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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Putsch au Gabon: le général Oligui prête serment en tant que "président de la transition"
Le général Brice Oligui Nguema, qui a renversé Ali Bongo il y a cinq jours au Gabon, a prêté serment lundi comme président d'une "transition" dont il n'a pas fixé la durée, promettant d'installer des "institutions plus démocratiques" avant des "élections libres".
Des militaires putschistes avaient annoncé le 30 août la "fin du régime" d'Ali Bongo Ondimba, qui dirigeait le Gabon depuis 14 ans, moins d'une heure après la proclamation de sa réélection lors de l'élection du 26 août, estimant qu'elle avait été truquée.
Le lendemain, ils avaient proclamé le général Oligui, 48 ans, président d'un Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).
"Je jure devant Dieu et le peuple gabonais de préserver en toute fidélité le régime républicain", "de préserver les acquis de la démocratie", a déclaré devant des juges de la Cour constitutionnelle le général de brigade en costume d'apparat rouge de la Garde républicaine (GR), l'unité d'élite de l'armée qu'il commandait.
Le général Oligui a également promis des "élections libres" et "transparentes" à l'issue de la période de transition et s'est engagé à amnistier les "prisonniers d'opinion".
Ali Bongo Ondimba, 64 ans, en résidence surveillée depuis le putsch, avait été élu en 2009 à la mort de son père Omar Bongo Ondimba, qui avait déjà dirigé le pays plus de 41 ans. Le "patriarche" était aussi l'un des piliers de la "Françafrique", système de cooptation politique, chasses gardées commerciales et corruption entre la France et certaines de ses ex-colonies du continent.
- Garde prétorienne -
Mercredi à l'aube, moins d'une heure après la réélection annoncée à près de 65% de M. Bongo, des militaires ont proclamé "la fin du régime", signant un putsch "sans effusion de sang", a assuré le général Oligui.
Aucun mort ni blessé n'a été rapporté à ce jour.
L'Union africaine, l'Union européenne, l'ONU et une grande partie des capitales occidentales ont condamné le coup d'Etat mais en insistant généralement sur une "différence" avec les putschs dans d'autres pays du continent (huit en trois ans) parce qu'il a été précédé, selon elles, d'une élection manifestement frauduleuse.
"Un coup d'Etat institutionnel", a même souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
Depuis, le général Oligui a enchaîné, à un rythme effréné, des heures de discussions très médiatisées avec l'ensemble des "forces vives de la Nation": les clergés, les chefs d'entreprise, les syndicats, la société civile, nombre de partis politiques et anciens ministres, les ONG, les diplomates, les bailleurs de fonds, les journalistes... Il a consciencieusement pris des notes et répondu longuement aux interrogations et doléances.
- Corruption -
Le nouvel homme fort de Libreville martèle qu'il a fait de la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance son principal cheval de bataille avec le "redressement de l'économie" et la redistribution des revenus et richesses du pays aux populations.
Il a promis vendredi d'organiser, sans préciser quand, "des élections libres, transparentes, crédibles et apaisées". Mais ceci seulement après avoir fait adopter, "par référendum", une nouvelle Constitution pour des "institutions plus démocratiques" et "respectueuses des droits humains". "Sans précipitation", a-t-il précisé.
La junte n'avait pas encore levé le couvre-feu décrété par l'ancien pouvoir au soir de la présidentielle. Pourtant, la vie a repris son cours dès le lendemain du putsch.
Depuis le coup d'Etat, les télévisions publiques diffusent à l'envi des images de l'un des fils du président déchu, Noureddin Bongo Valentin, et d'autres jeunes hommes proches de lui ou de l'ex-Première dame, sa mère Sylvia Bongo, qui est "détenue" arbitrairement et au secret au Gabon, selon ses avocats.
Ils sont tous d'anciens hauts responsables de la présidence, montrés devant des malles, cartons et sacs débordant de liasses de billets de banque saisis à leurs domiciles, selon les nouvelles autorités.
Ces membres dits de la "jeune garde" entourant M. Bongo sont détenus notamment pour "haute trahison", "détournements massifs de deniers publics" et "falsification de la signature" du chef de l'Etat, selon les putschistes qui accusent, en écho à l'opposition depuis des années, des membres de la famille proche de M. Bongo de l'avoir "manipulé" en profitant des séquelles d'un grave AVC survenu en 2018.
G.Schulte--BTB