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Séisme: une semaine de deuil national en Birmanie, le bilan dépasse 2.000 morts
La junte birmane a décrété lundi une semaine de deuil national après le puissant séisme qui a tué vendredi plus de 2.000 personnes dans le pays, où l'espoir de retrouver des survivants dans les décombres se réduit d'heure en heure.
La période de deuil court jusqu'à dimanche, ont indiqué dans un communiqué les militaires au pouvoir, annonçant la mise en berne des drapeaux birmans "en signe de compassion pour les pertes humaines et les dégâts causés par le tremblement de terre extrêmement violent".
Les experts craignent des milliers de morts supplémentaires en Birmanie, malgré la mobilisation de la communauté internationale pour venir en aide à ce pays décimé par la guerre civile, qui manque de ressources devant l'ampleur des dégâts.
Vendredi en milieu de journée, un tremblement de terre de magnitude 7,7 a frappé le centre de la Birmanie, suivi quelques minutes après par une secousse de magnitude 6,7. Durant le weekend, des répliques sont restées perceptibles le long de la faille de Sagaing, autour de laquelle vit une grande partie de la population birmane.
A Mandalay, deuxième ville de Birmanie proche de l'épicentre, les secours ont réduit l'intensité de leurs efforts lundi par rapport à la veille. La chaleur, attendue autour de 40 degrés en journée, met à rude épreuve les équipes qui s'activent autour des sites sinistrés et accélère la décomposition des corps piégés dans les décombres, compliquant leur identification.
L'hôpital général de 1.000 lits de Mandalay ayant été évacué, des centaines de patients sont soignés à l'air libre. "C'est une situation très, très imparfaite pour tout le monde", a déclaré un membre de l'équipe médicale. "On fait de notre mieux."
- Funérailles et Aïd -
Les funérailles de centaines de victimes étaient prévues lundi, au moment où la communauté musulmane endeuillée célèbre l'Aïd, la fête marquant la fin du mois de jeûne de ramadan.
"En temps normal, c'est plein de joie quand c'est l'Aïd", confie Win Thiri Aung, une fidèle de 26 ans de Mandalay. "Mais nos cœurs sont lourds cette année".
Il est difficile d'établir avec précision un bilan en Birmanie, pays isolé et fracturé, où les généraux au pouvoir combattent une myriade de groupes de minorités ethniques et d'opposants politiques. Mais l'appel au secours du chef de la junte, Min Aung Hlaing, une démarche rarissime pour un haut-gradé birman, illustre l'ampleur de la catastrophe.
Les autorités birmanes ont fait état lundi en fin de journée d'environ 2.056 morts, 3.900 blessés et 270 disparus.
Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé le décès de deux de ses ressortissants de passage en Birmanie.
Trois Chinois ont également été tués dans le séisme, a rapporté le média d’État Chine nouvelle.
- Frappes aériennes -
Le porte-parole de la junte Zaw Min Tun a remercié la Chine et la Russie, deux alliés proches de Naypyidaw, de même que l'Inde, de leur soutien. "Nous essayons de soigner les blessés et de rechercher les personnes disparues", a-t-il indiqué dans un communiqué aux journalistes.
Le conflit civil qui dure depuis le coup d'État du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi a sapé le système de santé, qui est sous-équipé pour gérer un tel afflux de victimes, selon les agences humanitaires. La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d'après les Nations unies.
Le tremblement de terre n'a pas empêché les militaires de mener vendredi contre un groupe armé appartenant à une minorité ethnique dans l'État Shan (nord-est) une attaque aérienne qui a tué sept combattants, selon les rebelles. D'autres cas de frappes similaires ont été rapportés lundi.
A Bangkok, les opérations se poursuivent pour retrouver des survivants dans les décombres d'une tour en chantier qui s'est effondrée, piégeant environ 80 ouvriers.
Les autorités ont indiqué enquêter sur les causes qui ont mené à l'effondrement de l'immeuble de 30 étages qui devait abriter des bureaux de services de l'État.
La Première ministre Paetongtarn Shinawatra et la gouverneure adjointe de Bangkok Tavida Kamolvej se sont rendues sur place.
burs-ah-vgu/mba
C.Bruderer--VB