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A quoi ressemblerait une nouvelle présidence Trump? Ce qu'il en dit
Déjà coutumier des invectives et des sorties tonitruantes, Donald Trump adopte depuis plusieurs mois une rhétorique toujours plus violente qui donne un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler, en cas de victoire, un nouveau mandat du républicain.
L'ex-président, qui a triomphé lundi soir lors de la primaire de la droite dans l'Iowa, ne le cache pas: il est animé par un esprit de revanche et s'il fait son grand retour au Bureau ovale après une victoire en novembre, il compte bien s'en prendre à ses détracteurs.
"En 2016, j'avais dit: j'incarne votre voix. Aujourd'hui, j'ajoute que je suis votre guerrier. Je suis votre justice", a dit en mars à ses partisans celui qui répète toujours, sans la moindre preuve, que l'élection de 2020 fut frauduleuse et lui a été "volée".
"Et pour ceux qui ont été lésés et trahis, je suis votre revanche", a-t-il ajouté.
Quelques mois plus tard, il précisait ses intentions.
"Je nommerai un vrai procureur spécial pour poursuivre le président le plus corrompu de l'histoire des Etats-Unis d'Amérique, Joe Biden, et toute la famille criminelle Biden", a-t-il déclaré en juin.
"Je vais totalement anéantir l'Etat profond", une entité nébuleuse qui selon l'ancien président agit dans les coulisses du gouvernement.
Poursuivi dans de nombreuses affaires, il se dit victime de persécution politique, accusant son adversaire démocrate d'être à la manoeuvre pour l'empêcher de redevenir président.
- "Vermine" -
Ses opposants exhortent à prendre ses mots au sérieux, rappelant que le premier mandat de M. Trump s'est terminé par un assaut contre le Capitole de centaines de ses partisans tentant d'empêcher la certification de la victoire de Joe Biden.
L'ex-président qualifie les personnes emprisonnées après l'attaque du 6 janvier 2021 d'"otages" et a dit envisager de gracier "beaucoup" d'entre elles.
En décembre 2022, il avait argué sur son réseau Truth Social que la "fraude" de 2020 permettait "de mettre fin à toutes les règles, réglementations et articles, même ceux que l'on trouve dans la Constitution", déclenchant un tollé.
Plus récemment, en novembre, il a promis d'"éradiquer les communistes, marxistes, les fascistes et les voyous de la gauche radicale qui vivent comme de la vermine dans notre pays".
A l'équipe de campagne de Joe Biden, qui l'accusait d'"imiter" avec ces propos Adolf Hitler et Benito Mussolini, l'un de ses porte-parole a répondu que c'était "ridicule". Avant d'ajouter: "Ceux qui font ce type d'insinuations (...) verront leur petit univers s'écrouler quand le président Trump fera son retour à la Maison Blanche"...
- "Muslim ban", taxes et diplomatie-
Sur les migrants, l'une de ses cibles de prédilection, Donald Trump est aussi passé à la vitesse supérieure, les accusant d'"empoisonner le sang de notre pays". Joe Biden a dénoncé cette terminologie, affirmant que son rival utilisait la rhétorique de "l'Allemagne nazie".
Le magnat des affaires a en outre assuré qu'il entendait, au premier jour de son nouveau mandat, signer un décret pour annuler le droit du sol automatique pour les enfants nés de migrants en situation irrégulière.
Il a aussi dit compter mener "la plus grande opération intérieure d'expulsion" de migrants de l'histoire des Etats-Unis, et s'est engagé à rétablir son décret migratoire controversé ciblant des pays musulmans, le fameux "muslim ban".
Au début de son mandat en 2017, il avait interdit l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Libye, Somalie, Syrie, Yémen et, au départ, également l'Irak et le Soudan).
"On va garder les terroristes islamiques radicaux hors de notre pays", a-t-il lancé en octobre. "Je mettrai aussi en place des contrôles idéologiques forts pour tous les migrants qui arrivent".
Concernant l'économie, Donald Trump a notamment indiqué qu'il réfléchissait à imposer une taxe de 10% environ sur quasiment toutes les importations et à mettre fin à la clause de la "nation la plus favorisée" accordée à la Chine pour développer le commerce bilatéral.
Sur l'Ukraine, le républicain a assuré qu'il pourrait mettre fin au conflit "en 24 heures" s'il revenait au pouvoir, sans autres précisions. Tous ses lieutenants au Congrès sont opposés au déblocage de davantage d'aide à Kiev.
Et à la question de savoir s'il resterait engagé dans l'Otan pendant son éventuel second mandat, il a répondu: "cela dépend de s'ils nous traitent correctement".
G.Schmid--VB