-
Mobilisations lycéennes : un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte III" mardi
-
Conflit avec les Houthis: la Turquie et le Pakistan vont envoyer des forces militaires en Arabie saoudite
-
Des dirigeants à Tuvalu pour constater les dégâts du changement climatique
-
Sénat : la sénatrice LR Christine Lavarde désignée rapporteure générale du budget
-
Ebola en RDC : MSF alerte à son tour sur une "flambée inquiétante" au Nord-Kivu
-
Canicules: l'été a coûté 16 milliards d'euros, selon une mission parlementaire
-
Air Liquide veut davantage rémunérer ses actionnaires d'ici 2030
-
Lycées : plusieurs mineurs blessés à la suite d'interventions des forces de l'ordre
-
La Confédération paysanne appelle les agriculteurs à rejoindre les lycéens
-
À Kiev, le quotidien bouleversé par l'évolution des attaques russes
-
Mobilisations lycéennes: un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte 3" mardi
-
Covid: la circulation actuelle ne nécessite pas d'avancer la vaccination, selon le ministère de la Santé
-
Le secteur ne sait pas comment empêcher l'IA de se fixer ses propres objectifs, avertit un lanceur d'alerte
-
NHL : l'attaquant russe Ovechkin annonce qu'il dispute sa dernière saison
-
Données personnelles: la ministre du Numérique saisit la justice contre BrixHub
-
L'ancienne porte-parole de Trump devient commentatrice sur Fox News
-
Au Danemark, la Garde nationale s'entraîne face à une menace plus réelle
-
Ukraine : des frappes russes de bombes guidées font au moins cinq morts à Kharkiv
-
Les marchés financiers évoluent au gré des turbulences politiques, Sao Paulo jubile
-
Tennis : Medvedev disqualifié, l'éternel Djokovic jouera le titre à Pékin
-
Afghanistan : la CPI publie deux mandats d'arrêt visant des ministres chargés de l'éducation
-
Éthiopie : Abiy reconduit Premier ministre, des frappes au Tigré tuent des déplacés
-
Mondiaux de judo : Kelvin Ray bouscule Abe mais les Bleus restent à quai
-
L'Ukraine dit utiliser des mitrailleuses robotisées pilotées par l'IA contre des drones russes
-
Présidentielle au Brésil : Flavio Bolsonaro en position de force
-
Cas supposé de peste en Russie : "situation sous contrôle", dit le gouverneur d'Irkoutsk
-
Concurrencés sur leur droite, les conservateurs britanniques veulent croire en leur avenir
-
Afghanistan : le CDH de l'ONU dénonce "l'oppression" des femmes par les talibans
-
Wall Street en ordre dispersé, les taux au centre de l'attention
-
Marchés: les turbulences politiques au coeur de l'attention, Sao Paulo jubile après les élections brésiliennes
-
Éthiopie : frappes de drones au Tigré dont l'une a touché des déplacés
-
Wall Street ouvre prudemment, les taux au centre de l'attention
-
Un lycéen gravement blessé à la veille d'un "acte III" mardi
-
L'Arabie saoudite apporte son soutien aérien au gouvernement yéménite face aux Houthis
-
Le Nobel de médecine récompense des travaux sur les mystères du cerveau
-
Affaire Epstein: l'ex-prince Andrew conteste en justice les perquisitions liées à son arrestation
-
Espagne: en pleine crise du logement, Sánchez fait le pari de convoquer des élections anticipées
-
Le Nobel de médecine récompense un trio pour leurs travaux sur le cerveau
-
L'Arabie saoudite apporte le soutien de son aviation au gouvernement yéménite face aux Houthis
-
Etats-Unis: une agente chinoise présumée accusée d'espionner la famille du président taïwanais
-
Sujet de l'environnement: demande de mise en demeure de CNews adressée à l'Arcom
-
Cyberattaque dans les Hauts-de-France : plus de 500.000 personnes touchées, selon la région
-
Le Nobel de médecine récompense un trio américano-allemand pour leurs travaux sur la mémoire
-
Deux décès de nouveau-nés imputables à des infections nosocomiales au CHU de Nantes
-
Décès du rappeur Prince Waly à 34 ans
-
Marchés mondiaux: la France sous haute surveillance
-
Schneider Electric débourse pour plus de 20 milliards d'euros pour PTC, sa plus grosse acquisition
-
L'ONU alerte sur le "danger accru" des vagues de chaleur pour les femmes enceintes avant la COP31
-
Mondiaux de judo: les Français Ray et Bouba sortis au deuxième tour
-
Japon : record de pluie à Tokyo avec 37 jours consécutifs
Au Cameroun, les ancestrales tontines se digitalisent
Un large sourire barre le visage de Joseph Ngono, qui vient de consulter frénétiquement son smartphone. Cette semaine, c'est son tour: le portefeuille numérique de l'informaticien camerounais vient d'être crédité de 500.000 FCFA (762 euros).
