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"Tout sauf Trump": près de Miami, le malaise latino
"Tout sauf Trump": près de Miami, le malaise latino / Photo: © AFP

"Tout sauf Trump": près de Miami, le malaise latino

Maria Fernanda Perez pensait "que l'économie allait s'améliorer" avec Donald Trump mais se sent aujourd'hui "triste et déçue" : comme d'autres à Doral, près de Miami, cette vendeuse de petits pains vénézuéliens incarne une certaine prise de distance de l'électorat latino avec le président américain.

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À l'approche des élections législatives de mi-mandat, mal embarquées pour le camp républicain, cette trentenaire préfère ne pas dévoiler son vote mais ce sera "tout sauf Trump", lance-t-elle avec emphase à l'AFP.

Depuis que le milliardaire républicain est revenu au pouvoir début 2025, trois de ses employés ne viennent plus travailler et son chiffre d'affaires a plongé de 40 %, face aux craintes de la communauté latino de s'aventurer dans les rues à cause des opérations à répétition de la police de l'immigration (ICE), chargée de mener l'offensive promise par Donald Trump.

"Toute ma famille, tous mes amis (...) ont arrêté de travailler, arrêté de vivre leur vie", décrit-elle.

"La peur a chassé beaucoup de travailleurs", confirme entre deux portes la responsable d'un autre restaurant.

D'autres commerçants évoquent également des employés aux abonnés absents et des affaires en berne.

- "Pression psychologique" -

Aux États-Unis, le désenchantement grandit parmi la communauté latino. Près de la moitié d'entre eux ont choisi Donald Trump en 2024 mais ils sont désormais deux sur trois à avoir une opinion défavorable du président républicain, selon un récent sondage du New York Times et du Siena College.

Dans la même enquête, 78% d'entre eux disent préférer que l'opposition démocrate s'empare du contrôle du Congrès, pour l'heure entre les mains républicaines.

Dans les rues de Doral - surnommée "Doralzuela" pour son importante population d'origine vénézuélienne - on s'ouvre peu sur son vote, pas plus que sur les descentes d'ICE. Mais dès l'aube, on communique sur des groupes de discussion pour signaler la présence de ses agents ou une arrestation.

Carlos Bermudez, avocat de 47 ans, lui aussi d'origine vénézuélienne, raconte recevoir sans cesse des appels de gens enferrés dans des procédures d'immigration.

"Ils ne sortent pas dans la rue, ils ne peuvent plus aller au travail. C'est une pression psychologique permanente qui touche toute la communauté", décrit-il.

- Républicain, mais... -

Lui-même est bousculé dans ses convictions politiques.

"Je suis républicain, parce que je viens d'un pays dans lequel le communisme s'est implanté et que je ne veux pas continuer dans cette voie, mais je ne suis pas d'accord avec ce que fait actuellement l'aile extrême du parti", confie-t-il.

Pour Rafael Pineyro, conseiller municipal de Doral rencontré par l'AFP à la mairie, lui aussi d'origine vénézuélienne et républicain, le ressentiment vis-à-vis de Donald Trump dépasse sa ville, et gagne "toute la population latino du sud de la Floride".

"Il y a de l'incertitude, il y a de la peur. Ça ne va pas, parce que ce n'est pas ce qui avait été promis en 2024 quand on parlait (d'expulsion) de criminels", résume-t-il.

Les choix politiques de Donald Trump pourraient coûter cher dans les urnes aux républicains dans une zone où ils avaient considérablement progressé parmi l'électorat cubain, vénézuélien, et latino-américain en général au cours des dernières années, estime l'élu local.

La perspective de prolonger cette percée électorale "s'est évanouie de plus en plus au fil des derniers mois à cause des mauvaises décisions en matière d'immigration et d'économie en particulier", juge-t-il.

D.Bachmann--VB