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Que sont les notes de contexte que Meta veut mettre en place ?
Coup de tonnerre sur les réseaux sociaux. Meta a annoncé lundi mettre fin à son programme de fact-checking aux Etats-Unis pour le remplacer par un système de notes de contexte, semblable à celui qu'utilise X.
. Comment fonctionnent les notes de contexte ?
Les notes de contexte sont un outil de modération collective des contenus qui apparaissent en dessous de certaines publications potentiellement trompeuses.
Elles ont été mises en place par Twitter en 2021 puis généralisées sur le réseau social racheté en 2022 par Elon Musk et rebaptisé X.
Les notes sont proposées et rédigées par des utilisateurs volontaires, qui s'inscrivent au préalable, et ne sont pas éditées par les équipes de X.
Ensuite, "d'autres utilisateurs vont évaluer si la note est utile ou pas, selon différents critères, notamment la pertinence des sources et la clarté de l'information", précise à l'AFP Lionel Kaplan, président de l'agence de création de contenus sur les réseaux sociaux Dicenda.
"S'il y a suffisamment d'évaluations positives de la note, celle-ci va apparaître sous le tweet pour donner des informations complémentaires", poursuit-il.
Les notes "tiennent compte non seulement du nombre de contributeurs qui ont jugé une note utile ou inutile, mais étudient aussi si les personnes qui l'ont jugée semblent venir d'horizons variés", détaille X sur son site.
C'est le même principe que Wikipedia. "On s'appuie sur les utilisateurs les plus actifs d'un réseau social ou d'une plateforme pour augmenter la qualité du contenu", ajoute M. Kaplan.
Meta, qui a annoncé que son programme de notes serait similaire à celui de X, estime qu'il s'agit d'un système "moins biaisé" que le fact-checking.
. Quels sont les risques ?
Facebook dispose d'un programme de fact-checking dans plus de 26 langues qui rémunère plus de 80 médias à travers le monde, dont l'AFP, pour utiliser leurs "fact-checks" sur sa plateforme, sur WhatsApp et sur Instagram.
Avec les notes, "le problème est de faire reposer la vérification sur la foule", souligne Christine Balagué, professeure à l'Institut Mines-Télécom et fondatrice du réseau de recherche "Good in Tech" qui travaille sur la désinformation.
"La foule peut dire quelque chose de juste, mais il peut aussi y avoir des gens malveillants qui sont là pour diffuser et propager de la désinformation", assure-t-elle.
"Cette décision va affecter les utilisateurs qui veulent des informations précises et fiables", commente Angie Drobnic Holan, la patronne américaine du Réseau international de fact-checking (IFCN), sur X.
"Les fact-checkeurs n'ont jamais fait preuve de partialité dans leur travail et cette critique émane de personnes qui pensent pouvoir exagérer les faits et mentir sans être réfutées ou contredites", ajoute-t-elle, soulignant le climat de pression politique aux Etats-Unis à l'approche de l'investiture du président élu Donald Trump.
"Il est troublant de voir Mark Zuckerberg faire écho aux attaques politiques contre les fact-checkeurs parce qu'il sait que ceux qui ont participé à son programme étaient signataires d'une charte de principes qui requiert la transparence et l'équité", abonde auprès de l'AFP Bill Adair, co-fondateur de l'IFCN.
Trump, qui s'est montré particulièrement critique à l'encontre de Meta et son patron ces dernières années, accusant l'entreprise de parti pris progressiste, a jugé avoir "probablement" influencé cette décision.
. Les notes sont-elles efficaces contre la désinformation ?
Des chercheurs ont montré que les notes de contexte "diminuaient d'à peu près 20% la diffusion de la désinformation" sur le réseau X, reconnaît Christine Balagué.
Même si ce système "n'est pas fiable à 100%", pour Lionel Kaplan, les notes sont efficaces et permettent de traiter un volume d'informations plus important que le fact-checking, "lourd à mettre en oeuvre".
Il met aussi en avant un fonctionnement "démocratique" qui permet "d'avoir des points de vue différents et de les confronter".
X est pourtant régulièrement accusé de laisser se propager la désinformation depuis qu'Elon Musk a drastiquement réduit les équipes de modération.
Mais, selon cet expert, c'est surtout qu'"X valorise la radicalité" et, par conséquent, rend plus visibles qu'ailleurs les fausses informations.
Meta a indiqué que les utilisateurs pouvaient commencer à s'inscrire dès lundi pour rédiger des notes lorsque le programme sera lancé, sans donner de détails sur les critères de participation.
L'entreprise a aussi annoncé donner aux utilisateurs un plus grand contrôle sur la quantité de contenus politiques qu'ils souhaitent voir sur Facebook, Instagram ou Threads.
Reste à voir à l'usage si ce système mènera à une explosion des fausses informations.
Mais, pour Lionel Kaplan, risquant de déplaire aux annonceurs, Meta n'a pas forcément intérêt à mettre en avant les contenus polémiques, comme X.
U.Maertens--VB