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Les missions lunaires Artémis et Apollo partagent un bâtiment... et les lois de la physique
Tandis que l'équipage d'Artémis 2 est en route vers la Lune, des centaines de milliers de kilomètres plus bas, sur Terre, des spécialistes suivent en continu leur progression. La technologie déployée est l'une des plus avancées au monde et pourtant, elle repose encore sur les enseignements du programme Apollo, achevé en 1972.
Au troisième des dix jours de la mission, au Centre spatial Johnson de Houston, au Texas (sud), une vingtaine d'ingénieurs et de techniciens surveillent une centaine d'écrans lumineux.
C'est depuis cette salle de contrôle, surnommée la salle "blanche", que la communication est maintenue avec le vaisseau Orion, qui transporte l'équipage. Pas de retour en arrière possible, la capsule doit atteindre l'orbite lunaire le 6 avril avant de pouvoir revenir vers la Terre. Distance totale: plus d'un million de kilomètres.
C'est également là que se trouve la console du CapCom - le "Capsule Communicator" - d'où l'astronaute vétéran Stan Love transmet les instructions, les mises à jour et les décisions du directeur de vol aux quatre astronautes à bord: les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen.
"L'équipe du centre de contrôle de mission est hautement qualifiée (...) Ses membres ont consacré des années à acquérir les compétences nécessaires à ce poste", explique à l'AFP Kylie Clem, responsable au sein du service de communication de la Nasa, derrière une grande baie vitrée qui donne sur les opérations.
"Pour chaque personne que vous voyez dans la salle, il y a également plusieurs collègues qui les assistent en coulisses. De nombreuses personnes surveillent les données et les informations nécessaires au bon déroulement de la mission", ajoute-t-elle.
C'est dans ce même centre spatial qu'a retenti, le 20 juillet 1969, la formule désormais célèbre: "C'est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l'humanité", prononcée par Neil Armstrong lors de l'arrivée d'Apollo 11 sur la Lune.
Ou encore, le 13 avril 1970, le glaçant "Houston, nous avons eu un problème", prononcé par Jim Lovell après l'explosion d'un réservoir d'oxygène d'Apollo 13.
"Toutes nos salles de contrôle se trouvent dans ce bâtiment. Il y a différentes ailes qui ont été modifiées au fil des ans, mais elles se trouvent dans le même édifice que la salle de contrôle historique des missions Apollo, la salle de contrôle des vols de la Station spatiale internationale, et la salle où nous nous trouvons actuellement", explique Kylie Clem.
- Technologie renouvelée -
Artémis 2 est la première mission habitée vers la Lune depuis la fin du programme Apollo, en 1972. Cinquante ans plus tard, les progrès technologiques sont considérables.
"La puissance de calcul et le volume colossal de logiciels ont évolué ; nous comptons plus de 900.000 lignes de code. Je pense que la capacité de l'équipage à interagir avec les systèmes à un niveau très approfondi, via des écrans d'affichage, est fondamentale. Et, bien sûr, les procédures électroniques (...) nous ont permis d'abandonner le papier", explique Howard Hu, responsable du programme Orion.
S'y ajoutent des capteurs bien plus performants et le GPS: "La capacité de savoir exactement où nous nous situons dans l'espace, et de pouvoir exécuter des manœuvres d'ajustement et d'amarrage, ne serait-ce qu'à l'aide d'une simple caméra, représente un bond technologique majeur", a-t-il ajouté.
Le vaisseau lui-même a été repensé: il peut accueillir quatre astronautes, contre trois à l'époque d'Apollo, en compactant ses composants sans perdre de fonctionnalités.
Mais certains principes n'ont pas changé. Les ingénieurs d'Apollo avaient conçu un vaisseau conique, dont la forme garantissait la stabilité lors de la rentrée atmosphérique - une base sur laquelle Artémis s'appuie toujours. "Les lois de la physique ne changent pas. La forme de goutte d'eau est très efficace sur le plan aérodynamique. Les géants du programme Apollo étaient d'excellents ingénieurs techniques, nous avons énormément appris de leur expertise et capitalisé dessus", souligne Howard Hu.
G.Frei--VB