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Mondial-2022: Louis van Gaal, le dernier vol du "pélican" néerlandais
Une dernière pige pour finir en beauté. Louis van Gaal, surnommé "le pélican" autant pour sa propension à ouvrir sa "grande gueule" qu'à son double menton, ambitionne de terminer sa carrière d'entraîneur en offrant le titre mondial aux Pays-Bas.
"Mon objectif personnel est de devenir champion du monde et je veux le transmettre à mes joueurs, quitte à passer pour un type arrogant ou une grande gueule", assure-t-il.
"Je ne le fais pas pour moi mais pour aider le football néerlandais", ajoute celui qui n'est pas du genre à jouer les faux modestes et se qualifie lui-même de "top coach".
Aloysius Paulus Maria van Gaal, 71 ans, possède un palmarès long comme le bras malgré une traversée du désert au début des années 2000 et la mise entre parenthèses de sa carrière de 2016 à 2021.
L'actuel sélectionneur des Oranje s'est bâti une flatteuse réputation entre 1991 et 1997 à la tête de l'Ajax Amsterdam, emmenant les Kluivert, Van der Sar, de Boer, Overmars et autre Davids sur le toit de l'Europe avec des victoires en Coupe de l'Uefa (1992), en Ligue des champions (1995, finaliste en 1996) s'ajoutant, entre autres distinctions, à une Coupe intercontinentale (1995) et trois titres de champion des Pays-Bas.
- Traversée du désert -
"Je suis resté bouche bée quand j'ai vu jouer l'Ajax de Van Gaal. Ils faisaient tout ce qu'une équipe de football doit faire de façon si parfaite selon moi", dira plus tard de lui Pep Guardiola, l'actuel entraîneur de Manchester City.
Le Catalan a souvent regretté de ne jamais avoir évolué comme joueur sous les ordres du Néerlandais. Mais les deux hommes ont pour point commun d'avoir entraîné le FC Barcelone et le Bayern Munich.
Après sa période Ajacide, c'est en effet au Barça que Van Gaal a ensuite éprouvé son football offensif, décrochant deux sacres en Liga, sans toutefois briller sur la scène européenne.
Un échec relatif qui ne l'empêchera pas de retourner sur le banc du géant espagnol en 2002.
Mais le "top coach" avait alors perdu de sa superbe, échouant à qualifier l'équipe des Pays-Bas pour le Mondial-2002 au Japon et en Corée du Sud.
S'en est suivi une longue traversée du désert et une mission à la tête du modeste AZ Alkmaar avec qui il se remit en selle en remportant à la surprise générale le championnat des Pays-Bas en 2009.
Un titre qui lui vaut de revenir sur le devant de la scène, au Bayern Munich, avec qui il décrocha le titre en Bundesliga, en 2010, atteignant la même année la finale de la Ligue des champions.
- Guéri d'un cancer de la prostate -
Encore marqué par son échec à la tête des Pays-Bas au début du siècle, il remet l'ouvrage sur le métier pour finalement conduire Robben, Van Persie et Cie sur le podium de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Un exploit majuscule et inattendu qui précéde un ultime passage en club (mitigé entre 2014 et 2016 à Manchester United).
Un tournant aussi dans la carrière du tacticien qui délaisse alors le traditionnel 4-3-3 de mise au pays du football total pour un 5-3-2 moins flamboyant mais diablement efficace.
C'est cette même tactique que Van Gaal emploiera cet automne au Qatar, un tournoi qu'il espère être le "couronnement" d'une carrière passée "au service du football néerlandais".
"Ce sera mon dernier job, c'est sûr !", affirme-t-il alors qu'il était sorti de sa retraite (annoncée en 2016) à la demande de sa Fédération.
Louis Van Gaal, qui sera remplacé par Ronald Koeman après le Mondial au poste de sélectionneur, souhaite se consacrer à sa famille, maintenant qu'il est "guéri" d'un cancer de la prostate diagnostiqué en 2020. Une épreuve qui a rendu plus humain ce personnage volontairement cassant.
L'annonce de sa maladie avait provoqué une vive émotion dans le monde du foot: "je n'aurais jamais cru que cela aurait eu un tel impact. J'en deviens émotif, j'en ai les larmes aux yeux mais cela me donne aussi de l'énergie que tant de gens se soucient de moi".
C.Meier--BTB