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Premiers vols de rapatriement de migrants vénézuéliens en provenance des Etats-Unis
Caracas a envoyé deux avions aux Etats-Unis pour rapatrier des migrants vénézuéliens, dix jours après la visite d'un émissaire spécial du président américain Donald Trump dans la capitale vénézuélienne.
"Deux avions sont actuellement en route vers le sol vénézuélien (...) pour transférer sur notre territoire des compatriotes migrants vénézuéliens qui se trouvaient aux États-Unis", indique le texte du ministère.
"Reprise des vols vers le Venezuela d'étrangers en situation irrégulière", a pour sa part annoncé la Maison Blanche sur X, avec une photo de migrants embarquant sous forte surveillance policière dans un avion de la compagnie vénézuélienne Conviasa. La publication est accompagnée d'un des slogans de campagne de M. Trump : "MAKE AMERICA SAFE AGAIN" (Rendre l'Amérique à nouveau sûre).
Les vols, qui passent par le Mexique, devraient arriver en soirée au Venezuela, selon des sites de suivi de vols.
Investi en janvier pour un deuxième mandat de quatre ans, M. Trump a promis de mener la plus grande campagne d'expulsions de l'histoire des États-Unis, promettant de renvoyer des millions de migrants sans papiers, dont une grande partie proviennent d'Amérique latine.
"Le gouvernement bolivarien informe également qu'il a été notifié par les États-Unis que certaines des personnes qui rentrent au pays seraient liées à des activités criminelles ou impliquées dans les actions criminelles (du gang tentaculaire vénézuélien) Tren de Aragua", précise le communiqué, qui ne donne pas de détails sur les vols ni le nombre de personnes à bord.
- "Honnêtes" -
Caracas, qui assure avoir démantelé le Tren de Aragua, même si ses chefs ont pu fuir et que le groupe reste actif, promet que les personnes accusées d'appartenir au gang "feront l'objet d'une enquête rigoureuse dès qu'elles toucheront le sol vénézuélien".
Le gouvernement vénézuélien estime néanmoins "qu'il existe un discours faux et malveillant autour de la question du Tren de Aragua (...) pour pénaliser tous les migrants vénézuéliens et stigmatiser notre pays (....) La majorité des migrants sont des personnes honnêtes et travailleuses".
Caracas a régulièrement organisé des vols de rapatriements de migrants depuis les Etats-Unis ou d'autres pays d'Amérique latine dans le cadre de son plan "Retour à la patrie", souvent célébré avec force de propagande. Mais Caracas avait suspendu les vols depuis les Etats-Unis au début de l'année 2024.
Le 31 janvier, un émissaire spécial de Donald Trump, Richard Grenell, avait rencontré le président Nicolas Maduro dans la capitale vénézuélienne avec pour mission d'exiger que Caracas accepte le retour "inconditionnel" des Vénézuéliens expulsés des Etats-Unis --y compris les membres du Tren de Aragua--, et d'obtenir la libération des "otages" américains détenus au Venezuela.
M. Grenell était reparti avec six Américains libérés, et le président Trump avait ensuite assuré avoir obtenu satisfaction sur le premier point.
Washington, qui ne reconnaît pas la réélection de M. Maduro, jugée frauduleuse par l'opposition, assure n'avoir fait aucune concession alors que M. Maduro a évoqué un "nouveau départ" dans les relations bilatérales entre deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 2019.
Donald Trump a retiré le statut de protection temporaire contre l'expulsion dont bénéficiaient environ 600.000 Vénézuéliens en raison de la crise économique et sécuritaire dans leur pays.
Plus de 7,8 millions de Vénézuéliens ont émigré au cours de la dernière décennie, selon l'ONU. Une partie se trouve aux Etats-Unis.
La semaine dernière, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a assisté à la saisie sur le tarmac de l'aéroport de Saint-Domingue d'un deuxième avion appartenant au gouvernement vénézuélien en moins d'un an, dans le cadre des sanctions américaines imposées en 2019 et destinées à évincer M. Maduro. Cette saisie avait déclenché l'ire de Caracas, qui avait qualifié M. Rubio de "voleur".
Outre les Etats-Unis, une grande partie de la communauté internationale ne reconnaît pas la victoire de Nicolas Maduro à l'élection présidentielle de juillet 2024.
Les troubles suivant l'annonce de la victoire de M. Maduro se sont soldés par 28 morts, 200 blessés et 2.400 arrestations. Près de 2.000 prisonniers ont été libérés, selon Caracas.
G.Haefliger--VB