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Six morts dans des bombardements pakistanais en Afghanistan, selon le gouvernement afghan
Le Pakistan a mené de nouveaux bombardements sur Kaboul et d'autres régions d'Afghanistan qui ont fait six morts, dont plusieurs femmes, ont annoncé vendredi les autorités talibanes.
Depuis des mois, ces pays longtemps proches sont entrés en conflit, Islamabad accusant son voisin d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué de nombreuses attaques meurtrières au Pakistan, ce que les autorités talibanes afghanes démentent.
Des sources de sécurité pakistanaises ont confirmé vendredi à l'AFP avoir mené des bombardements nocturnes visant selon elles quatre "camp terroristes et infrastructures de soutien" (au TTP) à Kaboul, Kandahar (sud) et dans une province de l'est de l'Afghanistan, Paktia.
A Kaboul, quatre personnes ont été tuées et quinze blessées "par un bombardement du régime pakistanais" qui a touché des "maisons civiles" dans l'est de la ville, a précisé le porte-parole de la police de la capitale afghane Khalid Zadran sur X.
Dans la province orientale de Nangarhar, une femme et un enfant ont été tués vendredi par un obus pakistanais, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police Sayed Tayeeb Hammad.
A Kaboul, dans la zone de Guzar (21e district) où a eu lieu le bombardement, une équipe de l'AFP a vu une maison complètement détruite et une dizaine d'autres très endommagées avec toits et murs effondrés. Des résidents choqués étaient dans les rues, certains avec des pansements sur leur visage.
"Deux hommes et deux femmes sont morts en martyrs", a déclaré à l'AFP Abdul Rahim Tarakhil, le représentant de ce district de la capitale.
"Il n'y a pas de poste militaire ici, il n'y a que des gens ordinaires pauvres qui ne sont pas impliqués dans la politique", a-t-il affirmé. La source de sécurité pakistanaise a elle évoqué une frappe sur une infrastructure militaire.
- "Dernier souffle" -
Abdul Wahid, 29 ans, un ouvrier, a été blessé dans une des maisons touchées. "Il était environ minuit dix, je suis allé faire mes ablutions quand un bruit est venu d'une autre maison, je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, mais toutes les briques sont tombées sur moi, les femmes et les enfants", raconte-t-il à l'AFP.
"Je suis resté comme ça dix minutes, comme si c'était mon dernier souffle, puis mes voisins sont venus et ont enlevé les briques (...) et nous ont emmenés à l'hôpital", ajoute-t-il. Quatre personnes de sa famille ont été blessées.
Il plaide pour que le conflit entre l'Afghanistan et le Pakistan soit résolu par le dialogue alors que l'Aïd-el-Fitr, fête de fin du ramadan approche.
A Kandahar, une ville du sud où réside, reclus, le chef suprême des talibans afghans, Hibatullah Akhundzada, les frappes pakistanaises ont touché le dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, près de l'aéroport, selon le gouvernement afghan.
Une source de sécurité pakistanaise a parlé "d'une infrastructure terroriste incluant un dépôt pétrolier".
"C'est un dépôt pétrolier pour les avions civils comme ceux de l'ONU ou du Comité international de la Croix-Rouge", a affirmé à l'AFP un responsable de l'aéroport, Shafiullah Riyaz.
Côté pakistanais, un haut responsable de la police a indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que des drones ont survolé des zones autour de Kohat, dans le nord-ouest, et lâché des explosifs, blessant trois personnes.
- Multiplication des affrontements -
En octobre 2025, les combats entre l'Afghanistan et le Pakistan avaient fait des dizaines de morts, y compris lors de frappes pakistanaises sur Kaboul, et abouti à la fermeture quasi totale de la frontière terrestre. Après diverses médiations, les affrontements avaient diminué sans totalement cesser.
Mais le conflit s'est de nouveau aggravé le 26 février, quand l'Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse à des frappes aériennes pakistanaises. Le Pakistan a alors déclaré la "guerre ouverte", bombardant Kaboul le 27 février.
Cette semaine, entre mardi et jeudi, sept personnes, dont des femmes et enfants avaient été tuées dans l'est de l'Afghanistan par des tirs d'artillerie du Pakistan, selon les autorités afghanes et des sources médicales.
Le centre de transit de l'Organisation internationale des migrations (OIM) qui accueille les afghans renvoyés en masse du Pakistan a été "significativement endommagé au point frontière de Torkham en Afghanistan", a déploré jeudi l'organisation.
"Le Pakistan a mené des opérations ciblées en s'assurant par principe qu'aucun civil ne soit blessé", avait soutenu jeudi le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Hussain Andrabi.
Selon un bilan de l'ONU arrêté au 5 mars, 56 civils afghans, dont 24 enfants, ont été tués depuis l'intensification des affrontements le 26 février, et au moins 115.000 personnes ont été déplacées en Afghanistan.
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A.Kunz--VB