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Mélenchon, comparé à Jean-Marie Le Pen, s'excuse d'avoir "déformé par erreur" le nom de Glucksmann
Jean-Luc Mélenchon a offert lundi un rare mea culpa en se disant "désolé" d'avoir "déformé par erreur" les noms de plusieurs personnalités dont celui de l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, ce qui lui avait valu d'être comparé à un "Jean-Marie Le Pen de notre époque".
Lors d'un meeting à Perpignan dimanche, le chef de la gauche radicale a fait référence à l'eurodéputé social-démocrate, prononçant d'abord son nom "Glucksman" puis, en se reprenant, "Glucksmane".
Ses propos ont réactivé des accusation d'antisémitisme dont il se défend. Quelques jours plus tôt, il avait déjà été critiqué pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive du criminel sexuel Jeffrey Epstein, en se demandant si la prononciation "Epstine" ne visait pas à le russifier.
Le leader de La France insoumise a affirmé lundi sur X avoir "déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours" à Perpignan, comme celui de Donald Trump ou du candidat insoumis Mickaël Idrac.
"Celui de Glucksmann provoque des réactions alors même que j'ai rectifié sur le champ. J'en suis le premier désolé pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m'y reprendra pas", a-t-il dit.
Le geste est notable pour le tribun de 74 ans qui s'est fixé pour ligne de ne jamais reculer face aux controverses politiques et médiatiques.
Raphaël Glucksmann, candidat potentiel comme Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de l'an prochain, l'avait qualifié plus tôt de "Jean-Marie Le Pen de notre époque".
"Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l'extrême droite française et de l'antisémitisme", avait-il dit.
D'autres personnalités politiques, comme le député socialiste Jérôme Guedj ou l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, ont aussi comparé l'insoumis à Jean-Marie Le Pen.
Le défunt fondateur du Front national avait été condamné à plusieurs reprises par la justice pour des propos sur les Juifs ou la Seconde guerre mondiale. Il avait notamment suscité l'indignation avec un jeu de mot resté célèbre, "Durafour crématoire", associant en 1988 le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis.
LFI traverse une tempête politique depuis la mise en cause de collaborateurs de son député Raphaël Arnault dans l'enquête sur la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon.
Au cours des dernières semaines jalonnées par les polémiques, le mouvement mélenchoniste s'était arc-bouté sur ses positions quitte à creuser le fossé avec les autres partis de gauche.
Un choix qui comporte des risques, à moins de deux semaines d'élections municipales vues comme un test pour la présidentielle de 2027. Le parfum de scandale qui entoure LFI pourrait saborder les potentielles alliances au second tour.
- "Eaux brunes" -
Pour l'instant, le PS et les Ecologistes n'ont pas complètement fermé la porte à des rapprochements avec LFI, "au cas par cas", entre les deux tours des municipales des 15 et 22 mars. Même si des voix à gauche, comme celles de Raphaël Glucksmann ou de l'ancien président socialiste François Hollande, appellent à couper les ponts.
Malgré ces critiques, dans certaines villes comme Toulouse, les listes de gauche pourraient avoir bien du mal à faire sans les Insoumis.
Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, réagissant aux dernier propos de Jean-Luc Mélenchon, a estimé que "tout ça finira mal", dénonçant "ce qui n'est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux brunes de l'antisémitisme".
La députée du mouvement de gauche L'Après et ex-Insoumise Clémentine Autain a elle estimé que M. Mélenchon "est désormais un naufragé volontaire" en critiquant "la soumission des dirigeants insoumis".
Le socialiste Jérôme Guedj a aussi exprimé sa "solidarité" envers le collectif "Nous vivrons", créé après les attaques du Hamas du 7-Octobre 2023 pour lutter contre l'antisémitisme, qualifié dimanche par M. Mélenchon de "petite bande fasciste soutenue par le PS parisien".
Jean-Luc Mélenchon avait réaffirmé dimanche qu'il n'est "pas antisémite", avant d'accuser ses détracteurs de s'être "tiré une balle dans le pied" en faisant eux-mêmes "le rapprochement entre Epstein et sa religion".
Lundi, il a accusé l'extrême droite de vouloir "provoquer une inversion".
Le Rassemblement national, qui veut parachever son opération de dédiabolisation, a attaqué avec force LFI et appelé les autres formations à lui faire barrage aux prochaines élections - une stratégie dont le parti à la flamme est généralement la cible.
"Elle veut nous attribuer un antisémitisme qui, comme tous les racismes, reste son code génétique", a insisté Jean-Luc Mélenchon.
D.Schlegel--VB