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Le monde entre en 2024
Des foules de fêtards ont commencé à faire leurs adieux à la turbulente année 2023, la plus chaude jamais enregistrée, marquée par l'essor de l'intelligence artificielle, la crise climatique et les sanglantes guerres à Gaza et en Ukraine.
La population mondiale – qui dépasse aujourd'hui les huit milliards – commence la nouvelle année, avec l'espoir de mettre un terme au coût élevé de la vie et aux conflits mondiaux.
À Sydney, autoproclamée "capitale mondiale du Nouvel An", plus d'un million de fêtards ont envahi l'estran du port, les autorités municipales et la police avertissant que tous les points de vue étaient occupés.
Les gens se sont rassemblés sur des sites emblématiques de la ville, défiant un temps inhabituellement humide, et n'ont pas été déçus lorsque le Harbour Bridge et d'autres points de repère ont été illuminés et colorés par huit tonnes de feux d'artifice.
La pyrotechnie a également illuminé le ciel d'Auckland, de Hong Kong, de Bangkok ou de Manille.
Des baigneurs nudistes portant des bonnets de Père Noël ont pataugé dans les eaux douces de la Méditerranée dans le sud de la France, tandis que des fêtards ont mangé des brochettes de viande et dansé dans les rues lors des traditionnelles célébrations de fin d'année à Thessalonique, en Grèce.
A Tel Aviv, en Israël, dans l'une des rues les plus animées de la ville, de nombreux jeunes sont sortis dans les bars et restaurants pour célébrer le passage à la Nouvel année.
Ran Stahl, 24 ans, a décidé de travailler ce soir-là dans le bar à vin qui l’emploie depuis quelques semaines ; il n’a pas le cœur à "danser" et à s’amuser "car à la minute où je commence à danser, la tristesse et le deuil reviennent", raconte le jeune homme, dont un ami est mort au festival de musique Tribe of Nova le 7 octobre.
"Les gens veulent célébrer ce soir " raconte le jeune homme pendant son service, "mais je ne peux pas être aussi heureux que je pourrais l’être".
Au cours des douze derniers mois, le monde a été submergé par la vague rose de la "Barbie mania", a connu une prolifération d'outils d'intelligence artificielle sans précédent et la première greffe mondiale d'un œil entier.
- Désastres climatiques -
L'Inde est devenue le pays le plus peuplé au monde, ravissant le titre à la Chine. Elle a également été le premier pays à poser un engin spatial dans la région inexplorée du pôle Sud de la Lune.
L'année 2023 fut également l'année la plus chaude depuis le début des relevés en 1880, avec une série de désastres climatiques qui ont frappé la planète, du Pakistan à la Corne de l'Afrique en passant par le bassin amazonien.
Mais surtout, 2023 restera marquée par l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre – et par les implacables représailles d'Israël.
Les Nations unies estiment que près de deux millions d'habitants de Gaza ont été déplacés depuis le début du siège imposé par Israël, soit environ 85% de la population.
Dans la ville de Gaza, réduite à l'état de ruines, il ne reste guère d'endroits pour célébrer le Nouvel an.
"Ce fut une année noire et pleine de tragédies", a déclaré Abed Akkawi, qui a fui la ville avec sa femme et ses trois enfants.
Cet homme de 37 ans, qui vit désormais dans un camp des Nations unies à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, raconte avoir perdu son frère mais il s'accroche à de maigres espoirs pour 2024.
- La fin de la guerre -
"Si Dieu le veut, cette guerre prendra fin, la nouvelle année sera meilleure et nous pourrons retourner dans nos maisons et les reconstruire, ou juste vivre dans une tente sur les décombres", confie-t-il à l'AFP.
En Ukraine, où l'invasion russe approche de son deuxième anniversaire, défi et espoir dominent malgré une nouvelle attaque russe.
"Victoire ! Nous l'attendons et pensons que l'Ukraine va gagner", déclare Tetiana Chostka, 42 ans, tandis que les sirènes annonçant un raid aérien retentissent à Kiev. "Nous aurons tout ce que nous voulons si l'Ukraine est libre, sans Russie".
Certains, dans la Russie de Vladimir Poutine, sont las du conflit. "Au cours de la nouvelle année, j'aimerais que la guerre prenne fin, qu'il y ait un nouveau président et un retour à la vie normale", explique Zoya Karpova, décoratrice de théâtre de 55 ans et résidente de Moscou.
Mais Vladimir Poutine est lui-même resté défiant lors de son discours de la Saint-Sylvestre, jurant que la Russie "ne reculera jamais" et faisant l'éloge des troupes de première ligne.
Il est déjà le dirigeant russe ayant resté le plus longtemps au pouvoir depuis Joseph Staline et sera à nouveau en lice pour les élections de mars, même si peu de gens s'attendent à ce qu'elles soient totalement libres et équitables.
À Rome, le pape François a prié pour les victimes des conflits dans le monde, citant les Ukrainiens, les Palestiniens et les Israéliens, le peuple du Soudan et les "Rohingyas martyrs" en Birmanie.
"À la fin de l'année, ayez le courage de vous demander combien de vies ont été déchirées dans les conflits armés, combien de morts", a déclaré le souverain pontife, âgé de 87 ans, après la prière de l'Angélus sur la place Saint-Pierre.
- D'importantes élections -
M. Poutine est le dirigeant russe qui aura passé le plus temps au pouvoir depuis Joseph Staline et son nom figurera à nouveau sur les bulletins de vote dans les élections de mars.
Rares sont ceux qui croient à ce que le vote soit totalement libre et équitable, ou ceux qui s'attendent à ce qu'il perde.
Outre les élections russes, plus de quatre milliards de personnes au total seront appelées aux urnes notamment au Royaume-Uni, dans l'Union européenne, en Inde, en Indonésie, au Mexique, en Afrique du Sud, au Venezuela et bien sûr aux Etats-Unis, où le démocrate Joe Biden, 81 ans, et le républicain Donald Trump, 77 ans, entendent s'affronter une nouvelle fois en novembre prochain.
Président sortant, M. Biden a parfois montré des signes d'un âge avancé et même certains de ses partisans s'inquiètent des conséquences d'un nouveau mandat.
Quant à Donald Trump, confronté à plusieurs inculpations et dont au moins trois de ses procès sont censés débuter en 2024 avant la présidentielle, rien dans l'immédiat ne l'empêche de faire campagne.
B.Baumann--VB