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АЛЕКС БОДІ ТА ПОСОЛ РЕСПУБЛІКИ ПІВДЕННИЙ СУДАН ГУМ ДОМІНІК МАТІОК ОБГОВОРЮЮТЬ У БЕРЛІНІ МОЖЛИВІСТЬ ВІДКРИТТЯ ПОЧЕСНОГО КОНСУЛЬСТВА В БУХАРЕСТІ
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Rencontres de Saint-Denis : exit le référendum sur l'immigration
Les absents ont définitivement tort : Emmanuel Macron et les chefs de partis réunis vendredi à Saint-Denis ont conclu à l'impossibilité d'organiser en l'état un référendum sur l'immigration, ardemment réclamé par le dirigeant des Republicains Eric Ciotti qui avait décidé de faire l'impasse sur la rencontre.
"Il n'y aura pas de référendum sur l'immigration", a annoncé Marine Tondelier (EELV) à l'issue des deuxièmes "rencontres de Saint-Denis" qui ont duré 9 heures et ont été boudées cette fois par la moitié de l'opposition.
"Un consensus s'est dégagé autour de la table sur le fait qu'il paraissait compliqué d'élargir la possibilité de tenir des référendums sur des sujets sociétaux tels que l'immigration, tellement les sujets sont larges et clivants", a renchéri Fabien Roussel (Parti communiste).
"J'ai été aujourd’hui à Saint-Denis le seul porte-parole de ceux qui veulent maîtriser l'immigration", a constaté avec dépit le président du Rassemblement national Jordan Bardella, favorable à une telle consultation et déterminé à "continuer de porter cette demande".
"Tout ça pour ça !", a répliqué Eric Ciotti, en appelant à voter la proposition de loi constitutionnelle de son parti pour "stopper l’immigration de masse", à l'agenda de l'Assemblée le 7 décembre.
Plus généralement, les participants n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur l'extension du champ du référendum aux questions de société, comme la fin de vie, ou sur l'abaissement des critères permettant d'organiser un référendum d'initiative partagée (RIP).
Le président a "pris acte" qu'il n'y avait "pas d'élargissement possible de l'article 11" de la Constitution sur l'organisation des référendums en raison des "divergences entre partis", a résumé le chef des centristes au Sénat, Hervé Marseille, à l'AFP.
Sur le RIP, Emmanuel Macron a "beaucoup écouté", "l'idée est de savoir à quel niveau on peut faire descendre les seuils", actuellement fixés à 185 parlementaires et environ 4,7 millions de Français, a-t-il ajouté.
Selon le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné, une majorité des participants s'est en revanche prononcée en faveur de propositions pour un mode de scrutin proportionnel.
Suivant sa promesse d'inscrire l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, M. Macron a par ailleurs précisé le calendrier: le texte de loi sera présenté le 13 décembre en Conseil des ministres, puis atterrira au Parlement au premier trimestre 2024 avant une possible réunion du Congrès en mars, où 3/5e des députés et sénateurs devront avaliser la formulation retenue.
Outre le patron des Républicains, Olivier Faure (Parti socialiste) et Manuel Bompard (La France Insoumise) ont fait défection vendredi, jetant une ombre sur l'avenir de cet exercice présidentiel destiné à "créer du consensus" dans un pays fracturé.
Comme le 30 août, rendez-vous avait été donné à la Maison de l'éducation de la Légion d'honneur, à deux pas de la basilique où reposent les rois de France.
- Impasse démocratique -
Emmanuel Macron a d'abord donné des "informations" sur la situation à Gaza et les négociations "rudes" en cours pour libérer les otages détenus par le Hamas, a indiqué Fabien Roussel, en se refusant à plus des précisions sur des données "confidentielles".
Après avoir déjà reçu en octobre les forces politiques sur le conflit entre Israël et le Hamas, le chef de l'Etat a évoqué la possibilité d'organiser des points séparés sur les sujets internationaux si l’actualité le nécessite, selon plusieurs participants.
Eric Woerth, député Renaissance, a ensuite présenté les grands principes de sa mission sur la décentralisation, éteignant au passage les craintes de supprimer certaines collectivités territoriales, notamment les départements. L'ex-ministre devrait faire un point d'étape dans trois mois sur l'avancée de ses chantiers.
Alors que le président devrait prochainement envoyer un relevé des conclusions de cette réunion, la discussion a été jugée "importante", par Marine Tondelier, en balayant les critiques sur une opération de communication. "Nous aussi on en fait", a-t-elle dit.
"Je suis à la tête d'un parti de gouvernement", a de son côté justifié Jordan Bardella (RN). "Chaque fois que la République nous convoque, nous répondons présent", a-t-il fait valoir, lançant ainsi une pierre dans le jardin des LR, dont l'absence a été fustigée par plusieurs participants.
"En démultipliant les initiatives extérieures au champ institutionnel, vous participez à les affaiblir et à nourrir la crise de la démocratie", avait argué Éric Ciotti dans une lettre ouverte vendredi matin dont l'AFP a obtenu copie.
Éric Ciotti avait également justifié sa défection par l'absence du chef de l'État à la marche contre l'antisémitisme dimanche. Olivier Faure refuse quant à lui de cautionner un possible référendum sur l'immigration.
E.Gasser--VB