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La Turquie accro au charbon en veut toujours plus
Kaddafi Polat évoque rarement sa santé. Depuis des décennies qu'il respire l'air noir de son village, au pied des cheminées de la centrale à charbon de Çogulhan, dans le sud de la Turquie, il s'inquiète surtout pour celle de ses enfants.
Une fine poussière se dépose sur les voitures, le linge et dans les rues étroites de cette localité du district d'Afsin, dans la province de Kahramanmaras, recouvrant d'un voile gris la vie quotidienne et le terrain de jeu délaissé.
Afsin-Elbistan est l'une des centrales les plus polluantes du pays, selon les associations écologistes. Et bien que la Turquie accueille la prochaine conférence climat (COP) des Nations unies, en novembre, le gouvernement veut encore l'agrandir.
"Quand le bus arrive le matin, la poussière vole de partout", confie à l'AFP M. Polat, 52 ans, assis au café.
"Les enfants respirent cet air, qu'est-ce qu'il leur arrivera à 30 ou 40 ans ?", s'interroge-t-il.
La plupart des dix mille habitants de la localité ont fui à cause de la pollution. Il n'en reste que quelques centaines.
Une tour de l'horloge solitaire surplombe les maisons délabrées. Les cheminées de la centrale dominent l'horizon, crachant des panaches de cendres et de fumée.
Ceux qui restent sont pauvres ou ne veulent pas abandonner leur terre, affirme M. Polat.
"Vivre ici, c'est du suicide. J'ai vu la pollution transformer tout: les gens, les animaux, la terre et même les arbres", soupire-t-il.
- Un leader en matière de climat ? -
La centrale semi-publique d'Afsin-Elbistan, ouverte en 1984, est l'une des plus grandes de Turquie. Elle produit 2.795 megawatts d'électricité en brûlant du lignite, la forme la plus polluante du charbon, extrait du bassin d'Afsin-Elbistan qui concentre 40% des réserves nationales.
L'annonce du gouvernement d'une prochaine extension alarme les associations écologistes et sonne l'alerte alors que la Turquie accueillera la COP en novembre avec, pour thème majeur, la transition énergétique.
"Si la Turquie prend la présidence de la COP31 en se prétendant leader en matière de climat mais continue d'investir dans les énergies fossiles, dont le charbon, elle va devoir résoudre ce paradoxe", affirme Emel Türker Alpay, responsable climat de Greenpeace Turquie, à l'AFP.
Contactée par l'AFP, la direction de la centrale a refusé tout commentaire.
Le charbon représente toujours un tiers de la production d'électricité de la Turquie en 2025, selon les chiffres du ministère de l'Energie.
- "Le gouvernement doit choisir" -
Interrogé la semaine dernière sur la dépendance accrue au charbon du pays, le ministre de l'Environnement Murat Kurum, censé présider la COP, a jugé que "le sujet ne peut pas être réduit aux énergies fossiles", lors d'une conférence de presse à Istanbul au côté du chef de la Convention climat de l'ONU, Simon Stiell.
Pour Lütfi Tiyekli, directeur de la chambre des médecins de Kahramanmaras, le gouvernement "doit choisir entre l'électricité de cette centrale et la santé publique".
"Ici les gens souffrent sous nos yeux de cancers, de maladies pulmonaires chroniques et d'asthme", affirme-t-il à l'AFP.
"Les habitants meurent. Pas un seul foyer du village n'est épargné par le cancer", abonde Mehmet Dalkanat, militant écologiste atteint de problèmes respiratoires chroniques.
Son fils Ali qui travaillait comme agent de sécurité à la centrale a fini par partir en 2020, atteint d'une bronchite sévère.
- "L'extension nous tuera tous" -
La pollution de l'air reste bien au-dessus des seuils de sécurité définis par l'Organisation mondiale de la santé, selon Deniz Gümüsel de la Plateforme pour le droit à l'air pur.
Les niveaux de particules fines sont de 2,5 à 3 fois plus élevés, selon elle. Ceux des particules PM10 sont plus de huit fois supérieurs à la valeur recommandée par l'OMS (15 microgrammes/m3).
Pour Mehmet Dalkanat, l'extension porterait un coup fatal au village.
"Construire une nouvelle centrale ici, alors que le monde se détache du charbon, condamnerait la région", martèle-t-il.
Mais à Çogulhan, les habitants ont baissé les bras.
"Regarde: là où j'ai marché, mes pas ressortent comme si c'était de la neige", désigne Eyüp Kisa, 62 ans. "S'ils agrandissent cette centrale, nous mourrons tous", prévient-il.
L.Wyss--VB