec les Etats-Unis", "un partenaire important", a martelé au cours d'une conférence de presse le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal, avant de promettre : "Nous ferons tout pour tenir bon".
"Et bien sûr, nous n'écartons pas la possibilité de négociations avec nos homologues américains" sur l'assistance militaire dont la suspension a été annoncée lundi par Washington, a insisté sur X un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak.
"Nous discutons des options avec nos partenaires européens", a-t-il ajouté à ce sujet, tandis que l'UE a dévoilé le même jour un plan "pour réarmer l'Europe" qui va permettre de fournir une aide militaire "immédiate" à l'Ukraine.
"L'Europe fait face à un danger clair et immédiat d'une ampleur qu'aucun d'entre nous n'a connue dans sa vie d'adulte", a en effet lancé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une lettre adressée aux dirigeants des 27.
"L'avenir d'une Ukraine libre et souveraine, d'une Europe en sécurité et prospère, est en jeu", a-t-elle écrit dans cette missive, qui présente un projet en cinq volets de 800 milliards d'euros destiné à renforcer la défense européenne.
Un sommet européen à Bruxelles jeudi sera consacré à l'Ukraine, à la sécurité de l'Europe et examinera ce nouveau plan.
- "La situation est très grave" -
"Nous faisons une pause et réexaminons notre aide pour nous assurer qu'elle contribue à la recherche d'une solution" au conflit entre l'Ukraine et la Russie, avait déclaré la veille un responsable de la Maison Blanche sous le couvert de l'anonymat, trois jours après l'altercation à la Maison Blanche avec le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky.
"Le président a clairement indiqué qu'il se concentrait sur la paix. Nous avons besoin que nos partenaires s'engagent eux aussi à atteindre cet objectif", avait-il poursuivi.
Il s'agit essentiellement de l'assistance militaire déjà approuvée sous la présidence de Joe Biden et très largement soldée, mais dont il reste encore du matériel à livrer.
La mesure prise par les Etats-Unis se fait d'ailleurs déjà ressentir dans le principal centre en Pologne de soutien logistique à l'Ukraine, celui de Jesionka, a informé mardi le Premier ministre polonais Donald Tusk.
La diplomatie polonaise a parallèlement déploré qu'une décision d'"une grande importance politique" ait été prise "sans aucune information ni consultation" des alliés des Américains. "La situation est très grave", a-t-elle noté.
"L'Europe doit accroître et accélérer son assistance à l'Ukraine pour combler le vide", a de son côté demandé le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna.
Quant au président finlandais Alexander Stubb, il a proposé que l'Ukraine devienne automatiquement membre de l'Otan si la Russie venait à rompre un futur cessez-le-feu.
A Londres, le Premier ministre britannique Keir Starmer reste "concentré sur l'obtention de la paix" en Ukraine et ne se laissera pas "distraire par des annonces", a fait savoir Angela Rayner, numéro deux du gouvernement. "Il va continuer à dialoguer avec notre allié le plus ancien et le plus puissant, les États-Unis, et avec nos partenaires européens, ainsi qu'avec l'Ukraine".
Mais à Paris, le ministre français chargé de l'Europe Benjamin Haddad pense que la décision de Donald Trump "éloigne (la paix) parce qu'elle ne (fera) que renforcer la main de l'agresseur sur le terrain qui est la Russie".
Le Kremlin s'est en revanche félicité de la suspension de l'aide militaire américaine, la "meilleure contribution" à la paix.
- "Mettre fin à la guerre" -
Donald Trump ne décolère pas contre Volodymyr Zelensky depuis leur rencontre vendredi dans le Bureau ovale qui a tourné à l'affrontement verbal. Il a accentué lundi ses menaces contre celui qu'il soupçonne de ne "pas vouloir la paix" avec la Russie.
Mais le président américain a aussi jugé que l'accord sur l'accès aux minerais ukrainiens, que M. Zelensky était censé signer à Washington vendredi dernier, pouvait encore être conclu.
Dans un entretien avec la chaîne Fox News, le vice-président américain JD Vance a pour sa part considéré que le chef de l'Etat ukrainien avait "montré un refus clair de s'engager dans le processus de paix".
Lundi, Volodomyr Zelensky avait affirmé sur X qu'il était "très important que nous essayions de "mettre fin à cette guerre le plus vite possible".
Sur le terrain, le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a annoncé lundi qu'"un missile balistique Iskander-M avec munitions à fragmentation" avait frappé samedi un centre d'entraînement de l'armée de terre dans la région de Dnipropetrovsk, à plus de 100 km de la ligne de front, faisant "des morts et des blessés".
Selon un blogueur militaire ukrainien, entre 30 et 40 soldats ont été tués et jusqu'à 90 ont été blessés.
Par ailleurs, une installation pétrolière a pris feu lundi soir dans la région russe de Rostov, frontalière de l'Ukraine, après une attaque de drones, selon son gouverneur par intérim, Iouri Slioussar.
H.Gerber--VB