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Trump annonce l'envoi de migrants sans papiers à Guantanamo
Donald Trump a annoncé mercredi préparer l'envoi de migrants sans papiers à Guantanamo, l'une de ses annonces anti-immigration les plus spectaculaires à ce jour, alors que la confusion règne toujours sur ses projets de gel de dépenses.
"Je vais signer aujourd'hui un décret demandant aux ministères de la Défense et de la Sécurité intérieure de préparer un centre pour 30.000 migrants à Guantanamo Bay", a déclaré le président américain, en ajoutant qu'il s'agirait de "criminels" en situation irrégulière.
Il n'a pas donné de détails logistiques ni expliqué où seraient installés ces migrants sur la base militaire américaine située à Cuba qui accueille une prison largement critiquée par les ONG.
Donald Trump a ensuite signé la première loi votée depuis son investiture le 20 janvier.
Ce texte anti-immigration prévoit la détention automatique de personnes en situation irrégulière si elles ont été condamnées ou poursuivies pour certains crimes et délits.
Il porte le nom de Laken Riley, étudiante de 22 ans tuée par un Vénézuélien en situation irrégulière, qui avait été déjà arrêté puis remis en liberté avant ce meurtre. "Son nom ... vivra à jamais dans les lois de notre pays", a commenté le président américain, qui a promis pendant sa campagne de mettre fin à l'immigration clandestine.
- "Guerre contre le terrorisme" -
La prison de Guantanamo a été ouverte en 2002, à l'intérieur de la base militaire américaine située sur l'île de Cuba, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" déclarée par l'ex-président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001.
L'immense majorité des 780 détenus, qui ont d'abord été enfermés dans des cages puis dans des cellules construites à la hâte ont depuis été relâchés, certains après plus de 10 ans de détention sans inculpation. En janvier 2025, il restait 15 prisonniers sur place.
La prison de Guantanamo est devenue, pour de nombreuses ONG de défense des droits humains, un symbole des excès et de l'arbitraire dans la lutte contre le terrorisme, à cause de ses conditions de détention extrêmes et de son recours à la torture.
Tom Homan, le conseiller spécial de Donald Trump en matière d'immigration, a indiqué lors d'un court échange avec la presse que le centre de rétention évoqué par le président américain serait géré par l'agence responsable du contrôle des frontières et de l'immigration (ICE).
En septembre dernier, le New York Times a révélé que la base militaire était utilisée depuis des décennies pour incarcérer certains migrants interceptés en mer.
Cette annonce choc de Donald Trump arrive alors que son administration a créé une grande confusion autour d'un projet de gel des aides publiques.
Le point de départ est un mémo publié tard lundi soir par la Maison Blanche, demandant aux ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses "d'assistance" -- subventions et allocations notamment -- et d'en faire une revue d'ensemble afin de s'assurer de leur conformité avec "les priorités présidentielles".
Cela concernait potentiellement des centaines, voire des milliers de milliards de dollars irriguant tout le pays, et bénéficiant aux personnes âgées, aux familles démunies ou encore aux anciens combattants.
- "Incompétence" -
L'Office du budget rattaché à l'exécutif américain a ensuite envoyé mercredi à tous les ministères et à toutes les agences fédérales une note indiquant que ce premier mémo n'était plus valide.
Puis la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a assuré que le projet initial du président, à savoir interrompre les financements qui ne répondent pas à ses priorités, restait "totalement en vigueur".
L'opposition démocrate s'est saisie de ces rebondissements.
"L'incompétence en pleine lumière", a dénoncé l'élue démocrate Jasmine Crockett sur X, ajoutant: "Cela fait seulement neuf jours au pouvoir pour cet idiot qui a déjà occupé le poste pendant quatre ans et qui n'a toujours aucune idée de la manière dont le gouvernement, la loi ou la Constitution fonctionnent".
Il s'agit du premier écueil pour Donald Trump, qui depuis son investiture le 20 janvier accumule les décrets dont beaucoup ont été attaqués en justice, au motif que le président républicain outrepassait ses pouvoirs.
Entre autres mesures, le milliardaire de 78 ans a imposé que les fonctionnaires fédéraux renoncent au télétravail d'ici le 6 février , sans quoi ils seront "virés", a-t-il dit mercredi.
M.Schneider--VB