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Guerre commerciale américaine: Bruxelles promet une réponse ferme, Séoul conciliante
L'Union européenne a promis mardi une réponse ferme à l'imposition dans un mois de droits de douanes massifs et généralisés sur l'acier et l'aluminium entrant aux Etats-Unis, nouvel acte dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, tandis que Séoul entend elle se rapprocher de Washington pour protéger ses entreprises.
"Les droits de douane injustifiés imposés à l'UE ne resteront pas sans réponse: ils donneront lieu à des contre-mesures fermes et proportionnées", a assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Le président américain, qui utilise de manière désormais concrète le principal levier de sa politique économique contre ses partenaires commerciaux, a signé lundi soir deux décrets portant sur ces droits de douane.
"Aujourd'hui, je simplifie nos droits de douane sur l'acier et l'aluminium afin que tout le monde comprenne ce que cela signifie. C'est 25%, sans exception ou exemption. Et c'est tous les pays", a-t-il dit à la presse, depuis la Maison Blanche.
Evoquant des risques pour la "sécurité nationale", le républicain a annoncé, dans ces décrets, que les nouvelles règles s'appliqueraient "à partir du 12 mars". Elles toucheront l'acier et l'aluminium d'où qu'ils viennent, y compris de partenaires économiques qui bénéficiaient auparavant d'exemptions sur ces deux produits: Argentine, Australie, Canada, Mexique, UE et Royaume-Uni.
Le Brésil, le Japon et la Corée du Sud se voient eux privés de l'exemption dont ils bénéficiaient pour l'acier et ses dérivés.
Contrairement à l'UE, la Corée du Sud s'est montrée plus conciliante avec le président américain qui est un adepte des règlements transactionnels des différends.
Séoul entend "protéger les intérêts de (ses) entreprises et réduire les incertitudes en construisant une relation de proximité avec l'administration Trump et en élargissant nos options diplomatiques", a déclaré le chef de l'Etat par intérim, Choi Sang-mok.
Donald Trump agite aussi la menace de droits de douanes sur d'autres secteurs clés pour l'économie coréenne (semiconducteurs, automobile, pharmacie) et Séoul, qui fait face aux menaces de la Corée du Nord, est très dépendante de Washington pour sa sécurité, bénéficiant de la protection nucléaire américaine.
- Chine visée par ricochet -
Dans son argumentaire, Donald Trump accuse notamment certains de ces pays de servir de plaque tournante pour réexpédier vers les Etats-Unis de l'acier ou de l'aluminium en provenance de Chine. Pékin et Washington se livrent une concurrence féroce pour la prééminence mondiale dans tous les domaines: économique, militaire, technologique, commercial.
"Les producteurs chinois profitent de l'exclusion générale du Mexique des droits de douane pour acheminer l'aluminium chinois vers les États-Unis via le Mexique", écrit-il.
Ces droits de douane affecteraient particulièrement le Canada, principal fournisseur d'acier et d'aluminium des Etats-Unis, dont le déficit commercial total s'est creusé en 2024.
Ils "seraient totalement injustifiés", avait déclaré lundi François-Philippe Champagne, le ministre canadien de l'Industrie, promettant une réponse "claire et mesurée".
- Marchés financiers insensibles -
Les marchés financiers restaient toutefois insensibles à cette perspective, tant en Asie qu'à l'ouverture en Europe. "Les investisseurs semblent clairement souffrir d'une fatigue des gros titres et d'un épuisement après des semaines de tensions liées aux taxes", estime Stephen Innes, analyste chez SPI AM.
Lors de son premier mandat (2017-21), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium. Ces mesures avaient ensuite été levées, pour beaucoup, par lui-même ou par son successeur démocrate, Joe Biden.
Lors de la première présidence Trump, les Européens avaient adopté des représailles très ciblées, comme sur le bourbon ou les motos Harley-Davidson.
Par ailleurs, Donald Trump a aussi affirmé dimanche qu'il annoncerait "mardi ou mercredi" des "droits de douane réciproques", afin d'aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l'étranger.
Jusqu'ici, Donald Trump a davantage mis la pression sur les partenaires des Etats-Unis que sur le grand rival chinois, soumis depuis mardi à des droits de douane de 10% en plus de ceux déjà existants.
Les mesures de rétorsion, à base de surtaxes ciblées sur certains produits américains, sont entrées en vigueur lundi. Elles portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par le président américain concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.
G.Frei--VB