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Artémis II: Houston nous avons un problème... avec les toilettes
Le vol de retour vers la Terre pourrait se dérouler parfaitement pour les astronautes d'Artémis II. Mais à bord de la capsule Orion, un équipement essentiel ne fonctionne pas à cause d'une réaction chimique inattendue... les toilettes.
Les quatre membres d'équipage de la mission ont embarqué le 1er avril pour environ dix jours de voyage spatial dans la capsule Orion, un habitacle de la taille d'une fourgonnette.
Mais dès les premières heures de vol, les astronautes à bord remarquent un dysfonctionnement des toilettes. L'Américaine Christina Koch décide alors de prendre les choses en mains et de réparer le sanitaire.
"Je suis fière de me dire +plombière de l'espace+", avait-elle alors déclaré. "J'aime à rappeler que c'est l'équipement le plus important à bord", avait-elle précisé, "donc nous avons tous poussé un soupir de soulagement quand la situation s'est réglée."
Pourtant, le problème, qui ne concerne que l'urine et non pas les selles utilisant un autre conduit, réapparaît ensuite lorsqu'ils essaient d'évacuer les eaux usées, normalement rejetées dans l'espace, sans succès.
Le sanitaire devient donc un sujet récurrent lors des conférences de presse menées par la Nasa, à Houston, dans l'Etat américain du Texas. Le même centre qui a reçu le célèbre message "Houston, nous avons un problème" par l'astronaute Jack Swigert en 1970 après l'explosion d'un réservoir d'oxygène en plein vol.
Christina Koch a décrit à la Nasa une odeur ressemblant à un "radiateur qui brûle". Les équipes au sol ont donc activé le plan B et ont demandé aux astronautes d'utiliser des toilettes portables de secours, personnels et réutilisables.
"Les toilettes fonctionnent toujours. Le problème que nous rencontrons est le fait d'évacuer le réservoir d'eau usée", a précisé Rick Henfling, un haut responsable de la Nasa. "Donc nous devons recourir à des alternatives, autres que les toilettes", a-t-il ajouté.
- Une réaction chimique -
"Au début, vous vous souvenez peut-être qu'on pensait que cela pouvait être dû à de la glace qui se formait" au niveau du conduit, a expliqué Rick Henfling.
Cependant, "nous avons placé la fusée dans une position orientée vers le Soleil pour faire fondre la glace, nous avons activé les radiateurs (...) et nous observons toujours une obstruction", a-t-il ajouté.
Le haut responsable a alors avancé une nouvelle théorie liée à une "réaction chimique" qui semble obstruer le conduit.
"Il se peut qu'une réaction chimique se développe, au cours de laquelle des débris se forment et viennent obstruer un filtre", a-t-il précisé.
Ces toilettes, évaluées à quelque 23 millions de dollars, sont similaires à celles utilisées au sein de la Station spatiale internationale. Cependant, c'est la première fois qu'elles sont utilisées par un équipage aussi loin dans l'espace.
Les astronautes de la mission Apollo par exemple faisaient leurs besoins dans des sacs spéciaux.
Le sanitaire d'Orion, installé dans le sol de l'habitacle, est par ailleurs tellement bruyant qu'il faut porter des protections aux oreilles lors de son utilisation.
Mais c'est "le seul endroit où on peut aller durant la mission où on peut en fait se sentir seul pour un petit moment", avait dit avant le décollage le Canadien, Jeremy Hansen.
Les excréments sont eux placés dans des sacs qui seront ramenés sur Terre avec les astronautes lors de leur retour.
La haute responsable de la Nasa, Lori Glaze, se veut confiante et a assuré qu'une fois la fusée au sol, ils pourront "entrer et découvrir la source" du problème.
S.Spengler--VB