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Une ONG met en demeure l'État d'arrêter la "destruction massive" des renards
L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a mis mercredi en demeure l’État de revoir sa politique en matière de gestion des populations de renards, victimes selon elle d'un "massacre injustifié", indiquant être prête à aller en justice.
"Chaque année, plus de 600.000 renards sont tués en France dans un silence quasi total, sans justification scientifique solide ni encadrement cohérent", dénonce l'association dans un communiqué.
Une pétition inter-associative demandant de "stopper le massacre injustifié des renards", qui a déjà recueilli plus de 58.000 signatures, doit aussi être examinée à l'Assemblée nationale.
Classé comme espèce susceptible d'occasionner des dégats (ESOD) dans 88 départements, le renard roux peut à ce titre être chassé et tué toute l'année, par tir ou piégage, sans quota ni suivi officiel des populations, pour éviter des dégâts pénalisant notamment certaines activités agricoles.
"Cette situation, unique en Europe, repose sur un cadre réglementaire dépassé, influencé par des intérêts cynégétiques (qui se rapportent à la chasse, NDLR), et non par l’intérêt général": plusieurs études et rapports "démontrent que ces pratiques sont inefficaces, voire contre-productives, notamment sur le plan sanitaire", dénonce l'Aspas.
En mars, une étude scientifique du Muséum national d'histoire naturelle avait montré que l'élimination massive des espèces jugées nuisibles était "inefficace" et "couteuse".
En mai 2025, le Conseil d’État avait ordonné que le renard ne soit plus classé comme ESOD dans trois départements, au regard de son rôle de régulateur des populations de campagnols, et que l'espèce ne puisse plus être tuée par déterrage dans 11 départements, jugeant que l'utilité de cette méthode n'était pas démontrée.
L'Aspas demande "à l’État d’agir pour d'obtenir un changement réel et durable des pratiques", notamment en retirant le renard roux de la prochaine liste ESOD, attendue avant l'été.
L'ONG demande également "l’arrêt des pratiques les plus cruelles, la fin des destructions systématiques et la mise en place de solutions fondées sur la prévention" jugeant que "le renard doit être considéré comme un allié, non comme une cible".
"Cette démarche constitue une première étape. En l’absence de réponse ou en cas de refus, l’association saisira la justice administrative pour faire reconnaître les manquements fautifs de l’État et l’obliger à agir", conclut l'association.
S.Gantenbein--VB