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Un bicorne de Napoléon Ier sorti de l'oubli bientôt exposé près de Paris
De quoi réjouir les mordus de l'épopée napoléonienne: un chapeau de Napoléon Ier, récemment authentifié et restauré après avoir été longtemps oublié, sera exposé à partir du 6 juin au musée Condé du Château de Chantilly (Oise).
Ce bicorne de feutre noir, présenté jeudi en avant-première à la presse, sera la pièce maîtresse d'une exposition du musée Condé consacrée aux collections de Caroline Murat, soeur de l'empereur et reine de Naples (1808-1815), prévue jusqu'au 4 octobre.
C'est un objet "absolument exceptionnel" car il est "parfaitement complet de toutes ses garnitures d'origine", souligne avec enthousiasme Jean-Guillaume Parich, chargé des collections de la Révolution et de l'Empire au musée de l'Armée à Paris.
Et son histoire est "extraordinaire": c'est "l'un des quatre chapeaux" emmenés par Napoléon Bonaparte dans son ultime exil sur l'île de Saint-Hélène, dans l'Atlantique Sud, ajoute ce spécialiste.
Dans son testament, rédigé peu avant sa mort en 1821, l'empereur déchu avait légué des souvenirs impériaux, dont deux de ses derniers chapeaux, à son fils, le roi de Rome, surnommé l'Aiglon. Mais celui-ci ne les recevra jamais et meurt prématurément en 1832.
La succession impériale, dont ce bicorne ramené de Saint-Hélène, est attribuée en 1836 à Caroline Murat. Le couvre-chef finit par rejoindre les collections du musée Condé en 1904.
Mais le chapeau est rapidement placé dans les réserves et "tombe dans les oubliettes de l'histoire", passant même "sous les radars de tous les spécialistes", explique Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé.
Ce n'est qu'en 2025, pour la préparation de l'exposition sur Caroline Murat, que Jean-Guillaume Parich parvient à reconstituer le parcours du chapeau et confirmer son authenticité.
Réalisée en feutre de poils de castor par le chapelier Poupard, fournisseur officiel de Napoléon, cette coiffe présente toutes les caractéristiques des chapeaux impériaux authentiques: proportions spécifiques, petite cocarde tricolore, ganse de soie noire et doublure en taffetas de soie, relève M. Parich.
Sa traçabilité "est sûre de l'ordre de 100%", selon cet expert, qui a aussi mené une étude archivistique approfondie sur ce chapeau.
Durant sa quinzaine d'années au pouvoir, Napoléon Bonaparte aurait commandé "entre 60 et 80" de ces amples bicornes, qui marquaient sa "silhouette" sur le champ de bataille et qui sont rapidement devenus des "pièces d'histoire avec une grande force symbolique", estime M. Parich.
"Une quinzaine" de chapeaux "parfaitement authentiques et tracés" existent encore aujourd'hui, la plupart appartenant à des musées, précise-t-il.
Les objets du souvenir napoléonien s'arrachent à prix d'or quand ils sont vendus aux enchères. En 2023 à Fontainebleau, un autre bicorne de Napoléon Ier a été adjugé à l'encan pour plus de 1,9 million d'euros, un record mondial.
G.Haefliger--VB