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La possible arrivée de Luca de Meo chez Kering ravit les investisseurs
La possible arrivée de Luca de Meo, qui vient d'annoncer son départ de Renault, à la direction générale du géant du luxe Kering, dans la tourmente depuis plusieurs mois, a fait décoller le titre en Bourse lundi.
Si le groupe de luxe ne fait aucun commentaire à ce stade, la veille, le patron de Renault, 58 ans, a annoncé qu'il lâchait le volant et selon le Figaro, ce serait pour prendre la barre chez Kering.
Vendredi, le magazine Challenges dévoilait que l'actionnaire majoritaire et actuel PDG de Kering, François-Henri Pinault, 63 ans, travaillait "à la dissociation des fonctions de président et de directeur général de son groupe", identifiant deux profils internes et une piste externe pour ce poste.
François-Henri Pinault est PDG depuis 2005 du groupe créé par son père François Pinault et qui s'appelait alors PPR (Pinault-Printemps-Redoute) avant d'être rebaptisé Kering en 2013.
A la Bourse de Paris lundi en fin de matinée, Kering bondissait de près de 10% à 189,74 euros dans un marché en légère hausse de 0,69%.
"Kering a besoin de changement car la performance du groupe a continué de se détériorer", estime la banque Bernstein dans une note.
"Le titre Kering a perdu -28% depuis le début de l'année et -78% depuis son plus-haut mi-2021, un recul largement tiré par une diminution des ventes de sa marque phare, Gucci", poursuit-elle.
Les ventes de Kering, plombée Gucci qui représente 44% du chiffre d'affaires du groupe et les deux tiers de sa rentabilité opérationnelle, ont baissé au premier trimestre 2025 à 3,88 milliards d'euros (-14%).
En 2024, le chiffre d'affaires du groupe a plongé de 12% à 17,19 milliards d'euros et le bénéfice net s'est effondré de 64% à 1,13 milliard d'euros.
- "Expérience" -
"Nous pensons que monsieur de Meo (...) en tant qu'outsider, sera plus enclin à prendre des décisions difficiles et à donner de la profondeur à l'équipe actuelle de directeurs généraux adjoints (Francesca Bellettini et Jean-Marc Duplaix) et directrice financière (Armelle Poulou), tous des profils internes", soulignent les analystes de RBC Capital Markets.
Luca de Meo a trouvé, lors de son arrivée à la tête de Renault en 2020, une entreprise traumatisée par plus d'un an de crise, dans le sillage de l'affaire de son ex-dirigeant Carlos Ghosn, entre chute des ventes et cadres dépités qui claquaient la porte.
Cet Italien francophone a accéléré l'électrification du constructeur, également propriétaire des marques Dacia, Alpine et Lada, et sa montée en gamme pour relancer le groupe.
Il a toutefois passé toute sa carrière dans le secteur automobile et n'est jamais passé par le secteur du luxe. Ce type de transfert entre deux secteurs est d'ailleurs rare au sein du CAC 40.
"De Meo est perçu comme l'un des principaux contributeurs du redressement de Renault. Cette annonce va probablement être bien accueillie à court terme. Cependant, le redressement des marques de luxe est devenu plus complexe, plus long, plus coûteux et beaucoup moins favorable au marché ces dernières années", estiment ainsi les analystes de Citi.
"Nous nous demandons si Luca de Meo a une expérience adaptée au secteur du luxe malgré ses bons résultats en matière de redressement d'entreprise et de vision stratégique", abondent les analystes de RBC Capital Markets.
Ils rappellent que "plusieurs décisions importantes ont récemment été prises chez Kering, notamment la nomination de nouveaux directeurs artistiques chez Gucci, Balenciaga, Yves Saint Laurent et Bottega Veneta.
Le groupe a nommé mi-mars le créateur géorgien Demna, venu de Balenciaga, comme nouveau directeur artistique de Gucci à la place du styliste napolitain Sabato De Sarno, une annonce mal accueillie par le marché.
K.Sutter--VB