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L'UE appelle la France à "la clarté budgétaire"
L'UE appelle la France à "la clarté budgétaire" / Photo: © AFP

L'UE appelle la France à "la clarté budgétaire"

Valdis Dombrovskis, le commissaire européen aux Affaires économiques, a appelé mardi la France à adopter son projet de budget "ambitieux" afin d'offrir "clarté" et "visibilité" aux marchés à l'heure où s'envolent ses rendements obligataires.

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"Le gouvernement a présenté un projet de budget ambitieux visant à réduire le déficit public. Il est important que ce budget soit adopté afin d'offrir de la visibilité aux marchés, car une incertitude prolongée pèserait inévitablement sur les rendements. La clarté budgétaire est essentielle", a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP.

Ces déclarations interviennent alors que l'examen du budget 2027 démarre mardi à l'Assemblée nationale, avec l'ambition de retrouver l'an prochain un déficit à 5% du PIB. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l'approche de l'élection présidentielle.

Or, sur le marché de la dette, la France pâtit particulièrement des interrogations sur sa stabilité économique et politique: son taux d'emprunt à 10 ans s'approche des 5%.

Pour autant, bien que la France soit la deuxième économie de la zone euro, M. Dombrovskis n'y voit pas de danger "immédiat" pour la stabilité financière de l'UE.

"La maturité moyenne relativement longue de la dette souveraine dans la zone euro fait qu'il faut du temps pour que cette situation entraîne une hausse substantielle des coûts du service de la dette" pour les Etats, explique-t-il.

Les États membres "disposent donc d'une marge de manœuvre dans le temps, mais ils doivent procéder aux ajustements nécessaires et veiller à la viabilité de leurs finances publiques", insiste le commissaire européen.

Lors de cet entretien en marge des assemblées du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Bangkok, M. Dombrovskis a aussi pointé le contexte d'inflation persistant lié à la flambée des prix de l'énergie, qui assombrit la conjoncture.

"Nous voyons déjà que le choc d'inflation consécutif au conflit au Moyen-Orient et à l'escalade de la guerre en Iran va être plus prolongé", a-t-il reconnu. "Il y a donc une forte probabilité que nous révisions à la hausse notre prévision d’inflation pour 2027".

-"Déséquilibres mondiaux"-

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, afin de tenter de faire baisser les prix des produits pétroliers.

Mais selon le commissaire européen, cet accord n'aura probablement guère d'impact sur le prix des carburants.

"Si l'on considère les volumes (de diesel russe), ils ne présentent aucune importance macroéconomique. Franchement, on peut sérieusement douter que la Russie soit même en mesure de fournir de tels volumes, et au regard des normes de qualité américaines, c'est un énorme point d'interrogation", a-t-il estimé.

Dans le même temps, Bruxelles réaffirme son appui à Kiev: l'UE va solliciter ses partenaires internationaux pour renforcer le soutien financier à l'Ukraine, cette semaine à Bangkok, où sont réunis les ministres des Finances et banquiers centraux du globe, a insisté le responsable letton.

Autre sujet de préoccupation à ses yeux: le déséquilibre des échanges commerciaux entre l'UE et la Chine.

"L'an dernier, nous avions un déficit commercial d'environ 360 milliards d'euros, près d'un milliard d'euros par jour. Ce sont des relations très déséquilibrées, ce n'est pas durable", a-t-il déploré.

Certes, Pékin a accepté vendredi de "modérer" le flux de véhicules hybrides dans l'UE, une décision susceptible de stopper l'arrivée de millions de véhicules chinois sur le marché européen dans les prochaines années.

Mais pour Valdis Dombrovskis, il faut aller plus loin: "Nous discutons actuellement de l'automobile, mais nous avons besoin de ce rééquilibrage sur un plus large éventail de secteurs", a-t-il insisté.

Lors des réunions de haut niveau de Bangkok cette semaine, il entend aborder plus généralement la question des "déséquilibres économiques mondiaux et la façon d'y remédier."

"Nous connaissons le diagnostic: la Chine doit dépenser davantage, les États-Unis doivent dépenser moins, et l'Europe doit investir davantage. Mais bien sûr, il sera important de passer de l'idée à l'action, de voir comment nous nous y prenons concrètement", avertit-il.

R.Kloeti--VB