-
Ethiopie: l'armée fédérale est entrée dans Mekele, capitale du Tigré, selon une source humanitaire
-
Dans l'Eure, des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides
-
Espagne : manifestations monstres pour le logement, après le rejet des mesures du gouvernement
-
Les Houthis accusent Ryad de pilonner Sanaa, qu'ils contrôlent, incendie sur un site saoudien d'Aramco
-
Mode/Paris : Allure légère pour contexte lourd chez Hermès
-
Equipe de France : Jacquet le bienheureux
-
Brésil : Lula et Flavio Bolsonaro bouclent leur campagne avant un scrutin serré
-
Des milliers de personnes manifestent contre l'usage des pesticides dans l'Eure
-
Equipe de France : Dembélé, le débat relancé
-
Espagne : après le rejet des mesures du gouvernement, des manifestations monstres pour le droit au logement
-
La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
-
La Corée du Nord affirme avoir lancé un missile balistique utilisant l'IA
-
Fortes explosions entendues dans la capitale yéménite, aux mains des combattants Houthis
-
GP de Bahreïn en Malaisie: Verstappen (Red Bull) s'élancera juste devant Hamilton (Ferrari)
-
Ethiopie: les forces tigréennes quittent Mekele, capitale du Tigré
-
Fin de quinquennat lugubre pour la Macronie
-
Vol flydubai: l'enquête établit un "acte terroriste"
-
Cancer du sein avant 40 ans: plus agressif, plus toxique et une vie sociale bouleversée
-
La responsabilité climatique des pétroliers devant la Cour suprême
-
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
-
Venezuela: lumière dans le ciel pour les morts, 100 jours après le double-séisme
-
La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil
-
Législatives en Lettonie, entre menace russe et coût de la vie
-
Ligue des nations: Olise, le sauveur des Bleus
-
Ligue des nations: premier accroc pour les Bleus de Zidane
-
Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété
-
Wall Street termine en hausse, l'emploi plaide pour un statu quo de la Fed
"C'est magique, mais c'est trop": à Chamonix, entre amour et ras-le-bol de l'Ultra-Trail
"On est allé trop loin": si certains riverains chérissent l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), dont la 23e édition démarre lundi à Chamonix, d'autres expriment leur exaspération face à un évènement qui dépasse les "capacités d'accueil de la ville".
L'UTMB, "c'est la pire semaine de l'année", soupire Molly Lefebvre, Chamoniarde de 19 ans. "Trop de monde, c'est l'enfer", peste auprès de l'AFP la jeune serveuse. A cause des embouteillages, "impossible de faire ses courses, de voir ses amis ou d'aller travailler".
Les chiffres donnent le tournis. Pendant une semaine, plus de 10.000 coureurs s'affrontent sur huit courses, dont la majorité se terminent au coeur de la cité de Haute-Savoie.
L'épreuve reine, qui s'élance vendredi, attire des amateurs d'ultra-endurance du monde entier: une boucle d'environ 174 km, depuis Chamonix, avec 9.900 m de dénivelé positif autour du mont Blanc, disputée de jour et de nuit.
A sa première édition, en 2003, elle était l'unique course organisée avec seulement 300 inscrits. Cette année, 2.500 participants tenteront de la terminer, en moins de 20 heures pour les meilleurs, ou plus de 46 heures pour les derniers.
Pour l'occasion, plus de 100.000 spectateurs sont attendus dans les rues de la ville de 9.000 habitants.
"Chamonix n'a pas été construit pour accueillir autant de gens", glisse Molly Lefebvre.
- "Invivable" -
Certains commerçants baissent même leur rideau pendant l'évènement, leurs clients ne pouvant arriver jusqu'à eux. "C'est une semaine morte", confie-t-on dans un cabinet dentaire. "Avant, l'UTMB c'était la fête. Maintenant, c'est invivable", ajoute la personne sous couvert d'anonymat.
Le nouveau maire de Chamonix, François-Xavier Laffin (sans étiquette), se montre lui aussi critique à l'égard de la "croissance phénoménale" d'une compétition qui, faute de "cadre", "dépasse la capacité d'accueil" de la commune.
"L'UTMB c'est magique mais c'est trop", poursuit-il. "On est allé trop loin."
Désormais, le groupe UTMB pèse 30 millions d'euros de chiffres d'affaires et comptabilise une soixantaine de courses dans une trentaine de pays.
Le maire entend également réduire la présence des dizaines de marques, qui organisent souvent des évènements privés tels que des DJ-set en haut des montagnes ou encore des courses "corporates" non-officielles.
Pour y avoir lui-même participé, l'édile salue néanmoins un évènement "remarquable"et qui "rend les gens heureux".
Les animations en marge de l'UTMB apportent "bonne humeur" et "ambiance" dans le village, appuie Magalie Bruel-Jones, agente immobilière de 45 ans.
Et même si la course gagnerait a être "canalisée", elle demeure selon elle bénéfique pour Chamonix : "l'UTMB et le tourisme, c'est ce qui nous fait vivre".
Les retombées économiques sont en effet "indéniables", souligne François-Xavier Laffin, sans en préciser le montant exact.
Selon Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l'UTMB Mont-Blanc, celles-ci s'élèvent à 45 millions d'euros pour l'ensemble des vallées traversées par les épreuves.
- Réserves naturelles -
Et certains locaux s'en mettent plein les poches: "Les gens râlent mais louent leur logement une fortune", tance une Chamoniarde, qui n'a pas souhaité donner son nom.
Selon Airbnb, 1,4 million d'euros en taxe de séjour a été reversé à Chamonix en 2025.
De nombreux commerçants voient également leurs revenus galvanisés par l'afflux de clients ou de juteux partenariats.
Jasper Thys, kinésithérapeute, raconte qu'un contrat passé avec Nike a ainsi engendré un bond de 10% de son chiffre d'affaires annuel.
L'empreinte écologique de l'UTMB suscite par ailleurs des inquiétudes, quelques courses traversant notamment des réserves naturelles.
En réponse, les organisateurs ont interdit les bâtons de marche dans les zones protégées et rendu obligatoires les lumières rouges sur les lampes frontales pour ne pas effrayer la faune.
Côté pollution, "60% des coureurs se sont engagés à venir sans voiture", assure Mme Viseux-Poletti, qui précise toutefois que l'UTMB n'est pas l'unique source de fréquentation touristique de Chamonix.
Et de pointer du doigt les quelque 75.000 randonneurs qui ont effectué le tour du mont Blanc en 2025. "On assume nos responsabilités, mais pas celles des autres", relève-t-elle.
D.Schlegel--VB