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La sécurité renforcée en Inde, avant des manifestations du "parti du peuple des cafards"
La police indienne a renforcé samedi les mesures de sécurité dans la capitale New Delhi, à l'approche d'une manifestation d'un nouveau mouvement dit "Parti du peuple des cafards", pour exiger la démission du ministre de l'Education.
Le "Cockroach Janata Party" (CJP) a fait une apparition très remarquée dans le paysage politique indien et sur les réseaux sociaux plus tôt ce mois-ci à la suite de déclarations du président de la Cour suprême, Surya Kant.
Lors d'une audience, le magistrat a qualifié les jeunes qui critiquent le gouvernement de "cafards" ("cockroaches" en anglais) et de "parasites". Il s'est ensuite justifié en affirmant qu'il visait ceux qui utilisent de faux diplômes.
Le sigle du CJP est une référence au Bharatiya Janata Party (BJP, parti nationaliste indien) du Premier ministre Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014.
Le slogan du groupe - "un front politique de la jeunesse, par la jeunesse, pour la jeunesse" - est instantanément devenu viral sur les réseaux sociaux.
L’Inde encadre strictement le contenu publié sur les réseaux sociaux, et certains des comptes du CJP ont été bloqués.
Sur la plateforme Instagram, il affiche désormais plus de 22 millions d'abonnés, soit plus que le BJP avec neuf millions d'abonnés et le principal parti d'opposition, le Parti du Congrès, à 13 millions d'abonnés.
"Nous devons mener ce mouvement avec amour et paix", a déclaré Abhijeet Dipke, fondateur du mouvement satirique en ligne, dans un message publié sur les réseaux sociaux après son arrivée à New Delhi en provenance des États-Unis samedi matin.
M. Dipke, un étudiant de 30 ans à l'université de Boston, et ancien stratège en communication politique pour le parti d'opposition Aam Aadmi Party (AAP) a lancé ce mouvement en ligne le 16 mai.
M. Dipke a annoncé lundi son retour en Inde et appelé ses partisans à se rassembler le 6 juin dans la capitale pour exiger la démission du ministre de l'Education Dharmendra Pradhan, qui a fait l’objet de critiques en raison d’irrégularités, notamment des fuites de sujets d’examen et des problèmes techniques.
Samedi, la sécurité a été renforcée à l'aéroport et sur le site de la manifestation, avec des barricades d'acier installées aux points névralgiques.
Des véhicules de contrôle des émeutes et des fourgons de détention ont également été déployés, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Dans une publication sur Instagram plus tôt cette semaine, M. Dipke a déclaré que l'avenir de la jeunesse indienne était "en train d’être gâché".
Malgré une croissance économique rapide, des millions de personnes dans le pays peinent encore à trouver des emplois stables et bien rémunérés, ce qui alimente le mécontentement parmi les jeunes.
G.Schmid--VB