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Pluies torrentielles dans le sud-est du Brésil: au moins 29 morts, des dizaines de disparus
Au moins 29 personnes sont mortes et une quarantaine sont portées disparues mardi après les pluies torrentielles qui ont ravagé le sud-est du Brésil selon les services de secours et les autorités locales.
Trois pompiers extraient le corps d'un homme de la boue, au milieu des décombres de 12 maisons totalement englouties par un glissement de terrain, dans une des zones les plus sinistrées.
Cette zone se situe au Parc Burnier, quartier à flanc de colline de Juiz de Fora, ville de 540.000 habitants dans une région vallonnée de l'Etat de Minas Gerais, où 22 personnes ont perdu la vie.
Les inondations et glissements de terrain causés par le déluge ont également fait sept morts dans la ville voisine d'Uba.
La maire de Juiz de Fora, Margarida Salomao, a décrété à l'aube l'état de catastrophe naturelle face à la "situation gravissime" provoquée par les précipitations "intenses et persistantes", ayant provoqué au moins 20 glissements de terrain.
Il s'agit du mois de février le plus pluvieux de l'histoire de cette ville, avec 584 millimètres de précipitations, soit le double de ce qui était attendu pour le mois entier.
Au Parque Burnier, douze maisons ont été emportées par un de ces glissements de terrain, a indiqué à l'AFP le commandant des pompiers Demetrius Goulart. "Beaucoup de gens étaient chez eux", a-t-il précisé.
Wilton Aparecido de Souza a les larmes aux yeux. Son fils de 20 ans se trouve dans les décombres de cette coulée du boue.
"Sa vie est entre les mains de Dieu. C'est un bon garçon, il venait de finir son service militaire et il voulait s'acheter une moto", dit à l'AFP cet homme de 42 ans.
"Qu'on retrouve au moins son corps, pour que je puisse l'enterrer dignement", ajoute-t-il dans un sanglot.
- "Les chances sont minces" -
Des dizaines d'habitants du quartier observent le travail inlassable des pompiers à la recherche de disparus. Les visages sont hagards, les regards plein de détresse.
Lors des rares moments où les moteurs des pelleteuses s'arrêtent, le silence est pesant, juste troublé par les aboiements d'un chien en panique.
"Presque tous les gens ensevelis dans cette boue sont de ma famille, il y a ma soeur, ma nièce", déplore Cleiton Ronan, magasinier de 32 ans.
"J'ai eu un malaise, j'ai hurlé, j'ai prié. Mon sentiment, c'est la tristesse, mais aussi l'espoir qu'on trouvera des survivants", poursuit-il.
Mais "plus le temps passe, plus les chances de retrouver des survivants sont minces", dit à l'AFP Paulo Roberto Bermudes Rezende, coordinateur de la Défense civile de Minas Gerais, venu au Parque Burnier constater les dégâts.
Des bénévoles munis de pelles sont venus prêter main-forte aux pompiers.
"Quand j'ai déterré des objets appartenant à des enfants, des ballons, des ours en peluche, ça m'a fendu le coeur. Moi aussi je suis papa (...) j'essaie d'aider comme je peux", dit Atila Mauro, maçon de 33 ans.
- Risques structurels -
Les secours luttent à la fois contre des inondations, des glissements de terrain et des risques structurels sur les berges et dans les zones proches de la rivière Paraibuna, qui est sortie de son lit, a précisé le lieutenant Henrique Barcellos, des pompiers du Minas Gerais.
Les autorités ont suspendu les cours dans toutes les écoles municipales. Certains habitants ont filmé des bâtiments s'effondrant en quelques secondes.
"Notre priorité est de garantir une assistance humanitaire, la remise en route des services de base, une aide aux personnes déplacées, et un soutien à la reconstruction", écrit le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva sur X.
Le Brésil a connu plusieurs drames ces dernières années liés à des phénomènes climatiques extrêmes : inondations, sécheresse ou fortes vagues de chaleur.
En 2024, des inondations avaient frappé le sud du pays et fait plus de 200 morts, affectant 2 millions d'habitants, l'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire moderne du Brésil.
En 2022, une violente tempête avait fait 241 morts dans la ville de Petropolis, dans l'État de Rio de Janeiro.
Des experts ont lié la plupart de ces événements meurtriers aux effets du changement climatique.
G.Haefliger--VB