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Afrique du Sud: Oscar Pistorius, l'ex-champion en liberté conditionnelle
Il était entré dans la légende sportive en courant le 400 mètres en 45 secondes et 44 centièmes aux JO de 2012: une première pour un double amputé. Un an plus tard, Oscar Pistorius tuait sa compagne, Reeva Steenkamp, de quatre balles.
L'ancien athlète sud-africain de 37 ans, condamné pour meurtre, sort de prison vendredi: il bénéficie d'une liberté conditionnelle après avoir purgé plus de la moitié de sa peine et près de onze ans après une affaire qui a captivé la planète.
Dans la nuit du 13 au 14 février 2013, Reeva Steenkamp, mannequin de 29 ans qui entretient une relation amoureuse avec l'athlète, est dans la maison ultra-sécurisée du sportif, dans la capitale sud-africaine Pretoria. En cette nuit d'été austral, Oscar Pistorius tire avec une arme à travers la porte fermée des toilettes de sa chambre et la tue.
Arrêté au petit matin, il nie avoir été pris d'un accès de rage et dit avoir cru en la présence d'un cambrioleur. La machine médiatique s'empare de l'affaire hors norme.
A l'époque, les sponsors se bousculent aux pieds de l'athlète riche et admiré, surnommé "Blade Runner" (le "coureur aux lames"), en référence à ses prothèses de carbone en forme de pattes de félin.
Aux Jeux olympiques de Londres, sa course parmi les valides le place au sommet. Le magazine américain Time classe le sextuple champion paralympique parmi les cent personnalités les plus influentes: "Il est la définition même de l'inspiration mondiale".
Mais lors d'un procès en première instance, retransmis en direct à la télévision, les faiblesses de l'idole déchue sont scrutées. Il se révèle colérique, au bord de la paranoïa.
- Face sombre -
Sa passion pour les armes est décortiquée. La justice enquête sur plusieurs incidents: cette fois où il a tiré par erreur en manipulant une arme dans un restaurant ou quand, par agacement, il a tiré à travers le toit ouvrant d'une voiture.
Le procès s'étale de mars à octobre 2014. L'ex-champion fond en larmes et vomit à plusieurs reprises. La silhouette raide, le regard fixe, il évite l'œil des caméras. Adoptant une attitude butée, il répète n'avoir jamais eu l'intention de tuer Reeva Steenkamp.
Il présente des excuses aux parents de la victime, qui diront "ne pas croire à son histoire".
A la barre en juin 2016 lors d'un procès en appel, un psychologue mandaté par la défense décrit "un homme brisé", atteint d'un syndrome sévère de dépression.
Lâché par ses sponsors, privé de revenus sportifs, Pistorius écope finalement en appel d'une peine de 13 ans et cinq mois de réclusion. Ruiné, il vend sa maison pour payer ses avocats.
Désormais placé en conditionnelle jusqu'à la fin de sa peine en 2029, il doit suivre une thérapie sur la gestion de la colère et les violences faites aux femmes. Il ne peut quitter un périmètre restreint d'une banlieue de Pretoria.
Oscar Pistorius est né en 1986 avec des pieds mais sans péroné. A l'âge de onze mois, ses parents décident de le faire amputer juste en dessous des genoux. Il grandit ensuite avec l'envie d'être un enfant comme les autres, accro au water-polo, au cricket et à la boxe.
Le décès de sa mère, l'année de ses 15 ans, est un autre choc. L'année suivante, après une grave blessure au rugby, il découvre l'athlétisme. Ses 18 ans pas encore atteints, il glane déjà ses premières médailles mondiales, dans la catégorie des amputés des deux jambes.
Peu à peu, ses performances et son ambition le poussent à demander son admission dans les compétitions pour valides. Sa participation aux JO de Londres a été l'apogée de sa carrière.
G.Haefliger--VB