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Macron va exprimer son soutien à Israël et appeler à la relance du processus de paix mardi
Emmanuel Macron va exprimer mardi à Tel-Aviv le "soutien" de la France à "Israël et aux Français d'Israël", plaider pour une "trêve humanitaire" et proposer de relancer un "véritable processus de paix" après l'attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre contre ce pays et la riposte militaire israélienne à Gaza.
"Ce message de solidarité est univoque. Il n'y a pas pas de réserve, il n'y a pas de +oui mais+. Nous devons aux Israéliens notre plus complète solidarité face à des attaques terroristes d’une ampleur et d'une cruauté" sans précédent depuis la fondation de l'Etat d'Israël en 1948, a souligné lundi l'Elysée.
Peu avant, la Première ministre Elisabeth Borne avait appelé aussi l'Etat hébreu à une "réponse juste" face au "terrorisme" du Hamas palestinien et demandé une "trêve humanitaire qui pourra mener à un cessez-le-feu", devant une Assemblée nationale électrisée par les positions de La France insoumise (LFI).
Emmanuel Macron rencontrera mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog, les chefs de l'opposition Benny Gantz et Yaïr Lapid ainsi que des familles de Français ou franco-israéliens tués dans l'attaque ou emmenés comme otages par le Hamas à Gaza.
Au moins 30 ressortissants français ont été tués, le plus lourd bilan depuis l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice (86 morts) dans le sud de la France, et sept sont portés disparus, dont une otage sûre et plusieurs autres probablement détenus par le Hamas à Gaza.
Lors de ce déplacement au Proche-Orient, le président Macron aura aussi "vraisemblablement des échanges avec les partenaires arabes de la région à commencer par l’Autorité palestinienne (Mahmoud Abbas, ndlr), mais aussi le roi de Jordanie, le président égyptien et les partenaires arabes du Golfe", a ajouté l'Elysée sans autres précisions.
- "Libération des otages" -
Le chef de l'Etat, qui se rend en Israël après le président américain Joe Biden, le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Rishi Sunak, a toujours affirmé qu'il effectuerait un tel voyage s'il pouvait être "utile" à la région.
"Le seul moyen d’être utile, c’est: 1- d'apporter de la solidarité à Israël 2- prendre des engagements très clairs contre les groupes terroristes 3-rouvrir une perspective politique", a martelé la présidence française.
Pour cela, il faut au préalable une "trêve humanitaire" qui permette d'apporter de l'aide aux Palestiniens de Gaza, sous blocus complet et sous les bombardements israéliens depuis l'attaque du Hamas.
Cette pause humanitaire doit aussi "faciliter la libération de ceux qui sont aujourd'hui détenus ou disparus à Gaza", a relevé la présidence française.
Deux otages femmes libérées par le mouvement islamiste palestinien Hamas sont arrivées dans la soirée au point de passage de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte.
Emmanuel Macron, qui prendra la parole mardi soir, souhaite aussi "prendre l’initiative avec tous ceux de bonne volonté" pour relancer un processus politique, a souligné l'Elysée, en rappelant l'attachement de la France pour la "solution à deux Etats", "la seule qui vaille", avec un Etat palestinien au côté de celui d'Israël.
"Il va naturellement parler de ce qui est nécessaire à la création d’un Etat palestinien", "l’arrêt de la colonisation" en Cisjordanie, mais aussi une "négociation sur ce que doivent être les paramètres qui permettent d’avoir un Etat palestinien viable, continu, capable de vivre en paix et en sécurité avec Israël".
- "Indépendante"-
Le chef de l'Etat veut aussi contribuer à "éviter la généralisation du conflit" au Moyen-Orient. Le mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de l'Iran, ne doit pas "rentrer dans ce conflit", a ainsi insisté l'Elysée, sans exclure que le président puisse se rendre au Liban même si "rien n'est programmé" pour l'heure. Cela "n’apporterait que du malheur au Liban", déjà dans une "solution très fragile", a mis en garde un conseiller présidentiel.
La perspective d'un cessez-le-feu reste par ailleurs incertaine : Israël a pour cela "besoin de garanties très fortes" de sécurité mais le Hamas continue de tirer des roquettes sur son territoire, a-t-il relevé.
La France est "l'amie d'Israël", des "Palestiniens", des "pays arabes de la région", elle a une "position indépendante (...), qui nous donne un rôle pivot pour aider à tracer le chemin de la paix", a dit de son côté Mme Borne, voulant tordre le coup aux accusations d'"indignations sélectives" émanant d'une partie de la gauche et du monde arabe.
Devant un hémicycle clairsemé pour un débat spécial sur le Proche-Orient, elle a appelé à ne "faire preuve d'aucune ambiguïté" face aux crimes du Hamas, alors que LFI est fortement critiquée pour n'avoir pas qualifié le Hamas de "terroriste".
La présidente du groupe insoumis Mathilde Panot a dénoncé pour sa part une France "devenue un État aligné, (...) sur les États-Unis et sur le gouvernement israélien va-t-en-guerre d'extrême droite".
sl-bpa-adc-vl/hr/dlm
L.Stucki--VB