Dans de très nombreux pays d'Afrique, la tontine est un système populaire d'épargne collective qui permet depuis des lustres à ceux auxquels les banques ne prêtent pas de financer un projet. Au Cameroun, des start-ups l'ont fait entrer dans l'ère numérique.
Et ce, même si la grande majorité des tontines demeurent traditionnelles, grâce au "bas de laine" dans un tiroir fermé, entre employés d'un même bureau, habitants d'un village, fidèles d'une église...
Joseph Ngono est ravi: avec "le produit de notre tontine hebdomadaire", il peut enfin payer la dernière tranche des frais de scolarité de ses deux enfants. "Sans cela, ils n'entraient pas en classe", lâche cet homme de 40 ans dans le quartier modeste d'Ahala à Yaoundé, la capitale camerounaise.
Il ne touche qu'épisodiquement son salaire mensuel de 150.000 francs CFA (230 euros), parce que son employeur "connaît quelques difficultés de trésorerie".
- pas d'intérêts -
Avec collègues et amis, mais aussi des inconnus parrainés par eux, ils cotisent chacun, via l'application mobile Djangui, 10.000 FCFA (15 euros) toutes les semaines.
Suivant le système de rotation des tontines ancestrales, la somme totale est versée chaque semaine à l'un des participants, sans payer d'intérêts.
Ce système de "mise en commun de l'épargne (...) entre personnes unies par des liens familiaux, d'amitiés, de profession, de clan..." existait dans le monde entier "bien avant l'introduction de la monnaie", selon une thèse publiée en 2020 par le Global Development Research Center (GDRC), qui recense au moins 30 pays d'Afrique où la tontine est très répandue et 14 en Asie.
En Afrique, où "85% de la population est exclue du système bancaire", les gens ont décidé depuis longtemps de se tourner vers "ce système informel qui permet d'obtenir du financement facilement et rapidement", écrivait en 2019 l'Institut Afrique Monde.
Djangui a été l'une des toutes premières applications de tontine au Cameroun, lancée en 2016 par la startup Appfabrik de Guilain Kenfack, "pour permettre à des personnes aux quatre coins du globe de participer", explique cet ingénieur de 40 ans.
"L'idée m'est venue parce que j'étais dans une tontine traditionnelle et on avait beaucoup de difficultés, on ne savait pas si certains avaient payé ou pas", poursuit-il.
Pour lancer une tontine, il suffit de télécharger l'application et remplir un formulaire en ligne: participants, mode de paiement, fréquence des versements et de la libération des fonds... On cotise ensuite via Paypal ou virement bancaire.
Guilain Kenfack revendique 50.000 utilisateurs de Djangui.
- remplacer la banque -
Au Cameroun, comme ailleurs sur le continent, le taux d'intérêt moyen des banques pour les crédits aux particuliers était de 10,21% en 2022, selon la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC).
Il peut dépasser les 20% ailleurs en Afrique. Et les établissements n'accordent que très rarement des crédits aux petits et moyens salaires.
La tontine "remplace la banque" et permet aux "acteurs de l'économie informelle" de faire des dépenses incontournables ou "des investissements", explique Omer Zang, fondateur de Social Brokers, une ONG camerounaise qui soutient les tontines.
Djangui a fait des émules ces dernières années et les applications se sont multipliées dans ce pays d'Afrique centrale de plus de 28 millions d'habitants: Tontine.plus, i-djangui, Nkap app, Faroty...
"Avant, nous avions un lieu de rencontre. Mais en se déplaçant, on risquait de se faire voler son argent", se souvient Ernest Tchinda, sans emploi à 48 ans, qui ne jure plus que par son "appli".
Le succès suscite la convoitise de géants de la téléphonie mobile ou des banques. La camerounaise Afriland First Bank offre maintenant la possibilité à ses clients de "tontiner".
Le risque subsiste toutefois: "Il y a des personnes qui s’enregistrent sous de fausses identités", assure Ghislaine Kengne, une téléopératrice de 47 ans qui administre quatre tontines.
A Yaoundé, Paul Kemayou en a fait l’amère expérience.
"J’ai perdu plus d’un million de francs CFA (1.525 euros) que j’avais épargné pendant un an", se lamente ce fonctionnaire de 48 ans. "Au moment d’en bénéficier, l'administrateur a été incapable de me dire où était passé l'argent".
C'est pourquoi Emmanuel Talla, membre de plusieurs tontines à Yaoundé, refuse de sauter le pas vers le digital. "Je préfère les tontines où l'on se rencontre. On se connaît, et puis les grands côtoient les petits, le contact va au-delà de l'argent", plaide ce commerçant de Yaoundé.
A.Ammann--VB