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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Bétharram: la congrégation admet sa "responsabilité", "soulagement" nuancé des victimes
La congrégation des pères de Bétharram, qui a longtemps dirigé l'établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques au cœur d'un scandale de violences physiques et sexuelles, a reconnu mardi sa "responsabilité" en annonçant des mesures saluées avec nuance par les victimes.
"Je prends la parole au nom de la congrégation pour dire que nous sommes toujours très affectés par ce qui s'est passé (...), par les souffrances de ces enfants qui étaient venus ici pour être protégés, éduqués" mais auxquels "le contraire" est arrivé: "ils ont été anéantis", a déclaré le prêtre Laurent Bacho, 75 ans et ancien vicaire régional des bétharramites, dans un entretien avec l'AFP.
"Pour aboutir à une position commune irrévocable, il nous a fallu du temps", a concédé le religieux face aux critiques sur son "mutisme".
"C'est un immense soulagement", a réagi Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes, regrettant toutefois un positionnement "contraint" et tardif d'une "congrégation acculée" qui "aurait dû reconnaître" ses responsabilités "depuis des décennies" selon lui.
Laurent Bacho, responsable de la cellule d'écoute au sein de la congrégation, a rencontré huit victimes. "Je n'ai pas douté" de leur parole, assure-t-il. Mais il murmure aussi sa "douloureuse" prise de conscience: les personnes accusées sont "des frères (qu'il a) appréciés". "Ce n'est pas moi en tant que tel mais je fais partie de ce corps. Sans être coupable, je suis responsable."
En mai dernier, après l'ouverture d'une enquête judiciaire, la congrégation s'est tournée vers l'Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD), qui doit "les accompagner" pour satisfaire "le plus possible les droits des victimes" et prévenir de nouvelles violences, explique à l'AFP sa directrice, Magalie Besse.
- "Toutes les victimes" -
De premières mesures ont été décidées.
Jusqu'à présent, la congrégation avait indemnisé à hauteur de "700.000 euros", soit 60% de ses finances, les 19 victimes de violences sexuelles prescrites perpétrées par des religieux, reconnues par la Commission de reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l'Église depuis 2021.
Elle ne prenait pas en compte cependant les victimes de laïcs, que les pères de Bétharram veulent indemniser désormais, grâce à "la vente des quelques biens immobiliers" qu'ils possèdent à Lestelle-Bétharram.
Le montant des réparations dépendra notamment des fonds récoltés lors de ces ventes, et de la teneur des dénonciations.
"Nous allons nous dépouiller (...) et c'est d'autant plus douloureux que ces biens ont été acquis par notre fondateur Michel Garicoïts", a souligné Laurent Bacho.
"De quoi parle-t-on ? On parle de biens immobiliers qui sont complètement à l'abandon depuis des décennies", a rétorqué Alain Esquerre.
"C'est une évolution effectivement très importante que la congrégation reconnaisse ses responsabilités sur le volet sexuel du dossier" mais "ce n'est toujours pas suffisant", a-t-il ajouté, réclamant que soient aussi prises en compte les victimes de violences physiques.
Pour Magalie Besse, "il y a des questions techniques complexes" liées au nombre important des victimes mais "il va falloir proposer des solutions", également, pour ces faits "extrêmement graves".
- Commission d'enquête indépendante -
Une "réparation mémorielle" sera aussi proposée, souligne Laurent Bacho. Le 15 mars à Bayonne, l'IFJD organise un forum pour ouvrir "un dialogue" entre les victimes qui le souhaitent et la congrégation. L'idée d'installer une plaque ou d'édifier un monument y sera évoquée.
Ce rendez-vous sera aussi l'occasion d'expliciter le fonctionnement d'une nouvelle commission d'enquête indépendante, financée par la congrégation.
Composée de membres externes qui restent à définir, elle devra investiguer "pendant au moins six mois" sur "les causes" des "abus massifs", assure Laurent Bacho: audition des victimes, des membres de la congrégation, examen des archives, étude de son fonctionnement dans les "différents pays" où elle est présente...
"Pourquoi nous n'avons rien vu, rien su ?", répète le prêtre, circonscrivant les violences à "des personnalités déviantes" et rejetant l'idée d'un "système" ayant permis cinquante ans de violences.
Pour parachever ce "travail de réflexion", Magalie Besse suggère d'interroger aussi "les acteurs de l'Éducation nationale", les "politiques", "une partie des élites"... qui ont pu contribuer "au déni".
"L'État n'a pas été au rendez-vous" dans ce dossier, avait regretté en février la ministre de l'Éducation, Élisabeth Borne, alors que Bétharram n'a été contrôlé qu'une seule fois en trente ans, en 1996, quand l'actuel chef du gouvernement, François Bayrou, occupait son poste.
Éclaboussé par le scandale, ce dernier répète n'avoir "jamais été informé" dans le passé des faits dénoncés aujourd'hui par d'anciens élèves de l'établissement qu'ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme.
clw-cac-cas-kal/ppy/jed/sp
C.Kreuzer--VB