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Au Congrès, un Trump triomphant après avoir déjà bouleversé l'Amérique
Donald Trump prêchera mardi devant le Congrès sa vision pour les Etats-Unis et le monde, déjà bouleversés par un début de second mandat placé sous le signe de "l'Amérique d'abord" et d'une volonté d'étendre son assise sur l'appareil d'Etat.
"Demain soir sera grand. Je vais dire les choses comme elles sont!", a promis, tout en majuscules, le président américain sur sa plateforme Truth Social lundi.
Son discours, le premier au Congrès depuis son retour à la Maison Blanche, se déroulera à 21H00 (02H00 GMT mercredi) au Capitole de Washington, un peu plus d'un mois après son investiture sous le dôme du bâtiment, et quatre ans après l'assaut du 6 janvier 2021 lancé par ses partisans.
Face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat, le président républicain devrait évoquer les mesures prises lors de ses 43 premiers jours de mandat, mais surtout celles prévues pour les 1.419 restants.
"Le président Trump vient au Congrès pour un retour triomphant", a déclaré le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, à la chaîne Fox News dimanche.
"Durant son premier mois de mandat, il a déjà accompli tellement de choses, que cela pourrait remplir trois heures" de discours, a ajouté ce fidèle allié du milliardaire républicain.
- Changement de paradigme -
Démantèlement amorcé d'agences fédérales, limogeage sommaire de milliers de fonctionnaires, rétention de migrants clandestins sur la base de Guantanamo, hausse des droits de douane... Donald Trump a déjà démontré aux côtés de son allié Elon Musk qu'il voulait aller vite et fort, pour "rendre sa grandeur à l'Amérique".
Quitte à tester les limites constitutionnelles de son autorité présidentielle, et à fragiliser l'équilibre des pouvoirs en empiétant sur les prérogatives du même Congrès devant lequel il prononcera son discours.
Quitte, aussi, à rudoyer les alliés des Etats-Unis, comme lorsqu'il promet d'annexer le Canada par la force économique si nécessaire, ou qu'il assure que l'Union européenne a été créée pour "entuber" son pays.
L'altercation de vendredi avec Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale -- lors de laquelle le président américain a vertement tancé son homologue ukrainien et l'a menacé de "laisser tomber" Kiev dans son combat contre l'invasion russe -- n'est que la dernière illustration en date du changement de paradigme à la tête de la première puissance mondiale.
Dans les prochains mois, Donald Trump devrait s'attacher avec son administration à intensifier son programme massif d'expulsion de migrants, à révoquer un grand nombre de réglementations environnementales, ou encore à prolonger d'importants crédits d'impôt datant de son premier mandat.
- Vents contraires -
Son discours mardi se fera devant une audience en majorité acquise à sa cause.
Depuis les élections de novembre, les républicains contrôlent en effet le tiercé Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat. Sans compter l'ancrage conservateur de la Cour suprême, dont trois juges ont été nommés par Donald Trump lors de son premier mandat.
Malgré l'atmosphère de triomphe qui règne ces dernières semaines à droite, des vents contraires commencent déjà à se faire sentir.
Selon une compilation de sondages réalisée par le média FiveThirtyEight, une courte majorité d'Américains disent ainsi avoir une opinion défavorable du président Trump, sur fond de craintes d'une accélération de l'inflation.
De nombreux décrets exécutifs sont en outre attaqués en justice et pour certains suspendus dans l'attente d'une décision sur le fond.
Face au raz-de-marée médiatique et politique du milliardaire républicain, les démocrates peinent de leur côté à se faire entendre. La nouvelle sénatrice du Michigan, Elissa Slotkin, tentera d'y remédier en partie, en apportant la traditionnelle réponse de l'opposition au discours du président.
Cette ancienne analyste de la CIA de 48 ans, décrite par le chef démocrate Chuck Schumer comme une "étoile montante" du parti, a dit dans un communiqué avoir hâte de "parler directement au peuple américain", sans mentionner Donald Trump.
T.Ziegler--VB