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Les Etats-Unis ne veulent pas d'un accord avec l'Iran "à n'importe quel prix"
En tournée dans les pays du Golfe, le secrétaire d'Etat américain a dit jeudi que l'accord avec l'Iran ne devait pas se faire à "n'importe quel prix", craignant notamment un "chaos total" si Téhéran rendait payant le passage dans le détroit d'Ormuz.
"Même si nous voulons un accord, nous ne voulons pas d'un accord à n'importe quel prix", a lancé Marco Rubio depuis le Bahreïn devant ses pairs des pays du Golfe.
Il faisait référence notamment à la situation dans le détroit d'Ormuz, point de contentieux majeur. L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre. Possibilité rejetée en bloc par Washington.
Ce passage maritime large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et Oman, est ultra-stratégique: 20% du commerce mondial d'hydrocarbures y transitait avant la guerre.
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti jeudi le secrétaire d'Etat américain.
La situation semble aussi se tendre entre l'Iran et son voisin d'en face. Oman a annoncé l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une initiative concertée avec l'ONU.
- le baril à son niveau d'avant-guerre -
Mais les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont menacé de répondre par des "mesures appropriées" à toute tentative de traversée sans leur autorisation préalable.
Une situation qui ne semble pas pour l'heure peser sur les cours du pétrole, qui avaient flambé depuis fin février à cause de la fermeture d'Ormuz. Ils ont désormais retrouvé leur niveau d'avant la guerre : le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait autour de 72 dollars jeudi.
Le chef de la diplomatie américaine, en tournée aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, s'est aussi employé à rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran.
"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a insisté Marco Rubio.
Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.
L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.
Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, selon Marco Rubio.
- l'Otan mis en cause par l'Iran -
Mais de nombreuses divergences subsistent - le détroit d'Ormuz mais aussi l'épineux dossier du nucléaire. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.
La Maison Blanche a d'ailleurs dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.
Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.
Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais défend son droit à une filière civile complète.
L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.
"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.
Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait estimé mercredi que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.
Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays, qu'Israël occupe désormais en partie.
burx-san/mdh
E.Burkhard--VB