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Tensions autour de la sécurisation du site Fibre Excellence de Tarascon
Plusieurs dizaines de salariés de l'entreprise Fibre Excellence à Tarascon (Bouches-du-Rhône), en liquidation judiciaire, bloquent le site de l'usine, empêchant depuis deux jours l'accès aux techniciens chargés de sa sécurisation, a-t-on appris de sources syndicales et judiciaire.
Depuis jeudi, l'entreprise désignée par le juge-commissaire pour assurer la maintenance et la sécurité du site est empêchée d'accéder au site, a expliqué à l'AFP Alix Brenac, mandataire judiciaire qui lance "un appel à la responsabilité de tous".
"Il s'agit de mettre à l'arrêt partiellement des unités qui tournent sur ce site pour éviter et limiter les risques", a-t-il expliqué.
"Ne pas pouvoir procéder à cet arrêt est source de risques, il s'agit vraiment d'une mise en sécurité", a-t-il insisté.
De leur côté, les salariés qui bloquent l'accès de l'usine affirment assurer "la surveillance et la mise en sécurité" du site classé "Seveso seuil bas" qui, selon la CGT, abrite "plus de 11.000 m3 de produits dangereux".
"Il n'est pas question qu'une société non formée vienne assurer la sécurité du site, et encore moins dans les conditions que fixe le liquidateur", a affirmé à l'AFP le délégué syndical CGT, Jean-Michel Bulinge, présent sur place.
Le mandataire judiciaire assure de son côté que l'entreprise mandatée pour la sécurisation est un "acteur classique" habitué de ce type d'opérations.
Par ailleurs, fait-il valoir, le maintien de certaines activités de l'usine par les salariés génère une dépense de consommation électrique inutile de l'ordre de "50 à 60.000 euros par semaine".
Depuis le 29 juillet, date de la mise en liquidation de l'usine Fibre Excellence de Tarascon, une quarantaine de salariés sur les 270 que comptait l'entreprise se relaient 24H/24 pour assurer la sécurité des installations, selon les syndicats.
Fibre Excellence, qui possédait les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon, et employait environ 700 salariés, a été placée en redressement judiciaire fin avril.
Le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté le 27 juillet l'offre de reprise de l'ensemble du groupe, présentée par le financier Matthieu Pigasse, avec un soutien des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d'Azur, et prononcé dans la foulée la liquidation du site de Tarascon.
Seule l'usine de Saint-Gaudens fait encore l'objet d'une offre de reprise, qui doit être finalisée d'ici le 3 septembre et a encore besoin d'être "améliorée", selon la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.
E.Gasser--VB