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A l'abri des missiles, des touristes à Dubaï attendent leur vol retour
Sur The Palm, l’île artificielle emblématique de Dubaï, les plages désertées tranchent avec l’agitation fébrile des halls d’hôtel, où de nombreux touristes se sont réfugiés en attendant de pouvoir rentrer chez eux.
Les frappes menées depuis samedi par l'Iran contre ses voisins du Golfe, en riposte aux raids israélo-américains, ont entraîné une fermeture de l'espace aérien dans le pays et pris de court les voyageurs, dont certains pensaient se rendre dans l'une des destinations touristiques "les plus sures" du Moyen-Orient.
L'émirat du Golfe, qui a accueilli près de 20 millions de touristes en 2025, a bâti sa réputation sur sa sécurité et la connectivité de son aéroport, l'un des plus fréquenté au monde. Celui-ci a annoncé une reprise du trafic à partir de lundi soir, mais prévenu que les vols seraient "limités".
Jake, un financier britannique de 31 ans qui n'a pas souhaité donner son nom et dont le vol prévu lundi a été annulé, espère pouvoir partir jeudi.
Son séjour à l'hôtel Fairmont de l'île The Palm, avec sa femme enceinte et son bébé de quelques mois, a tourné au cauchemar samedi soir lorsqu'un débris de missile intercepté est tombé juste en dessous de sa fenêtre.
"On était terrifié, on a descendu dix étages à pied en courant et on a passé la nuit sur des transats au sous-sol", raconte-t-il a l'AFP.
Confiné à l'hôtel depuis, il fait partie des rares personnes à avoir osé mettre le pied dehors malgré de nouvelles détonations entendues lundi matin dans la ville.
"On nous a dit que les frais supplémentaires seront couverts par les autorités (...) mais on a hâte de rentrer", dit-il.
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a affirmé sur Sky News qu'environ 300.000Britanniques se trouvent actuellement dans les pays du Golfe, incluant des touristes, des passagers en transit et des voyageurs d'affaires.
"Nous envoyons des équipes d'intervention rapide dans la région pour travailler avec les agences de voyages et les autorités locales afin de s'assurer que les citoyens puissent bénéficier d'une aide", a-t-elle ajouté.
- "Un missile c'est trop" -
L'Allemagne a également dit lundi vouloir envoyer des avions civils en Arabie saoudite et à Oman pour évacuer les touristes "vulnérables" bloqués au Moyen-Orient.
Plusieurs personnes rencontrées à Dubaï ont affirmé qu'elles envisageaient d'aller en voiture dans l'un de ces deux pays si la situation se prolonge. "Mais on ne sait pas si c'est sécurisé de prendre la route", dit Hanna Botosh, 27 ans, venue de Hongrie avec son compagnon.
"Tout le monde m'a dit que Dubaï est l'endroit le plus sûr au monde et qu'il n'y aucune violence. Mais voir un missile dans le ciel c'est trop", dit-elle.
Raphaëlle, Française de 37 ans, conseillère en image, rencontrée dans le hall de l'hôtel Mariott où elle passe ses journées avec sa famille, ne veut prendre aucun risque.
"On attend de pouvoir partir et surtout, on attend d'avoir des informations, parce qu'on n'a aucune information du gouvernement français (...), aucune information d'Air France non plus", affirme-t-elle.
Contactée par l'AFP, l'ambassade de France aux Emirats arabes unis n'a pas réagi dans l'immédiat.
Les autorités émiraties ont multiplié les annonces pour rassurer les visiteurs et annoncé aussi avoir pris en charge les frais de séjour de plus de 20.200 passagers en transit.
Cette crise risque toutefois de laisser des traces sur le secteur touristique, qui représente près de 13% du PIB de l'émirat, et plus généralement sur son image, soigneusement cultivée.
Venue du Portugal, Susana Almeida, retraitée 56 ans, raconte avoir été impressionnée par Dubaï, mais refroidie par les derniers évènements.
"Les premiers jours, ont est tombé amoureux de Dubaï au point de penser même à acheter un appartement. Maintenant je ne sais plus", dit-elle.
K.Sutter--VB