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Crue dans l'Himalaya: les opérations de secours progressent péniblement, près de 800 morts
Les opérations de secours progressent dans des conditions périlleuses dimanche au Népal et en Chine, pour tenter de retrouver des survivants quatre jours après la crue dévastatrice qui a causé près de 800 morts et des dégâts considérables.
Dans un environnement largement anéanti, les sauveteurs opèrent sous la menace permanente d'un nouveau déchaînement naturel.
Les autorités népalaises les ont une nouvelle fois appelés à la "prudence" en raison de l'augmentation du débit de la rivière Bhotekoshi, dans le district de Rasuwa.
Avec foreuses, pelleteuses et explosifs, les secours sont parvenus à se frayer un chemin jusqu'au tunnel du chantier du barrage hydroélectrique de Trishuli-3, où les autorités pensent qu'une centaine d'ouvriers sont piégés depuis la catastrophe.
"Des sauveteurs sont descendus avec des cordes en rappel dans le tunnel par la brèche et ont tenté d'entrer en contact avec ses occupants, mais ils n'ont pas obtenu de réponse", selon un point situation des services du Premier ministre.
- "Regardez toute cette boue" -
Les équipes népalaises sont assistées d'experts venus d'Inde, de Chine et de Corée du Sud.
Côté chinois, des secouristes qui interviennent au Tibet ont été "déplacés vers un lieu sûr" après la formation d'un nouveau lac de barrage, provoquée par un glissement de terrain, ont indiqué les médias d'Etat.
Selon les derniers bilans officiels encore très provisoires, un total de 797 corps - 781 côté népalais, 16 sur le versant tibétain - ont été exhumés depuis mercredi de la boue et des décombres.
Malgré les centaines de personnes déjà secourues et évacuées, les autorités des deux pays restent sans nouvelles de plus de 3.000 autres - 2.502 au Népal et 546 en Chine - dont des centaines d'étrangers.
"Les gens veulent absolument retrouver leurs proches, morts ou vifs, mais on n'y arrive pas (...) Regardez toute cette boue", a confié à l'AFP un secouriste népalais, Kawan Koirala.
Les proches des disparus ont continué dimanche à faire le siège du quartier général de campagne des secours, dans la localité de Bidur, et des hôpitaux de Katmandou, en quête d'information sur leur sort.
- "Aucune nouvelle" -
"Nous sommes sans nouvelle de mon frère et de son ami depuis mercredi matin à 8H30", a dit à l'AFP Sita Thapa Magar, 31 ans, devant l'hôpital Teahing de la capitale. "Tous les deux sont chauffeurs (...) il y a beaucoup de chauffeurs portés manquants mais personne n'en parle".
"J'ai fait le tour de tous les hôpitaux de Katmandou", a soupiré Gokarna Kunwar, accouru au Népal d'Arabie saoudite où il travaille pour retrouver la femme disparue de son patron. "Il n'arrête pas de m'appeler", a-t-il ajouté, "mais je n'ai aucune nouvelle à lui donner".
Quatre jours après le désastre, les autorités népalaises ont commencé à enterrer des victimes pour des raisons sanitaires, après en avoir prélevé des échantillons d'ADN pour que leurs familles puissent les identifier, les exhumer et ensuite les incinérer selon la tradition hindoue.
"De nombreux corps ont été récupérés et ils ont commencé à se décomposer", a justifié le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Amrit Bahadur Rai. C'est notamment le cas dans le district de Chitwan, dans le sud du pays, où les 250 cadavres récupérés plus d'une centaine de kilomètres en aval du désastre débordent de la morgue de sa principale ville Bharatpur.
Les corps ont été entreposés dans un autre bâtiment, où les familles tentent d'identifier les disparus sur des images vidéo.
- Réchauffement climatique -
"On est sans nouvelle de la femme de mon frère", explique un de ces proches, Vinod Kumar Basnet. "Mon frère est mort pendant le Covid et ses enfants attendent leur mère à la maison (...) Si je vois son corps, je pourrai leur dire qu'elle ne reviendra pas".
Même s'il est encore trop tôt pour une évaluation précise, le ministre népalais des Affaires étrangères Shisir Khanal estime à "plusieurs milliards de dollars" le coût de la reconstruction, et a fait appel à la solidarité internationale.
Après l'Union européenne notamment, les Etats-Unis ont annoncé samedi débloquer 3,6 millions de dollars d'aide humanitaire pour le Népal.
Experts et scientifiques attribuent la catastrophe à l'effondrement d'un énorme glacier qui a transformé, en un instant, une paisible rivière en un fleuve en furie.
"Le réchauffement climatique (...) rend des tragédies comme celle-ci, et tant d'autres à travers le monde, beaucoup plus probables, fréquentes et graves", a alerté Simon Stiell, responsable de l'ONU Climat.
"Le Népal émet moins de 0,01% des gaz à effet de serre, mais nous (...) sommes parmi les principales victimes du changement climatique", a séparément insisté le ministre Shisir Khanal, "ce combat doit être celui de tous".
burs-pa/ebl/clr
C.Bruderer--VB