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Hausse des budgets de défense: l'Otan "proche" d'un accord sur les demandes de Trump
L'Otan est "très proche" d'un accord pour dépenser beaucoup plus pour sa sécurité, s'est félicité jeudi le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, venu en mission au siège de l'Alliance à Bruxelles pour convaincre ses alliés européens de la nécessité de ne plus dépendre des Etats-Unis.
"La raison pour laquelle je suis ici est de m'assurer que tous les pays de l'Otan comprennent que (...) chaque pays doit contribuer à hauteur de 5%", a martelé jeudi l'ancien journaliste de Fox News.
Le président américain Donald Trump exige des Alliés européens, et du Canada, qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur défense, sous peine de ne plus garantir leur sécurité.
Et l'objectif semble en voie d'être atteint, a assuré M. Hegseth devant quelques journalistes.
"De la France à l'Allemagne, aux pays baltes, aux pays nordiques, à la Pologne, à la Grèce, à la Hongrie, et tant d'autres, l'engagement est là: 5% de dépenses de défense", a-t-il encore affirmé. Un engagement qu'il juge indispensable au moment où Washington réclame des Européens qu'ils prennent leur sécurité en mains.
"Notre message restera clair. Il s'agit de la dissuasion et de la paix par la force, mais pas de la dépendance. Il ne peut s'agir et ne s'agira pas de dépendre de l'Amérique dans un monde où les menaces sont nombreuses", a ainsi averti le ministre américain.
Inquiet d'un éventuel désengagement américain de leur continent, et face à la menace russe, les Européens se disent prêts à augmenter leurs dépenses militaires. Mais tous n'affichent pas la même volonté.
"Il y a quelques pays qui ne sont pas encore tout à fait là. Je ne citerai aucun nom, nous ne le faisons pas entre amis dans cette salle. Nous les y amènerons" a assuré sur ce point M. Hegseth.
Plusieurs pays de l'Otan, dont l'Espagne, la Belgique ou l'Italie, peinent déjà à atteindre l'objectif de 2% fixé il y a plus de dix ans lors d'un précédent sommet de l'Alliance. Moins sensibles à la menace russe, ils rechignent à s'engager sur des pourcentages aussi élevés.
- Addition de deux dépenses -
Pour assurer le succès du sommet de La Haye, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a certes proposé un chiffre global de 5%, mais sous la forme d'une addition de deux types de dépenses.
Il suggère de porter le niveau des dépenses militaires stricto sensu à 3,5% du PIB d'ici 2032, et dans le même temps de porter à 1,5% du PIB toutes celles liées à la sécurité, au sens large, comme la protection aux frontières, la mobilité militaire ou encore la cybersécurité.
Cet objectif apparaît plus facilement atteignable dans la mesure où il concerne des dépenses duales, civiles et militaires, déjà engagées ou prévues par les Etats.
L'objectif de 3,5% correspond, lui, au financement des capacités indispensables pour assurer la défense de l'Otan au cours des prochaines années, au moment où la Russie ne cesse de renforcer son armée.
"Moscou prépare déjà son prochain coup", a averti mercredi l'ambassadeur américain à l'Otan Matthew Whitaker, soulignant que, face à ces menaces russes, les pays de l'Otan n'avaient "pas le choix".
Mais pour l'Allemagne, première économie européenne, respecter les nouveaux objectifs de l'Otan va représenter, entre autres, 50.000 à 60.000 soldats supplémentaires pour la Bundeswher. Et pour parvenir à 3% de PIB en dépenses militaires, il lui en coûtera quelque 125 milliards d'euros par an, a assuré jeudi le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius.
Mais M. Rutte reste optimiste. "Je suis vraiment, absolument, positivement convaincu que lors du sommet nous parviendrons à un accord en ce qui concerne cette très forte augmentation des dépenses de défense", a-t-il affirmé devant la presse.
Pete Hegseth, déjà absent mercredi lors d'une réunion avec l'Ukraine, a quitté l'Otan jeudi en fin de matinée, sans participer au déjeuner de travail prévu avec ses collègues de l'Alliance et son homologue ukrainien Roustem Oumerov.
F.Fehr--VB