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Les astronautes d'Artémis survolent la Lune et ses cratères, avant une éclipse solaire
Les quatre astronautes d'Artémis II poursuivent lundi leurs observations rapprochées de la Lune après être devenus les êtres humains s'étant aventurés le plus loin de la Terre.
Pendant une brève coupure prévue des communications - un silence radio de 40 minutes - lié à leur passage derrière la Lune, les Américains Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen ont assisté à un coucher et un lever de Terre.
Un spectacle rarissime qu'ils comptaient immortaliser comme l'avaient fait en 1968 leurs prédécesseurs d'Apollo 8, les premiers à avoir tourné autour de la Lune, dans un cliché qui a bouleversé notre vision du monde.
"En allumant les moteurs vers la Lune, j'ai dit que nous ne quittions pas la Terre, et c'est vrai", a déclaré l'astronaute Christina Koch, en reprenant le contact. "Nous serons sources d'inspiration, mais nous choisirons toujours la Terre."
"Rendez-vous de l'autre côté", avait lancé avant la coupure le pilote Victor Glover, le premier astronaute noir à participer à une mission lunaire, qui a partagé un message d'amour universel, citant sa foi.
Les astronautes doivent à présent voir dans les heures à venir une éclipse solaire, c'est-à-dire le Soleil disparaissant derrière la Lune.
Avant cela, les quatre membres de l'équipage avaient à tour de rôle décrit la vue plein cadre de la Lune s'offrant à eux.
"On remarque quelque chose que je n'avais jamais vu sur des photos auparavant, mais qui est très notable ici: tous ces cratères récents qui sont vraiment brillants", a dépeint Christina Koch, exploratrice chevronnée qui entre dans les livres d'histoire comme la première femme à survoler la Lune.
"On dirait en fait un abat-jour percé de minuscules trous par lesquels la lumière passe. Ils sont très brillants par rapport au reste de la Lune", a-t-elle noté.
- Ombres vertes -
S'ils ne se sont pas posés sur la Lune, leur survol n'en demeure pas moins historique car il s'agit du premier réalisé par une femme, un astronaute noir et un non-Américain, toutes les missions Apollo (1968-1972) ayant emmené exclusivement des hommes blancs américains.
Contrairement à leurs prédécesseurs qui étaient passés à une altitude d'environ 110 kilomètres de la surface lunaire, les astronautes d'Artémis II sont bien plus loin, à environ 6.500 kilomètres au plus proche.
De là, la Lune leur apparaît comme un ballon de basket tenu à bout de bras, une distance qui leur donne plus de perspective, et leur permet de voir des régions de la Lune qui n'ont jamais été directement vues par l'Homme.
Si les pionniers d'Apollo avaient survolé la face cachée de la Lune, celle qui n'est pas visible depuis la Terre, ils n'en avaient vu qu'une partie car ils étaient trop proches du sol.
Leurs successeurs se sont donc entraînés pendant plus de deux ans à reconnaître des formations géologiques et à les décrire avec précision aux scientifiques ici-bas, en particulier les reliefs et couleurs.
Le Canadien Jeremy Hansen a rapporté voir des ombres vertes et marron à la surface lunaire. Autant d'éléments qui pourraient aider les scientifiques à mieux comprendre la géologie et l'histoire de l'astre.
"Ces teintes verdâtres pourraient nous renseigner sur l'évolution volcanique de cette région", a expliqué Kelsey Young, responsable scientifique de la mission lors de la retransmission du survol.
- "Défi" -
Ce dernier est retransmis en direct sur plusieurs plateformes comme Netflix et YouTube, des caméras GoPro ayant été installées à l'extérieur du vaisseau.
Des centaines de milliers d'internautes ont ainsi suivi l'événement sur YouTube.
Plus tôt lundi, l'équipage a battu un record en devenant les êtres humains s'étant aventurés le plus loin dans l'espace, dépassant les 400.171 kilomètres parcourus en 1970 par Apollo 13.
"Nous choisissons ce moment pour lancer un défi à notre génération et à la suivante, afin de nous assurer que ce record soit de courte durée", a lancé à cette occasion Jeremy Hansen.
L'équipage en a également profité pour faire une demande spéciale: nommer deux cratères de la Lune, l'un en l'honneur de leur vaisseau, baptisé "Integrity" ("Intégrité"), et l'autre pour Carroll Taylor Wiseman, la femme décédée du commandant. Une demande qui a fait fondre en larmes l'équipage.
Ce dernier avait commencé sa journée sur un autre moment d'émotion en recevant au réveil un message de Jim Lovell, pionnier des missions Apollo 8 et 13, enregistré quelques mois avant son décès en 2025.
"Je sais que vous allez être très occupés, mais n'oubliez pas de profiter de la vue", leur enjoignait l'astronaute.
Si cette mission et la suivante, l'an prochain, se déroulent bien, l'agence spatiale américaine prévoit de faire alunir des astronautes en 2028.
A.Ruegg--VB