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La FNSEA va passer la nuit devant l'Assemblée malgré l'annnonce d'une "loi d'urgence agricole"
Une nuit dans leurs tracteurs, devant l'Assemblée nationale: la FNSEA a annoncé mardi soir rester "pour la nuit" devant le palais Bourbon malgré la "loi d'urgence agricole" promise par le Premier Ministre dans la journée pour tenter de calmer la colère des agriculteurs.
"On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit", a déclaré Damien Greffin, l'un des vice-présidents de la FNSEA, afin de "mener un dernier combat".
Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu a pourtant annoncé "une loi d'urgence agricole" portant sur "plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production".
"Ce texte sera inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l'été", a promis le Premier ministre.
Des annonces dans un premier temps en partie saluées par Damien Greffin, avant que beaucoup, parmi la base des délégations agricoles, n'expriment leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force.
Devant ses troupes, le vice-président de la FNSEA a affirmé mardi soir vouloir "remonter au créneau" sur le "sujet de trésorerie, actuellement en discussion".
Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier "les possibilités de dérogation" à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d'engrais par les agriculteurs.
Cela s'ajoute à un paquet de "300 millions d'euros" annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d'autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.
- Divergences syndicales -
Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien -qui va jusqu'au Pas-de-Calais- ont lancé leurs tracteurs sur Paris.
Juste après les annonces, Damien Greffin avait salué des "avancées" sur la loi et sur le "moratoire" sur l'eau mais dénoncé une annonce "pas à la hauteur sur les nitrates".
Entrés à l'aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s'établir devant l'Assemblée nationale, avec duvets et matelas.
Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont stationné aux abords de l'Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.
La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X "la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations", en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.
La Confédération paysanne, qui a aussi emmené des tracteurs à Paris vendredi, a dénoncé dans un communiqué les demandes de la FNSEA sur l'eau qui ne "répondent pas à la colère".
- "Au bout du bout" -
"On est au bout du bout, ça fait trois ans qu'on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap", déclarait mardi matin devant l'Assemblée nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d'Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.
Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l'accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d'une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.
En fin de matinée, les manifestants ont échangé avec la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une séance le 10 février consacrée à l'application notamment de la loi Duplomb, réclamée par l'alliance FNSEA-JA.
À quelques jours de la signature de l'accord UE-Mercosur, les agriculteurs ont aussi multiplié leurs opérations ailleurs en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l'A1, ou au Havre. Sur l'A64, près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.
Au total, le ministère de l'Intérieur a recensé mardi 37 actions dans 25 départements avec 1.300 personnes et 650 engins.
bur-sb-mdz-cho-are-hrc-mca/jbo/gvy
C.Kreuzer--VB