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BCE: vers une hausse des taux en décembre, pendant que Lagarde prépare sa sortie
BCE: vers une hausse des taux en décembre, pendant que Lagarde prépare sa sortie / Photo: © AFP/Archives

BCE: vers une hausse des taux en décembre, pendant que Lagarde prépare sa sortie

Christine Lagarde a affirmé jeudi vouloir retrouver sa "liberté de parole" après l'annonce de son départ anticipé de la présidence de la Banque centrale européenne, qui a éclipsé le débat sur une possible hausse des taux en décembre.

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Apparaissant tendue devant la presse, Christine Lagarde, qui portait encore les traces d’une récente intervention chirurgicale au visage, a voulu d'abord solder les questions sur la politique monétaire avant d'aborder celles autour de son départ anticipé.

Après des mois de spéculations, Mme Lagarde a annoncé jeudi son départ le 7 février de l'institution francfortoise, ouvrant une bataille de succession qui mobilise déjà les principales capitales de la zone euro.

Cette annonce a été communiquée par l'intéressée jeudi à la fin de la réunion à Francfort des 27 membres du Conseil des gouverneurs, après qu'ils ont, sans surprise, maintenu les taux d'intérêt à leur niveau, celui sur les dépôts restant fixé à 2,5 %.

Une décision prise après deux relèvements décidés cette année pour contenir les pressions inflationnistes alimentées par la hausse des prix de l'énergie liées aux tensions au Moyen-Orient.

Face à la hausse persistante des prix de l'énergie, le Conseil des gouverneurs a "débattu de l'opportunité d'une hausse des taux", a indiqué Christine Lagarde.

Mais face à un climat d'incertitude qui "s'accumule et s’accroît" et une inflation hors prix d'énergie "globalement inchangée", la décision a été prise "à l'unanimité" en faveur du statu quo monétaire, a-t-elle ajouté.

Selon elle, la BCE privilégie une approche monétaire "mesurée" en ce moment.

Mais une hausse des taux lors de la prochaine réunion de décembre semble se dessiner, tandis que l'institution disposera d'un éventail de données et de nouvelles projections économiques, étendues à l'année 2029.

"Si la situation que nous observons aujourd’hui, qui aurait pu justifier une hausse des taux, va être confirmée, dans ce cas, la direction à prendre est assez claire", a déclaré Mme Lagarde.

Les gardiens de l'euro doivent aussi composer avec la hausse des taux d'emprunt, a souligné Mme Lagarde. Un problème qui ne concerne pas que la France, un pays très endetté et où la volonté politique d'y remédier fait encore défaut.

Pour la BCE, cette remontée des rendements agit comme un durcissement monétaire supplémentaire en renchérissant le coût du crédit pour les ménages et les entreprises.

Aussi, les marchés s'interrogent sur le moment où la BCE pourrait être amenée à intervenir, surtout en cas de contagion à d'autres pays de la zone euro.

La BCE a des "instruments" pour réagir à des "fluctuations de marché injustifiées et désordonnées", a rappelé Mme Lagarde.

Elle pourrait notamment activer son Instrument de protection de la transmission (TPI), qui permet en théorie des achats massifs d'obligations d’État pour contenir les tensions sur les marchés.

Mais leur utilisation ne paraît pas adaptée pour le moment s'agissant de la France, où les difficultés liées aux coûts d'emprunt résultent surtout d'un contexte politique et économique.

- Liberté de parole -

En juin, Christine Lagarde assurait qu’ "un capitaine ne quitte pas le navire" en pleine tempête. Jeudi, elle a défendu son départ anticipé, estimant cependant qu’une telle décision n’arrive "jamais au bon moment".

Obligée de rester neutre en tant que banquière centrale, elle a déclaré vouloir retrouver "la liberté de parole, la liberté d’expression et la liberté de m’engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire", à quelques mois de l'élection présidentielle en France.

"Je m’intéresse à la vérité et je constate que celle-ci est très souvent abîmée, contredite par des représentations erronées", a souligné l'ancienne locataire de Bercy, alors que la campagne présidentielle démarre dans un climat irrespirable.

En quittant son poste dès février, Christine Lagarde laisse aussi la possibilité au président français Emmanuel Macron, qui va quitter l'Elysée au printemps 2027, de participer à la désignation d'un successeur.

Plusieurs noms circulaient déjà depuis des mois, parmi lesquels l'ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot et Pablo Hernández de Cos, actuel responsable à la Banque des règlements internationaux (BRI).

Le processus de nomination doit être finalisé d'ici à la fin de l'année par les dirigeants de la zone euro.

R.Fischer--VB