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Nouvelles frappes sur Gaza assiégée, qui attend l'aide humanitaire promise
Des bombardements israéliens ont fait des dizaines de morts dans la nuit et lundi dans la bande de Gaza assiégée, qui attend un "flux continu" d'aide humanitaire, vital pour les civils pris au piège de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du mouvement palestinien Hamas contre Israël.
L'armée israélienne, qui bombarde sans répit la bande de Gaza depuis le 7 octobre en riposte à cette attaque sans précédent et promet "d'anéantir" le Hamas, a intensifié dimanche ses bombardements en prélude à une probable intervention terrestre.
Le risque d'un embrasement du conflit inquiète la communauté internationale, alors que l'Iran, allié du Hamas, a averti que la situation risquait de devenir incontrôlable au Moyen-Orient, devenu une "poudrière".
Dans la bande de Gaza, un petit territoire pauvre où s'entassent 2,4 millions de Palestiniens, l'aide internationale a commencé à arriver au compte-goutte depuis samedi via l'Egypte, sa seule issue à ne pas être contrôlée par Israël, mais en quantité très insuffisante selon l'ONU.
Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a réclamé lundi "plus d'aide, plus rapidement" ainsi qu'une "pause humanitaire" pour permettre sa distribution.
- Frappe sur une maison -
Lundi, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé dans la nuit "plus de 320 cibles militaires", des infrastructures du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, et de son allié du Jihad islamique. Ces deux groupes sont classés organisations terroristes par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
Ces raids dans la nuit et lundi matin ont fait plus de 70 morts, selon le gouvernement du Hamas, dont 17 personnes tuées par une frappe sur une maison à Jabaliya, dans le nord, et 25 autres dans le centre du territoire.
L'armée a évoqué "des tunnels où étaient des terroristes du Hamas", des "dizaines de centres de commandement opérationnel ainsi que "des camps militaires et des postes d'observation".
Le 7 octobre, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, des centaines de combattants du Hamas ont infiltré Israël depuis la bande de Gaza, semant la terreur lors d'une attaque sans précédent depuis la création d'Israël en 1948.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël, la plupart des civils fauchés par balles, brûlés vifs ou mutilés le jour de l'attaque, selon les autorités.
Le Hamas a enlevé 212 otages, israéliens et étrangers, selon l'armée israélienne.
La présence des otages dans la bande de Gaza rendrait plus périlleuse encore une intervention terrestre israélienne, dans ce territoire surpeuplé, truffé de tunnels, où le Hamas cache ses combattants et ses armes.
Dans la bande de Gaza, plus de 4.600 Palestiniens, en majorité des civils dont près de 1.900 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas, ont été tués dans les bombardements de représailles israéliens qui ont détruit des quartiers entiers.
Depuis le 15 octobre, l'armée israélienne appelle les civils du nord de ce territoire, où les bombardements sont les plus intenses, à fuir vers le sud.
Mais les frappes continuent aussi de toucher le sud, proche de la frontière égyptienne, où les déplacés se sont massés par centaines de milliers.
- "Situation catastrophique" -
Soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007, la bande de Gaza est placée depuis le 9 octobre en état de "siège complet" par Israël qui y a coupé l'eau, l'électricité et l'approvisionnement en nourriture.
L'ONU a évoqué une "situation catastrophique" et fait état d'au moins 1,4 million de Palestiniens déplacés à l'intérieur de ce territoire de 362 kilomètres carrés.
Après un premier convoi samedi, une quinzaine de camions d'aide ont traversé dimanche le poste-frontière de Rafah, depuis l'Egypte vers la bande de Gaza, selon un journaliste de l'AFP et le responsable des situations d'urgence de l'ONU, Martin Griffiths.
Mais selon l'ONU, au moins 100 camions par jour seraient nécessaires pour répondre aux besoins de la population.
L'ONU insiste sur la nécessité d'acheminer du carburant, indispensable notamment au fonctionnement des générateurs dans les hôpitaux.
- Pas d'aide pour "l'ennemi" -
Israël avait annoncé qu'il n'empêcherait pas l'entrée de l'aide humanitaire depuis l'Egypte "tant qu'il s'agit de nourriture, d'eau et de médicaments pour la population civile dans le sud de la bande de Gaza".
Toutefois, "je ne pense pas que nous devrions être obligés de fournir de la nourriture à l'ennemi qui tire des roquettes sur nos civils", a déclaré un porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus dimanche soir sur ABC Australia.
Depuis le 7 octobre, l'armée israélienne a massé des dizaines de milliers de soldats aux abords de la bande de Gaza et à sa frontière nord avec le Liban.
Dimanche, un soldat israélien a été tué et trois autres blessés par un tir de missile antichar lors d'une incursion au sol à Gaza, selon l'armée.
A la frontière libanaise, les échanges de tirs meurtriers se sont multipliés entre l'armée et le Hezbollah basé dans le sud du Liban, soutenu par l'Iran et allié du Hamas, tandis que les habitants évacuent la zone frontalière de part et d'autre.
Benjamin Netanyahu, qui a réuni son cabinet de guerre dimanche soir, a prévenu que le Hezbollah ferait "l'erreur de sa vie" en entrant en guerre contre Israël.
Face au risque d'un embrasement régional, Joe Biden a discuté avec les dirigeants du Canada, d'Allemagne, d'Italie et du Royaume-Uni, ainsi qu'avec le président français Emmanuel Macron, attendu mardi en Israël.
"Les dirigeants ont réitéré leur soutien à Israël et son droit de se défendre contre le terrorisme et ont appelé au respect du droit humanitaire international, notamment la protection des civils", a indiqué la Maison Blanche.
Les violences se sont aussi multipliées en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où 93 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 7 octobre, selon l'Autorité palestinienne.
K.Sutter--VB