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Huit jours après le "tsunami himalayen", le défi de l'aide aux sinistrés
Au défi des secours, des évacuations et de l'identification des victimes s'est ajouté celui de l'aide. Huit jours après la crue dévastatrice qui a frappé le Népal et la Chine, l'ONU a insisté jeudi sur les difficultés de ravitailler les dizaines de milliers de sinistrés.
Le bilan toujours très provisoire de la catastrophe ne finit pas de s'aggraver, à 1.273 morts - 1.252 sur le sol népalais et 21 dans le territoire chinois du Tibet - et 4.757 disparus - respectivement 4.216 et 541 - selon les derniers chiffres officiels.
Parmi les personnes portées manquantes figurent environ 800 étrangers, touristes, pèlerins ou ouvriers.
Les autorités népalaises, citées par l'ONU, ont dénombré en outre près de 85.000 sinistrés, privés désormais de toit par le déferlement le 26 août de l'immense vague d'eau, de glace et de débris causée par l'effondrement d'un glacier et d'une partie de la montagne.
Lors d'un point d'information jeudi devant les diplomates étrangers, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a évoqué un "tsunami himalayen".
"La magnitude du désastre, la magnitude des destructions sont tout simplement inimaginables", a renchéri face à la presse Lila Pieters Yahia, coordinatrice des agences onusiennes à Katmandou.
La crue a emporté sur son passage bâtiments, ponts, routes et infrastructures de la région, notamment les barrages hydroélectriques en service ou en chantier, désormais ensevelis sous une mer de boue.
"L'accès (aux sinistrés) reste très, très, très difficile", a relevé Mme Yahia, "il y aura toujours des brèches ici et là, mais nous faisons tous de notre mieux".
Dans les secteurs les plus isolés, le ravitaillement en nourriture, en eau et en équipement n'est possible que par hélicoptère, par drone et, si nécessaire, par porteur, dans la tradition des sherpas himalayens.
"Le Népal a mobilisé toutes les ressources possibles mais nous reconnaissons que l'ampleur et la complexité de ce désastre requièrent le soutien et la solidarité internationale", a déclaré le porte-parole de la diplomatie népalaise, Lok Bahadur Poudel Chhetri.
Entre autres besoins urgents, il a énuméré pêle-mêle drones gros-porteurs, ponts de secours, sacs mortuaires ou kits d'identification ADN...
- "Plus de survivants" -
Huit jours après le désastre, les opérations de secours se poursuivent sans relâche, dans l'espoir de plus en plus infime de retrouver des survivants.
Côté népalais, des équipes de sauveteurs poursuivent la difficile exploration de plusieurs tunnels situés sur les sites de centrales hydroélectriques ou de barrages en construction qui ont été balayés par la crue, selon le dernier point de situation publié par l'armée.
Plus de 600 salariés ou ouvriers employés sur ces sites ou chantiers sont encore portés disparus, selon l'autorité. Les secours n'ont à ce jour retrouvé dans ces tunnels qu'une poignée de corps.
Ces derniers jours, les familles qui ont pu récupérer et identifier les corps de leurs proches ont commencé à les incinérer selon la tradition hindoue.
D'autres, toujours sans nouvelles de leurs proches, continuent à faire la tournée des hôpitaux ou du bureau de la police touristique dans la capitale Katmandou, dans l'espoir d'obtenir des informations sur leur sort.
Des centaines de proches ont également confié aux autorités un échantillon de leur ADN, afin de permettre l'identification des cadavres exhumés par les secours.
"Je n'espère plus de survivants", a confié à l'AFP un ressortissant américain, Sanjeev Rai, dont l'épouse participait à un pèlerinage dans la région sinistrée. "J'espère que l'ADN permettra de l'identifier", a-t-il ajouté, "je veux pouvoir faire mon deuil".
Le Premier ministre népalais Balendra Shah a imputé le désastre au réchauffement de la planète.
"(Ce qui s'est passé) est un avertissement sérieux que, avec le changement climatique, les risques auxquels nous sommes confrontés dans l'Himalaya augmentent", a-t-il dit devant le Parlement.
De nombreux travaux scientifiques ont révélé que la chaîne himalayenne se réchauffait plus vite que la moyenne, causant une fonte accélérée des glaciers qui augmentent les risques de catastrophe naturelle.
L.Wyss--VB