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Procès Maradona: sa fille dénonce l'irresponsabilité de l'équipe médicale, charge l'accusé principal
Dalma, la fille aînée de Diego Maradona, a dénoncé mardi au procès de la mort de son père l'irresponsabilité de l'équipe médicale chargée de sa convalescence en 2020, où dans certaines circonstances, "personne ne prenait en charge la situation".
Mais elle a, simultanément, clairement pointé du doigt l'un des principaux accusés, le neurochirurgien Leopoldo Luque, à l'époque de facto médecin personnel de Maradona, et qui justement, selon elle, "devait être celui qui prenait en charge la santé" de la star.
L'équipe médicale, le prestataire privé des soins, "tout le monde s'était engagé à ce que ce soit une hospitalisation à domicile sérieuse: équipement médical, infirmiers, aides-soignants, ambulance 24/24h devant la porte... Avec le recul, on s'est rendu compte que ce n'était le cas", a déclaré Dalma au tribunal de San Isidro, pour la 17e audience du procès entamé mi-avril.
Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) y sont jugés pour "homicide avec dol éventuel", c'est-à-dire des négligences commises en sachant qu'elle peuvent entraîner la mort. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.
- Pas d'ambulance -
Dans une déposition de près de trois heures, d'une voix souvent brisée par l'émotion ou vaincue par les larmes, Dalma, 39 ans, a en particulier cité un épisode, où Maradona, durant son hospitalisation à domicile post-opératoire (neurochirurgie simple pour un hématome), avait été victime d'une intoxication alimentaire.
La coordinatrice infirmière - qui figure parmi les accusés - contacta alors les filles Maradona, a raconté Dalma. "Et là, on s'est rendu compte qu'il n'y avait pas d'ambulance, parce qu'on lui a dit: +Qu'on le transfère en ambulance+. Mais il n'y en avait pas, et personne ne prenait en charge la situation".
"Si on avait su que ça se passerait comme ça, ça (l'hospitalisation à domicile) n'aurait pas été une option. Si on nous avait dit qu'il n'y aurait pas d'ambulance, cela ne se serait pas passé comme ça. Parce qu'avec l'état de mon père, c'était essentiel", a-t-elle insisté.
Dalma Maradona a avoué avoir du mal à se souvenir, six ans plus tard, des échanges autour du cadre de convalescence de son père. Mais elle s'est rappelée clairement qui devait être en charge, selon les discussions à l'époque entre famille et soignants.
"Il était bien clair que Luque était celui qui prenait en charge la santé de Maradona", a-t-elle souligné.
- "Patient VIP" -
Luque, Agustina Cosachov (la psychiatre co-accusée), et Carlos Diaz, (le psychologue-addictologue également co-accusé), "allaient tous les trois s'en charger parce qu'ils formaient l'équipe médicale traitante de mon père. Ce n'est pas une conclusion que j'ai tirée moi, c'est ce qui est ressorti clairement des réunions" d'alors, a-t-elle dit.
Une des accusées, Nancy Forlini, coordinatrice du prestataire de soins Swiss Medical, a enfoncé le clou mardi, assurant que Luque et Cosachov étaient bien identifiés comme médecins traitants en charge, et censés faire à Swiss Medical leurs demandes de service: traitement, matériel, ambulance, etc.
Demandes qui ne vinrent pas, hormis un "service infirmier" et "une visite médicale par semaine", a-t-elle assuré. "Vous imaginez bien qu'il s'agissait d'un patient VIP, et tout ce qu'ils auraient demandé aurait été autorisé".
Si sa soeur Gianinna, 37 ans, et sa demi-soeur Jana, 30 ans, ont déjà déposé, Dalma s'exprimait pour la première fois dans ce deuxième "procès Maradona", puisqu'un premier avait été annulé en 2025 après deux mois et demi, sur fond de scandale: une des trois juges avait été récusée pour avoir participé à l'insu de tous à la production d'un documentaire sur l'affaire.
Maradona est décédé à 60 ans le 25 novembre 2020, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit d'une maison louée pour sa convalescence à Tigre (nord de Buenos Aires). Après, selon des témoignages de médecins-légistes, plusieurs heures d'agonie.
Ce procès, a raison de deux audiences par semaine, pourrait s'étirer au-delà de juillet.
F.Fehr--VB