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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Ukraine, défense: les 27 à Bruxelles pour répondre au désengagement américain
Les dirigeants des vingt-sept pays de l'UE se retrouvent jeudi à Bruxelles pour un sommet extraordinaire destiné à muscler la défense européenne au moment où Donald Trump met à mal l'alliance transatlantique et gèle son aide militaire à l'Ukraine.
A quelques heures du début du sommet, auquel il doit participer, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à ne pas relâcher la pression exercée sur la Russie "pour qu'elle mette fin à cette guerre".
Face à la menace russe et à celle du désengagement américain, les lignes bougent: dans un virage longtemps inimaginable, l'Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu'ici apôtre d'une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même - à la stupéfaction de nombreux diplomates européens - de plaider pour une réforme du "corset budgétaire" de l'UE.
Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, la Commission européenne a dévoilé un plan pour "réarmer l'Europe" visant à mobiliser quelque 800 milliards d'euros. Parmi les pistes évoquées, la possibilité pour les Etats membres d'accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans leur déficit".
"L'Europe fait face à un danger clair et immédiat d'une ampleur qu'aucun d'entre nous n'a connue dans sa vie d'adulte", a affirmé Mme von der Leyen, dans une lettre adressée aux dirigeants des 27.
Le futur chancelier Friedrich Merz, vers lequel tous les regards sont tournés, a rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, peu avant le début du sommet où l'Allemagne sera représentée par le chancelier sortant Olaf Scholz.
Au-delà du message envoyé à l'Ukraine, cette rencontre des 27 ne devrait pas donner lieu à de grandes annonces chiffrées. Quelque 30 milliards d'euros seront disponibles pour l'Ukraine en 2025 et plusieurs pays de l'UE ne voient pas la nécessité, dans l'immédiat, d'augmenter ce montant.
Lors d'une allocution télévisée à la tonalité sombre mercredi soir, le président français Emmanuel Macron a de son côté dit vouloir "ouvrir le débat stratégique" sur la protection de l'Europe par le parapluie nucléaire français.
- Washington gèle son aide militaire -
Washington, qui s'est ouvertement rapproché du Kremlin depuis une conversation téléphonique entre M. Trump et son homologue russe Vladimir Poutine le 12 février, a gelé lundi son aide militaire à l'Ukraine.
Ce gel, qui compromet à terme la capacité de Kiev à se défendre face à l'agression russe, concerne aussi le partage de renseignement, a fait savoir mercredi le chef de la CIA John Ratcliffe, un élément pourtant essentiel aux soldats ukrainiens sur le champ de bataille.
L'Ukraine, qui a multiplié les gestes d'apaisement après la rencontre houleuse dans le Bureau ovale vendredi, où M. Trump avait menacé de "laisser tomber" l'Ukraine, a indiqué mercredi travailler à de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis.
Le chef de l'Etat ukrainien demande de solides garanties de sécurité à ses alliés occidentaux dans le cadre de potentiels pourparlers afin de s'assurer que l'armée russe n'envahisse pas à nouveau son pays après une hypothétique cessation des hostilités.
"Nous voulons tous un avenir sûr pour notre peuple. Pas un cessez-le-feu provisoire mais la fin de la guerre une fois pour toutes.", a-t-il écrit mercredi sur les réseaux sociaux.
Mardi, le président ukrainien avait proposé une trêve avec la Russie dans les airs et en mer pour entamer des discussions sur une "paix durable" sous "le leadership" de Donald Trump. Il s'est aussi dit disposé à signer un accord-cadre sur l'exploitation des ressources naturelles en Ukraine avec les Etats-Unis, ce que le président américain réclame.
- Menace d'Orban -
Pour Emmanuel Macron, Moscou a "déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial", et, dans ce contexte, "rester spectateur serait une folie".
Mais la façon doit l'Europe doit se mettre en ordre de marche ne fait pas l'unanimité:le dirigeant hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, a mis en garde contre l'adoption de conclusions écrites sur l'Ukraine à l'issue du sommet, faisant courir le risque de voir les divisions éclater au grand jour.
"Sur l'Ukraine, l'objectif c'est de trouver un accord des 27, ou presque", résume d'une formule ciselée un diplomate européen. "Nous saurons avancer en tout état de cause. Ce qui est important, c'est que l'Ukraine soit soutenue".
En Ukraine, quatre personnes ont été tuées dans des frappes russes dans la nuit de mercredi à jeudi, trois dans un tir de missile sur un hôtel de Kryvyï Rig (centre), où 14 blessés sont dans un état critique, et une troisième dans une attaque de drone sur un entrepôt de Soumy (nord), selon les autorités locales.
G.Haefliger--VB